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L'arpent • . .
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Telle était la valeur réelle des biens-fonds, en 1783.
Au moment où j'écris cette histoire la valeur moyenne de nos terres peut être portée, savoir : les terres labourables à 400 francs le journal, les prés à 1700 francs la fauchée, les vignes à 2000 francs le journal, les bois à 30O fr. Tarpent.
A Fontaine-Française, comme partout du reste, on accepte difficilement les améliorations agricoles et il faut bien du temps pour mettre en pratique les nouvelles cultures. La routine, je le répète, ralentit la marche du progrès, mais ne Farrête pas et peu à peu la situation s'améliore.
C'est ainsi que la pomme de terre (solanum tubero* sum), cultivée en France depuis cent ans, ne le fut à
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Fontaine gue vers 1820. Avant, on la considérait comme tellement malsaine qu'on Tarait mise au rang des poisons. Voici son histoire qu'il est l)on de rappeler.
Ce tubercule, importé d'Amérique en 1592, par Gaspard Bauhin, d'abord accueilli avec enthousiasme, pois rejeté comme dangereux à la santé, tient aujourd'hui, après le blé, le premier rang dans l'ahmentation publique.
Le Parlement de Besançon, dans un arrêt, dit : « Attendu que \di pomme de terre est une substance pernicieuse et que son usage peut donner la lèpre, défense est faite de la cultiver sous peine d'une amende arbitraire. »
Il a fallu l'intervention de Louis XVI lui-même pour la réhabiliter.
On sait comment Parmentier, en 1783, arriva à la propager. Il en planta dans un grand champ, puis au moment de la maturité, il obtint de faire garder la récolte par des soldats qui avaient ordre de fermer les yeux et de laisser enlever les pommes de terre par tous ceux qu'attirait l'appareil de la force armée destinée à surveiller un pareil trésor.
Le stratagème eut un plein succès et en peu de temps tout disparut au grand bénéfice de la propagation de cet utile aliment.
J'ai trouvé au château, à la date du 7 mai 1786, le dernier état qui ait été dressé des cens et corvées dus au seigneur par les habitants de Fontaine.
Cet état s'élevait à 169 livres 1 sol 3 deniers pour It valeur des cens, 47 poules et 8 poulets, plus environ 50 livres de cire et 147 corvées ; il portait sur 139 censives (personnes devant le cens) bien dénommées avec ce que chacune devait personnellement.
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FONTAlNE-FRAhÇAlSE SOUS M. DE SAINT-JULLIEN 399
Les usages à cette époque étaient les suivants :
« Les poules sont payables au jour de Carnaval^ à peine de trois sols d'amendCy la plus grande partie sont estinaées dix sols ; ceux qui en doivent peuvent payer argent à leur choix.
« La cire doit se payer à la SainUMartin^ aussi à peine de trois sols (T amende; si ceux qui en doivent ne la paient pas en cire on peut exiger vingt sols pour chaque livre.
a Les corvées doivent être faites, savoir : si la maison est occupée par un laboureur aîant sa charrue entière trois corvées de charrues, aussi entières ; s'il n'a qu'une demie charrue trois demie corvées; aux saisons de carême^ sombre et vahin, et si c'est par un manouvrier ou artisan trois corvées de bras aux vignes et prés.
« Le seigneur est tenu de faire commander les corvées la veille du jour qu'il désire qu'elles soient faites et de nourir les personnes et chevaux^ c'est-à-dire donner à déjeuné, dinéet gfouf^ aux personnes conduisant les chevaux ; les faire paître au foin et l'avoyne entre les deux éployées et fournir aux manouvriers la nourriture nécessaire même à soupe.
a Et faute de satisfaire aux dites corvées les refvsans encourent une amende de trois sols par chaque fois qu'ils sont en retard (1). »
(4) Archives du château.