‹ Histoire de Fénelon, archevêque de Cambrai, composée sur les manuscrits originaux; (volume 4)Chapitre 96 sur 107 · N.^ XL — PAGE · texte numérisé non relu

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i Suite des mémoires particuliers dç F^nélofu

Xïof esibf^ 17.1 1. Sl^^piisprjit^

D& la- mmine^

Marine médiocre sans pousser à l'excès, propor* tionnée au besoin de l'Etat, à qui il ne convient pas

Z)t7 LIVBE SEPTIÈME. 43S

seul des guerres par mer contre des puissances qui y mettent toutes leurs forces.

Régler le code des prisçs ; commerce de port à port.

Permettre à tout étranger de venir habiter en France et y jouir de tous les privilèges des naturels et des régnicoles , en déclarant leur intention au greffe du bailliage royal, sur le certificat de vie et de mœurs qu'il apporteroit et le serment qu'il préteroit; le tout sans frais*

N." XII. — PAGES 237, a43.

Suite des mémoires particuliers de Fénélon*

Du i5 mars 171a. Manuscrits.

Le Moi»

AftT. I•^

if

Je crois qu'il est très- important de redoubler, sans

éclat et sans affectation, toutes les précautions pour

sa nourriture, comme aussi pour celle du jeune prince

qui reste.

n est à désirer que tous les ministres se réunissent pour rendre Sa Majesté très-iacile k acheter très-chi^ rement la paix ; c^est l'unique moyen pjour le dëbarrasser pour le reste de sa vie,, ^ de la prolonger.

Us peuvent lui &ire entendre que cfesl ce qu'il doit à sa gloire et à sa conscience ; il ne doit 'point s'expo-*.

436 PIÈGES JVSTIFKÀTIVES

ser à laisser un petit enfant avec tout le royaume dans un si prochain péril.

On peut lui représenter l'extrémité où Ton se trouyeroit, s'il tomboit dans un état de langueur ou il ne pourroit rien décider et où nul ministre n'oseroit rien prendre sur soi.

On peut lui faire entrevoir le cas d'une bataille per- -due et des ennemis entrant dans le coeur du royaume.

On peut lui laisser voir le cas où la France auroit le malheur de le perdre ; alors on auroit tout à craindre du parti huguenot, des mécontens de divers états, des princes exclus de la régence, des dettes payées ou non payées, des troupes très-nombreuses sans discipline j le remède est d'établir sans aucun retardement un conseil de régence , que tout le monde Vaccoutume à respecter.

On peut lui représenter la consolation, la gloire, la confiance pour^ «on salut , qu'il tirera d'une prompte paix, si elle lui donne les moyens de commencer à faire sentir quelque soulagement à ses peuples, après les maux de tant de longues guerres.

On peut lui faire considérer qu'il aura à faire au plutôt la réforme de ses troupes , qui ne pourroit s'exé-

DU LIVllE SEPTIEME. 4*^7

cuter qu'avec un très -grand péril dans le désordre d'une minorité.

Il faut lui montrer combien il importe qu'il réta- "blisse au plutôt quelque ordre dans les finances , sans quoi on ne peut espérer aucune respiration des peuples, avec les troubles d'une minorité; pendant une régence, im prince, qui voudroit troubler l'Etat, auroit un moyen facile d'y réussir. Si le conseil de ré* gence paie les dettes , il ne sauroit soulager les peuples, et les peuples accablés ne continueront point à porter ce joug accablant^ quand ils verront un prince qui leur offrira sa protection contf e ce conseil ; si au contraire le conseil retranche ou suspend le paiement des dettes pour soulager les peuples, les rentiers qui sont en si grand nombre et si appuyés , feront un parti redoutable contre le conseil qui les aura malti aités.

On en peut dire autant des courtisans et des militaires qui ont de grosses pensions ; si ce conseil de régence les paie , il accable les peuples ; s'il leur refuse ou leur retarde leur paiement , le voilà devenu odieux. Ainsi, d'une façon ou d'une autre^ voilà un puissant parti tout formé pour un prince qui voudra contenter 0on ressentiment et son ambition.

