‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 103 sur 107 · N.^ IV. — PAGE · texte numérisé non relu

N.^ IV. — PAGE

Nous n'avions point fait mention dans la première «édition de cette histoire d'une traditîoif assez généralement répandu^ sur un ostensoir d'or ma^if donné pair Fénélon à son église métropolitaine. Qp prétendoit que cet ostensoir d'or étoù porté par deux, anges quijbuloientdux pieds plusieurs livres, sur l'un desquels étoit le titre du Uvre des Maximes des Saints^ C'est ainsi que M. d'Alembert l'a écrit dans son Eloge de Fénélon {'Histoire des membres de t académie Jran^ caùcy I. ^298).

Cette tradition étoit devenue , pour ainsi dire , po? pulaire. Elle étoit également chère aui( âmes pieuses ^ qui se plaisoient à y retrouver un témoignage édifiant de l'humble soumisMon de Fénélon ^ et à ceux qui ai-

464 PIÈGES JVSTIFICUriTBS

ment ces.actes ëdatans qui supposent qnelgtte effort extraordinaire.

Ces considérations ne nous avoient point paru assez décisives pour nous déterminer à rapporter comme certain et constant un fait sur lequel nos manuscrits ne nous offroient aucune lumière, et qui n'étoit appuyé sur aucun témoignage propre à inspirer une entière confiance. Nous nous sommes cru obligé à faire prendre à Cambrai même des éclaircissemens qui pussent fixer notre opinion et celle du public.

Nous voyons d'abord par les extraits des registres du chapitre de Cambrai, sous la date du iJ^jidn 1714^ que le chapitre nomma une députation pour remercier monseigneur l*arche\^éque de Cambrai du riche présent quU a fait à la métropole ^ en lui donnant un os- ^nsoir en or et d*un excellent travail (0. Deputantur,.,,.. ad agendas grattas amplissimas illustrissimo domino arckîepiscopo pro dono magnifico, sive pro remonstrantid ex auro purissimo confectd, ah eo huic ûcclesice donatâ*

On doit d'abord observer que ce magnifique présent de Fénélon à son église ne date que de 1714, c'est-àdire y plus de quinze ans après la condamnation du livre des Maximes des Saints, et dans un temps ou la controverse du Quiétisme étoit presqu'entièrement oubliée y dans un temps bu rien ne pouvoit obliger, ni même engager Fénélon à renouveler les témoignages de la profonde soumission qu'il avoit montrée à FE-

(0 Extrait det regÎAtres da chapitre de Garnirai.

glise,

DU LIVEE HUITIEME. 4^5

gUse y. lorsque l'intërét de la religion et T^dificatiôa publique lui eu avoient fait un devoir.

On peut encore observer que si l'intention de F^nëlôn eût été de renouveler d'une manière aussi solennelle et ,au6si inusitée les actes de son humble adhésion au décret du saint Siège, il est vraisemblable que le chapitre de Cambrai auroit cherché à correspondre aux vues qui avoient inspiré son archevêque ; qu'il n' auroit pas borné sa reconnoissance à l'expression ^e la richessç et de la magnificence du présent, et qu'il auroit cru devoir entrer dans l'esprit de Fénélon luimême, en transmettant à la postérité la tradition d'un fait aussi remarquable.

Les registres du chapitre de Cambi;ai parlent encore de cet ostensoir après la mort de Fénélon^ et c'est à l'occasion de la réduction des droits dus au chapitre et à la fabrique de I4 métropole p^r la maison mortuaire jdu prélatt On y.lit, en e£fet, sous la date du a5 septembre 1717 a que , vu les services i|i^alés et les bons » bi&ces sans nombre rendus au chapitre métropolitain » de Cambrai , par feu monseigneur Tarchevéque D François de Salignac de la Mothe-Fénélon ; vu pa- » reillement les preuves non interrompues d'une bien- » veillance toute particulière que ce prélat a données » jusqu'à sa mort à son chapitre, messieurs se con- » tentent de deux mille florins offerts par monsieur » l'évéque de Saintes (l'abbé de Beaumont) légataire » universel , pour les droits dus par la maison morv tuaire de feu le susdit prélat^ conmie en reconnoisi> sance du superbe ostensoir d'or massif donné par le Féiiélow. Tom. iv. . 3o

» même archevêque , peu de temps avaitt sa xtiart , à » l'église métropolitaine , messieurs se contentent de » la somme de 1200 florins offerts par le même légale taire j pour droits dus à la fabrique de l'église..... (0 » attenta donatione magnifiod remonsêrantke ex aura » purissimo confectœ ab iUustnssimo domino arckie^ 9 pîscopo ,paulà antè moriem huic ecclesiœjactd ».

