CHAPITRE XII
DEPUIS l'aVÉNP.MF.NT DF. LOUIS XIII JUSQU’A L’ASSASSINAT DD MARÉCHAL
d'ancre (1610 à 1617).
la sagesse du gouvernement de Henri IV et l'usage modéré qu’il a fait du pouvoir absolu ne sont pas imités après lui. Avec le cardinal de Richelieu commencent les excès de la centralisation administrative, œuvre de despotisme poursuivie sous Louis XIV et ses deux successeurs, et destipèe à laisser le pouvoir royal seul et sans appui en face du peuple, au jour de la révolution française.
Le Parlement, quelques heures après la mort de Henri IV, défère la régence i Marie de Médicis. Lit de justice dans lequel Louis XIII enfant remet à sa mère le gouvernement du royaume. — Prodigalilés de la régente envers les princes et les grands pour se les attacher. — Exécution de Ravaillac : l'opinion populrire s’obstine à lui donner îles complices, malgré ses dénégations sur l’échafaud même. — Funérailles pompeuses de Henri IV. — Commencement de la haute fortune des Concini ; Léonora Galigaï. — Arrivée du prince de Condé ; sa facile soumission. — Retraite de Sully, qui a trop longtemps prêté son nom à l’administration désordonnée de Marie de Médicis. — L'assemblée triennale des réformés embrasse la cause du ministre disgracié ; rôle joué dans cette assemblée par le duc de Rohan, gendre de Sully. — Résolution de Marie de Médicis d'unir les maisons de France et d'Espagne par un double mariage. Elle soumet à un conseil des princes et des grands officiers de la couronne le projet d’une convention matrimoniale entre Louis XIII et l'infante Anne d'une part, de l’autre entre l’infant D. Philippe et Élisabeth de France. — Le prince de Condé, après avoir publiquement approuvé le projet, quitte la cour et publie à Mézières un manifeste de rébellion, dans lequel il proteste contre les mariages espagnols, et réclame la convocation des étals généraux. — Louis XH1 est déclaré majeur et tient la promesse de convoquer les états, qui a été faite aux factieux pour les désarmer. — États généraux de 1614, les derniers de l’ancienne monarchie. Nul résultat ne sort de cette assemblée : ce qui la caractérise principalement est le débat en-
TABLE DES MATIÈRES
nagé entre la noblesse de robe et celle d épée. L’esprit politique ne se trouve que dans la harangue de l’évêque de Luçon, orateur du cierge. Le tiers état, congédié avec mauvaise foi et mépris, éclate en plaintes impuissantes. — Le Parlement s’empare d'une partie des réformes posées dans les cabieis îles états, et par voie de remontrances, prétend les imposer à la couronne. — Nouvelle levée de boucliers et nouveau manifeste du prince débondé; la régente n'en est que plus presseede conclure les deux mariages, et marche vers la frontière d Espagne sous la protection d'une armée. — Célébration du mariage de Louis XIII avec Anne d’Autriche, suivie du traité île Loudun avec les rebelles : la royauté capitule. M. le Prince, qui se croit maitre absolu des affaires, est arrêté au Louvre, et emprisonné à la bastille. — La haine publique est à son comble contre le maréchal d'Ancre (Concini). Le favori fait entrer l'evêque de Lucon au conseil. — Impulsion énergique imprimée au gouvernement par cette participation momentanée de Richelieu aux affaires. — Louis XIII, jusqu’alors tenu dans l’ombre par sa mère, fait son premier acte de roi. — Luynes : son adresse insinuante, son crédit auprès du jeune monarque; conseil qu’il lui donne de se défaire du maréchal d'Ancre. — Conciliabule tenu au Louvre pour préparer la mort du favori de la reine-mère : Vilry accepte le rôle d’assassin, et frappe Concini à mort; il est recompensé par le bâton de maréchal de France. — La fureur populaire se déchaîne contre les restes sanglants de Concini ; arrestation de Léonora tialigaï. — Joie puérile de Louis XIII ; le surnom de juste lai eat donné pour cette exécution. . 1