‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 35 sur 46 · Ce chiffre est évidemment exagéré · texte numérisé non relu

Ce chiffre est évidemment exagéré

de livres que Louis XIV avait mis à sa disposition F aidèrent à se passer des subsides de sou Parlement ; 1 ambassadeur Courtin reçut en même temps une autre somme assez forte pour acheter le silence momentané de quelques-uns des meneurs des communes.

Cependant ff pour conjurer les tempêtes » qui se formaient de ce côté, comme aussi pour donner patience à la France contre les charges d'une si longue guerre, il importait que les succès de la campagne de 1677 eussent quelque chose de décisif. Louis XIV et Louvois l’avaient compris : un puissant effort fut résolu pour faire cette année le pré carré de Vau ban, et donner au royaume les trois grandes places de Valenciennes , de Cambrai et de Saint-Omer. On s’y prit dès l’hiver, et la cour s'étonna d apprendre que le 1 *r mars le roi venait de monter à cheval pour se rendre sous les murs de Valenciennes. Vauban jugea tout d'abord, à la mollesse de la défense, que la ville, malgré la force et l’étendue de ses fortifications, ne tiendrait pas longtemps. 11 demanda et obtint non sans peine que l’assaut fût donné en plein jour à l’un des ouvrages avancés de la place. L’élan des troupes fut admirable ; les deux compagnies des mousquetaires, un bataillon des gardes, et un autre du régiment de Picardie, avec une centaine de grenadiers, enlevèrent l’ouvrage en un clin d'oeil. C'était beaucoup; mais ce n’était rien auprès de ce qui suivit. Quelques mousquetaires, non contents de s’être logés dans l’ouvrage, s’élancent dans lintérieur à la poursuite des assiégés, les en chassent et entraînant avec eux le bataillon des gardes, « baissent le pont-levis qui joint eet ouvrage

aux autres. Ils suivent l'ennemi de retranchement en i“etraneliement, sur le petit bras de lEscaut et sur le grand . Les gardes s'avancent en loule. Les mousquetaires sont déjà dans la ville, avant que le roi sache que le premier ouvrage a été emporté 11 était vrai-

semblable que de jeunes mousquetaires, emportés par l’ardeur du succès, se jeteraient aveuglément sur les troupes et sur les bourgeois qui venaient à eux dans la rue, qu ils y périraient ou que la ville allait être pillée. Mais ces jeunes gens, conduits par un cornette, nommé Moissac, se mirent en bataille derrière des charrettes; et, tandis que les troupes qui venaient se formaient sans précipitation, d'autres mousquetaires s’emparaient des maisons voisines, pour protéger par leur feu ceux qui étaient dans la rue; on donnait des otages de part et d’autre ; le conseil de ville s'assemblait ; on députait vers le roi ; tout cela se faisait sans qu’il y eût rien de pillé, sans confusion, sans faire de faute d’aucune espèce. Le roi fit la garnison prisonnière de guerre, et entra dans Valenciennes, étonné d’en être le maître. La singularité de l’action, ajoute Voltaire, a engagé à entrer dans ce détail. » Nous nous approprions ici son excuse, comme nous nous sommes approprié son récit si clair et si animé. Jamais ville forte n’avait été ainsi prise ; le bruit en fut grand en Eurojie (17 mars 1677). Telle était cependant l'ardeur guerrière de Louis XIV, que cinq jours après il était sous les murs de Cambrai. Ici encore le cours des opérations fut si précipité que le prince d’Orange et les Espagnols n’eurent pas le temps de secourir la ville assiégée; la tranchée fut ouverte le 28 mars et

la capitulation signée le 4 avril. Louis XIV put se vanter d'avoir pris en sept jours une place devant laquelle avait échoué Turenne. Restait Saint-Omer, investi déjà par Monsieur, mais ‘annonçant une plus forte et plus longue résistance. Les alliés se mirent en marche pour en faire lever le siège, et Monsieur, de son côté, laissant à la garde de ses tranchées un faible corps de troupes, avec les milices du Boulonnais, se porta jusque dans la plaine de Cassel au-devant de l’ennemi. Le duc d’Orléans fut mieux conseillé que le roi son frère ne l’avait été devant Bouchain l’année précédente : en voyant en face de lui l’armée hollandaise, il n’hésita pas à engager la bataille. Le succès en fut vivement disputé, mais la victoire des Français fut complète : l’ennemi ne perdit pas moins de dix mille hommes tués, blessés ou prisonniers. L’honneur principal de la journée appartenait aux maréchaux d’Humières et de Luxembourg qui avaient combattu aux deux ailes ; mais Monsieur avait aussi droit d’en réclamer sa part; il s’était trouvé au centre, face à face avec le prince d Orange, avait soutenu le choc ennemi avec une grande vigueur, et chargeant à la tête de la seconde ligne de son infanterie, « comme un capitaine de grenadiers1, » avait fait reculer les bataillons hollandais. Louis XIV témoigna beaucoup de joie du succès de son frère, mais ne lui donna plus d’armée à commander. Saint-Omer capitula neuf jours après la bataille de Cassel (20 avril). On n’était qu’aux premiers jours du printemps, et il eût été facile au roi

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