On voit que , dans cette seconde délibération , il n'est pas plus question ^ que dans la première ^ de l'intention que l'on a prêtée à Fénélon. Il eut été cependant assez naturel de la rappeler dans ces deux cir« constances, si elle eût eu quelque fondement.

S'il nous est permis d'exprimer notre opinion personnelle y que nous ne présentons cependant qu'avec méfiance, parce que des motifs estimables peuvent faire regretter à plusieurs personnes de voir s'évanouir une tradition chère à leur piété , nous pensons que l'idée que l'on a supposée à Fénélon ne paroît pas ressembler à la simplicité habituelle de son caractère et de sa conduite.

Nous convenons cependant que nos conjectures sur le silence gardé dans les deux délibérations du chapitre n'offrent qu'un argument négatif, qui ne suffit pas pour opérer une entière conviction. Cest ce qui nous engage à faire connoitre une lettre adressée récemment à un chanoine de Cambrai , et dont on nous a permis de fai^e usage.

0) Extrait des registres du chapitre de Cambrai.

Lettre de M. d^Egricourt, ancien officier au régiment du Roi, à M. de Muyssiirty chanoine de Cambrai ^ duw juillet 1808.

Monsieur y

« En l'j^y M. de Montreuil , étant chez moi à

D Douai, nous formâmes la partie d'aller voir les mo-^

» numens de Cambrai , avant que les vandales en

D eussent fait des ruines. J'avois pris le volume de d' A^

» lembert , qui contient l'éloge de Fénélon , afin de

» voir avec «mon ami ce qu'il dîsoit de ce grand homme.

» Nous âHames voir votre belle métropole , la sacris*

» tie, les richesses qu'elle renfermoit , et le magnifique

» ostensoir que ce prélat avoit donné. On nous montra

» aussi un beau calice d'un travail admirable, qu'on

1» nous dit également être un présent de ce bon arche-

» vêquej et voici ce que M. de Montreuil et môî,

» avons vu, et ce dont nous nous souvenons parfaite-

» ment. Cétoit la Foi voilée ^ quiporfoit un grand so-

» leily au centre duquel , selon l'usage ordinaire ^ étoit

» rerifermée la sainte, hostie. Il y avoit cçs paroles

» d'Isàie : Tu yerè es Deus. absçonditus. La Foi avoit

» les pieds posés sur deux volumes fermés de manière » qu'on lisoit très-distinctement sur le dos (le l'un : Bi- » -blia sacra, et sur celui de l'autre :lSayvLm. Testament* » tum. Fous pouvez , Monsieur ^ communiquer cette » note à M.^Paricienrévéque d'Alais, pour qu'il en :à fasse usage, s'il le juge convenait y dans une noii^ » velleédidondes4Hihisjtoire,$iiff^é Ç. n'EoaicouBT ».

470 PIÈCES lUSTIFIGATIVES

BÛration, pour avoir tant fait avec des moyens' aussi bornés.

Ce n'est que depuis la mort de ce prince y «pi'on a imaginé tous ces calculs exagérés ^ dent on s'est servi pour égarer l'opinion pubfique, et en former un titre d'accusation contre le trône et la monarchie.

Il paroitra toujours extraordinaire que dès le premier moment ou quelques écrivains , peu à portée d^étre instruits, hasardèrent tant de fables ridicules, il ne soit venu dans l'idée d'aucun des ministres qui ont eu part au gouvernement sous Louis XY et sous Louis XVI, de, rectifier des erreurs qui n'étoient pas sans ^danger , parce qu'on étoit parvenu à les rendre populaires.