Si M. lé duc de Berri^ livré à son épouse et à son beau-père , se trouvoit , à la mort du Roi, à portée de

gouverner, sans qu'il y eût un conseil de régence déjà en|actuelle possession et déjà affermi dans l'exercice de Tautoritë, les peuples et les troupes , accoutumés à n'obéir <][u'aux ordres d'un seul maître, ne s'accoutameroient pas facilement à préférer les décisions d'un conseil sans expérience, et peut-être fort divisé, aux volontés d'un fils et d'un petit-fik de France , réunis ensemble avec un ^rand parti,

Si le prince mineur venoit à mourir dans une telle conjoncture, M. le duc d'Orléans pourroit empêcher le retour du roi d'Espagne , surtout en cas que les Espagnols refusassent de recevoir M« le duc de Berri.

Il n'y auroit personne qui fût àTportée de ménager les choses pour empêcher cette guerre civile ; au moins un conseil déjà affermi travailleroit à la paix et au bon ordre avec quelque autorité provisionnelle.

n me parbît fort à propos que le B. D. ( le bon duc, M. de BeauviQiers) aille voir madame de M* ( Maintenon ) , qu'il lui parle à cœur ouvert pour le rapprocher de lui, et qu'il lui représente toutes ces choses, afin qu'elle concourre efiicacement à ce% ouvrage.

Cest précisément ce qui peut lui attirer la bénédiction de Dieu et les voux de la France entière; c'est

ècr LIVRE SEPTIEME. ^3q

travailler au repos ^ à la gloire et au salut du Roi; que n'auroit-elle point à déplorer, si le Roi manquoit dans cette confusion ?

Ce n'est point en épargnant chaque }our au Roi la vue de quelques détails épineux et affligeans, qu'on travaille solidement à le soulager et à le conserver; les épines renaîtront sous ses pas à toutes les heures ; il ne peut se soulager qu'en s'exéciitant d'abord à toute rigueur. C'est une prompte paix, c'e&t l'olrdre tnis dan» les finances y c'est la réforme des troupes faite avec règle y c'est l'établissement d'un bon conseil autorisé et mis en possession tout au plutât^ qui peuvent met^tre le Roi en repos pour durer long-temps, et le royaume en état de se soutenir i^algré tant de périls; On devra tout à madame de M* (Maintenon) si elle y dispose le Roi.

Le B. D. (bon duc, M. de Beavrilliesn ) peut paiieir avec toute k rec&niaioissknce due aux bons offices que madame de M. (Maintenon) lui a rendus autrefois; il peut lui déclarer qu'il parle sans intérêt, ni pour lui, ni pour ses amis, sans prévention et sans cabale^ il peut ajouter que pour ses sentimens sur la rdigidh il, n'en veut jamais avoir d'autres que ceu^ du saint Siégé; qu'il tae tient à rien d'extraordinaire, et qu'il auroit horreur de ses amis mêmes, s'il apercevoit en eux quelque ènlêtem^nt, Ou attificei ou goût de sou-* veauté.

44o PIÈGES JV8TIFIGÂTITBS

Je ne crois point que madame de M. agisse par grâce, ni même avec mie certaine force de prudence élevée;

mais que sait-on sur ce que Dieu veut faire ? il se sert quelquefois des plus foibles instrumens , au moins pour empêcher certains malheurs ; il faut tâcher d'appaiser madame de M. , et lui dire la vérité ; Dieu fera sa volonté en tout*

N.o XIIL — PAGES a44> ^4^*

Suite des mémoires particuliers de Fénélon,

Du i5 mars 1712. Manuscrits.

Projet de conseil de régence.

Art. I".

Faites un conseil nombreux, vous y mettrez le désordre, la division, le défaut de secret et la corruption; faites-en un moins nombreux^ il en sera plus envié, plus contredit, plus facile à décréditer, surtout si les meilleurs sujets viennent à manquer.

Vous ne pouvez parvenir à faire établir ce conseil , , qu'en y admettant les gens de la &veur présente; autrement ils vous traverseroient , chose facile à Caire ; c^est le rendre très -nombreux, si vous voulez leur donner un contre-poids nécessaire par des gens droits ^% fermes.

Mettez-y N vous livrez l'Etat et le jeune prince

à celui qui est soupçonné de la plus noire scélératesse; excluez N pour ce soupçon, vous préparez le renversement de ce conseil, qui paroitra fondé sur une horrible calomnie contre un petit-fils de France.

JV.

A tout prendre , je n'oserois dire qu'il convienne de mettre dans ce conseil un prince suspect de scélératesse, qui se trouveroit le maître de tout ce qui se trouveroit entre lui et l'autorité suprême.

De plus, indépendamment de ce soupçon^ on né peut guère espérer qu'étant livré à sa fille ^ il contribuât à la bonne éducation du jeune prince , au bon ordre pour rétablir l'Etat.

Pour adoucir cette exclusion , je voudrois qu'on ne donnât à M. le duc de Berri que la simple présidence , avec sa voix comptée comme ceDe des autres ; et pour conclure à la pluralité des suffrages, il faudroit qu'on élût un sujet à la pluralité des voix si un des conseillers yenoit à mourir.

VJI.

J'excluerois autant que "S tous les princes du

sang^ tous les princes naturels, tous les princes étran-

gérs j qui ne regardent pas le Roi comme lenr son* Terain.

vni.

J'exduerois aussi les seignears , auxquels on a donne un rang de prince; c'est un embarras pour le rang i éviter ; il n'y a que M. le prince de Rohan qu'on pût être tenté d'admettre; on peut très-bien s'en passer.

Les seigneurs ambitieux > souples et brouillons , chercheroient avec ardeur à entrer dans ce conseO; mais tous les honnêtes gens craindroient et fuiront cet emploi comme un affreux embarras ; peu à espérer, tout à craindre le lendemain de la mort du Roi ; chacun des conseillers droits et fermes turoit ii craindre au dehors l'autorité de M* le duc de Berri avec celle de Mi le duc d'Orléans , et là division au dedans aVec le déchaînement des cabales ; on aoroit une peine infinie à composer ce conseil de personnes propres à faire bien espérer*

Je n'^ose dire ma pensée sur le choix des prélats dignes d'entrer dans ce conseil.

Pour les seigneurs y on peut jeter les jeùx sur MM. les ducs de Ghevreuse, deYiUeroy^ de Beauvilliers , de Saint-Simon y de Charost, de Çarcourt, de Chaulnes; sur MM. les maréchaux d'Huxelles, de Tallard.

II est naturel que la faveur y mette MM. les ducs de Guiche, de Noailles^ d'Ântin^ d'Estrées. U Csiut 30Dger au contre-poids.

On:te sauroit exclure de ce conseO aucun des mi* nistres; pour les secrétaires d*Etat, on pourrait les appeler seulement pour les expéditions.

n faudroit que le Roi autorisât au plutôt ce conseil de régence dans une assemblée de notables qui est conforme au gouvernement de la nation.

De plus y il faudroit que le Roi^ dans son lit de justice, le fît enregistrer au parlement de Paris ; sem* blable oiregistrement dans tous les autres parlemens^ cours souveraines y bailliages.

Le Roi dans l'assemblée des notables pourroit faire prêter serment à tous les notables pour maintenir ce conseil, et aux conseiUers de ce conseil pour gouverner avec zèle; M. le duc de Berri même préteroit ce serment.

Il seroit infiniment à désirer que le Roi mît dé» k présent ce conseil en fonction ; il n'en soroit pas moins

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le maître de tout. H accoutuVneroit toute la nation à se soumettre à ce conseil ; il éprouveroit chaque conseiller ; il les uniroit y les redresser oit et affermiroit son oeuvre ; s'il faut le lendemain de sa mort commencer une chpse qui est devenue si extraordinaire, elle sera d'abord renversée. Depuis long -temps la nation n'est plu5 accoutumée qu'à la volonté absolue ^mi seul maître; tout le monde courra au seul M. le duc de

Serri.

XVIIL ^

Si on ne peut point persuader au Roi une chose si nécessaire, il faudroit au moins à toute extrémité que Sa Majesté assemblât ce conseil cinq ou six fois Fannée; qu'il consultât de plus en particulier chacun des conseillers, et qu'il les mît da^& le secret des affaires, afin qu'ils ne fussent pas tout-à-fait neufs au jour du besoin.

Il ne faut pas perdre un moment pour faire établir ce conseil. L'étonnement du spectacle, le cri public, la crainte 'd'un dernier malheur peuvent ébranler ; mais si , sous prétexte de n'affliger pas le Roi , on attend qu'il rentre dans son train ordinaire, on n'obtiendra rien.

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