Tous les titres, toutes les pièces justificatives des dépenses de Louis XIY pour des bâtimens^ les états de toutes les sommes qui leur avoient été affectées, et de leur emploi pour diaquf: nature de dépense, étoient conservés avec ,1a plus régulière exactitude dans les archives de l'administration. Il suffisoit d'en publier le simple résultat, pour faire tomber , en un moment, toutes ces déclamations qui avoient pénétré jusque dans les classes les plus élevées de la société.

Mais un dtojen estimable , et à portée d'étra ins« truit par la niatiiife de se6 emplois ^ a fait ce que le gou* vemenaent aVoit eu le tort de négliger. Il a eu le courage dé faire l'apdogie de Louis XIY à uiie époque •ù le trône de Louis XIY étoit renversé , oh^ sa postérité étoit proscrite, et où l'ouUi de tant de bienfaits

DU LIVRE' ilUlTiÈME. ^'] l

sembloît accuser la France entière de la pins coupable ingratitude.

Ce fut en 1801 , que feu M. Guillaumot, ancien ar« diitecte des bâtimens du Roi.^ et directeur de la manufacture des Gobelins , lut dans une séance publique de la Société des sciences , lettres et arts de Paris^ le Mémoire dont nous allons donner le précis Uttéral^et il le fit imprimer peu de temps après.

]^ais ce Mémoire est resté presqu'inconnu^ qiloi* que plusieurs journaux en aient rendu compte dans le temps; il est même devenu si rare, qu'à peine existet-il dans quelques cabinets.

Il nous a paru si intéressant par son objet , si curieux et si exact dans tous ses détails , que nous n'avons pu résister au désir de le placer à la suite de VHisiaire de^ Fénélon, quoiqu'il n'ait qu'un raipport très* indirect avec ce qui en fait le principal sujet.

Il est si souvent question de Louis XIV dans VHiS'» toire de Fénélon y qu'on nous saura peut-être gré d'à*» voir profité de ce prétexte, pour veiller à la conservation d'un écrit si honorable pour la mémoire de œ prince.

M. Guillaumot rapporte d'abord à quelle occÂsioii il se livre aux recherches dont il rend compte dans son Mémoire.

Lorsqu'on 1789, on voulut diq>oser peu à peu les esprits à abjurer les sentimens d'amour et d'a£Pection que les Français avoient toujours montrés à leurs rois / on imagina les fables les plus insensées pour tromper le peuple.

Lé célèbre Mirabeau , dès le mois de juillet 1789, s'exprima en ces termes dans sa dix -neuvième LeUre à ses commettons.

« Le maréchal de Belle-Isle s'arrêta d'effroi, quand » il eut compté jusqu'à douze cents millions, des dé- ^ penses^faites pour Versailles , et il n'osa sonder jus- 9 qu'au fond de cet abime ».

On ne sait où Mirabeau avoit puisé cette anecdote, et M. Guillaumot remarque avec raison que le maréchal de Belle-Isle n'étoit point , par son minûtère , à portée de prendre une connoissance positive des dépenses d'un département qui lui étoit^ entièrement étranger.

Un écrivain plus récent porta encore plus loin que Mirabeau l'exagération de tous les calculs. Il évalue à quatre milliards six cents mUUons les seules dépenses du château de Versailles.

M. Guillaumot , plus à portée que l'un et l'autre d'acquérir des notions certaines , voulut les puiser dans la seule source où il pouvoit trouver la vérité. U compulsa toutes les archives du département des bâti* içens, et elles lui offrirent tout cq qu'il cherchoit pour réduire à leur juste valeur tant d'assertions menson^ gères.

On reste frappé d'étonnement et d'admiration , en apprenant que toutes les dépenses du château et des jardins de Versailles, de la construction des églises de Notre -Dame et des Récollets de la même ville, de Trianon^ de Glagny et de Saint-Cyr , du château, des jardins et de la machii^e de Marly, de Taqueduc de Maintenon, et des travaux de la rivière d'Eure , qui

âevoit conduire ses eaux à Versailles , enfin des châteaux de Noisy et de Moulineux^ ne se sont ëlevées, dans l'espace de vingt -sept ans ^ depuis 1664 jusqu'à 1690, époque ok la guerre fit suspendre tous les travaux y qu'à la somme de cent soixante et onze millions trois cent cinq mille trois cent quatre -vin^t-huit livres^ deux sous, dix deniers, valeur d'aujourd'hui à cinquante-deux livres le marc.

Et il faut observe^ que dans cette somme sont compris le prix de l'indemnité des terres y que Louis XIY réunit au parc de Versailles, les frais d'achat et d'acquisition des tableaux anciens et modernes , des statues antiques y des grands ouvrages d'argenterie, des étoffes d'or et d'argent pour les meubles, du cabinet des médaiUes , des cristaux, agathes et autres raretés, enfin deux millions pour les honoraires des contrôleurs, inspecteurs et autres préposés à la conduite des travaux pendant ces vingt-sept années.

Pour plus d'exactitude, M. Guillaumot réunit quelques autres dépenses qui avoiént eullèti pour le châ-

teau de Versailles , avant 1664, .et il eVi'Yiésul te «définitivement que toutes les sqmmes consacrées aux grands travaux, dont nous venons de faire Is longue énumération, se réduisent à cent quettre^vingt-sept milUons , soixante 'dix 'huit mille cinq cent trente-sept libres, treize sols deitx deniers.

M. Guillaumot a porté ses recherches encore plus loin^ il a voulu connoitre, et U a fait connoître les sommes précises qu'ont coûté un grand nombre de bâtimens élevés par Louis XIV; qui faisoient alors

474 PlèCES JUSTIFICATIVES

partie de l'administration des bàtimens sous la direction de Colbert et de Louvois , et qui en ont été distraits depuis, tels que le Louvre, les Tuileries , rObservatoire, les Invalides, la place Vendôme, l'église des Capucines deia même place, le canal do Languedoc , les secours accordés k diverses manufitctures des provinces, les ouvrages de tapisserie des Gobelins , les tapis de la Savonnerie , les pensions et gratifications aux savans et gens de lettres.

Or , toutes ces dépenses réunies , qui embrassent tant d'objets divers , si importans à la prospérité d'un royaume tel que la France , ne se sont élevées qu'à la somme de trois cent sept millions y monnoie d'aujourd'hui, l'argent à cinquante-deux livres le marc.

C'est avec cette somme de trois cent sept millions, que Louis XIV et Colbert ont illustré la France , fait prospérer les sciences , les lettres , les arts et les manufactures, et qu'ils ont occupé des millions de bras , dont les consommations ont tourné au profit de l'agri- Gultur^, et dont une partie a servi k encourager et k

récompenser les savans , les gens de lettres et les artistes qui ont le plus honoré 1^ nation par des chefs* d'oeuvre en tout genre.

On a dit que Louis XIV avoit brûlé les mémoires de dépenses des travaux qu'il avoit fait exécuter. Cette assertion n'est pas plus fondée en vérité que la fable de douze cent millions de Mirabeau, et celle de quatre milliards six cent millions d'un autre écrivain.

C'est sur les Mémoires originaux , que M. Guillau-

mot a relevé lui-même tous ses calculs. Ces Mémoires existent eacore, et sont dissëmmës daps divers bureaux : rien ne seroit plus facile i^ de les réunir.

I^ous croyons devoir présenter ici le résultat de chaque dépense , article par article, tel que M. Guillaumot Ta copié sur les Mémoires originaux.

Dépenses de Versailles et ses dépendances , compris

Trianony Saint-Cyr^ et les églises de Notre-Dame

et des Récollets y depuis i66^ju5qu*en 1690.

Maçonnerie de Versailles et ses dépendances ^ compris celle de Triailon, Saint-Cyr, et des églises de Notre-Dame et des Bécol*

lets 43,373,024^^ 8- ad-

Charpenterie 5,107,376 a lo

Couvertures 1,437,35^9 i3 6

Plomberie. ...... 9,1 16,1 54 5- »

Menuiserie 5,332,844 4 *

Serrurerie 4?578,ia4 7 6

Vitrerie 601,757 î 6'

Glaces 443,a6a * t^

Peintures , dorures , sans les

achats de tableaux. • . . 3,35a,573 3 4 Sculptures , sans les achats

d'antiques. ..... 5,39a,i4o rS 6

Marbrerie. !...«. 10^)87,004 11 4

Bronzes 3,753,oo8 ra 6

4^6 nàcES /JUSTIFICATIVES

DeVautrepart. • . 9i,575,6a9Î'^*. fi** à*- Tajanx de fer et de plomb ,

compris ceux de la machine

deMarly 4,53o,M9 ii 4

Paves, carreaux et ciment. 11,53499^9 $ 9 Jardinage, fontaines et fo-

caille 4>^7794^^ '^ *

Fouilles de terre ^ et convois

de glaise. . . . . • .. 12,076,0.70 3 8 Ouvrages à journée. . • • 2^763,403 la 4 Diverses dépenses extraordi*

naires. 3,598, i!»3 • 5 8

Le château de Glagny. - . . 4? ^ 497^^4 '^^ ^^ ]ja machine de Marly ,. sans les

conduites comprises dans les

dépenses de YersaiUes; . 7,349^728 17 4 L'aqueduc de Maintenon , et

travauxdelarivièred'Eure. 17,225,990 Le château de Marly. . • L'indeninité des terres. . .

Achat de tableaux anciens et

figures antiques. . . .

Etoffes d'or et d'argent. . .

Grands ouvrages d'argenterie.

GrisUux, agathes, etc. . .

Honoraires des architectes. :

Dépenses faites avant 1664. •

Total. . . .

i,ii2,i38

M. Ouillaumot donne ensuite avec la même exactitude et la.méme fidélité l'état détaillé des dépenses que fit Loms XIV , dans le cours des mêmes vingtsept années , pour des monuméns , constructions et travaux dW intérêt général pour son royaume.

Au Louvre et aux Tuileries. 21,2 17,938**^- 8»- 10*

A Saint-Germain*en-Laye. . 12,9 11 ^riS 16 »

A Fontainebleau ^,547,493 6 10

A Ghambord 2,45 1,4^3 12 10

Arc-de-triomphe de Saint-An*

toine i,027,5n 16 2

A l'Observatoire 1,450,248 9 4

Aux Invalides 3,420,664 9 »

A la place Vendôme > fonte de la statue, et couvent des

Capucines 4,125,398 18 8

Au Val-de-Grâce. .... 740,567 5 6

. Aux Annondades de Meulaa. 176,825 » 2

Au canal de Languedoc. . . i5,473,in i8 8 Aux Gobelins et à la Savon-

ï^erie 7,2191,886 ïo 2

Aux manufactures des provinces.. \ 3,959,980 18 »

Pensions et gratifications aux

gens de lettres. .... 3,4i4,a97 . 6 8

On a vu que les dépenses de Versailles, Marly et autres, montoient à . , .' 187,078,537^^- i3'- 2^-

Ainsi, dit M. Ouillaumot, le total général de ce que Louis XIV a dépensé en bàtimens de tout genre s'est

ëlevé pendant ces vingt- sept années (monnoie d'aujourd'hui) à 307,575,654^^' lo"' 10**"

C'est dans les bureaux mêmes de l'administration des bâtimens du Roi , et sur les originaux des états finaux et arrêtés des comptes au vrai, que M.Xiuillaumot déclare avoir puisé ces précieux détails.

Mais par un bonheur singulier, il se trouvoit luimême possesseur d'un manuscrit , rédigé par un commis attaché aux bureaux de l'administration des bâtimens, sous les ordres du célèbre Hardouin-Mansart , surintendant des bâtimens.

Ce manuscrit , dont M. GuOlaumot lui-même a bien voulu me permettre de prendrcf.connoissance, présente , année par année ^ l'état des dépenses que Lous Xiy affecta aux travaux dû tout genre qu'il eutreprii depuis 1664 jusqu'en 1690, époque à laquelle tous les travaux furent suspendus.

Xi'exacte conformité des résultats qu'offre ce ma^ nuscrît,:aveciles autres preuves que M. Guillaumot s'étoit déjà procurées dans les anciens registres de l'administration des bâtimens*^ donne la démonstration la plus complète des calculs qu'il a présentés.

'On y 'trouve l'état, des sommes que Louis XIV affecta chaque année aux bâtimens et aux travaux de tout genre , sans aucune désignation spéciale des objets auxquels elles furent affectées.

BU LITRE HUITIEMK. 479

Etat général des dépenses des bdtimens du Roi, pendant les vingt -sept années des grands travaux de 1664 à 1690, suivant les états finaux et arrêtés des comptes au vrai,

1664 6,443,46îi«^- 4«- 4^'

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