CHAPITRE A Yi
DEPLIS L’AVÈNEMENT DE LOUIS XIV JUSQU’AU COMMENCEMENT DE LA FRONDE (1543 & 1648).
Partage naturel du règne de Louis XIV en quatre époques d'une durée à peu près égale. — Régence d’Anne d’Autriche. La reine-mère ne rencontre nul obstacle à se saisir de la plénitude du pouvoir royal. — Etonnement de la cour en apprenant que le cardinal Mazarin est chef du conseil. — Anne d'Auiriche prodigue des faveurs de la royauté; la cabale des Importants alfecte seule le mécontentement. — Victoire de Rocroy , elle excite un enthousiasme universel dans le royaume et affermit l’autorité de la régente. — Retour de la duchesse de Chevreuse; ses elforts inutiles pour reprendre sur Anne d'Autriche son ancien empire et pour renverser Mazarin. — Complot des Importants contre la vie du ministre ; emprisonnement du duc de Oeaufort et nouvel exil de Mme de Chevreuse. — Turenne et Gasrion maréchaux de France. - Prise de Thionville par le duc d'Enghien. — tluebriant est blessé à mort devant Rothweil. — Victoire navale de l'amiral de Brezé devant Carlhagène.— Campagne de 1644 : on s’y trouve arrêté dès le début par les dificultés financières. — Le contrôleur général Emery : son administration toute d’expédients. — Les conférences pour la paix qui devaient s'ouvrir à Münster et à Osnabrück sont encore ajournées. — La Motte Houdancourl est battu en Catalogne par la faute de Mazarin qui l'a laissé sans renforts. — Prise de Gravelines. — Le duc d'Enghien est envoyé au secours de Turenne qui n’a pu empêcher Mercy de prendre Fribourg. Sanglante bataille devant cette ville: elle a pour résultat de livrer aux Français les villes du Rhin de Bâle à Coblentz. — L'édit du Toisé devient l’occasion des premières résistances du Parlement à l’au-
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lorité de la régente: lit de jnslice tenu par Louis XIV, à sept ans. — Campagne de 1 645 : le comte d'Harcourt et Du Plessis-Praslin obtiennent des succès en Catalogne.— Opérations également heureuses en Flandre. — Turenne est surpris et battu par Mercy à Marienthal. Le duc d’Knghien est envoyé pour le secourir: il est encore vainqueur à Nordlingen. — Mémorable campagne de Turenne et du général suédois Vrangel, en 1646; ils contraignent le duc de Bavière à demander la paix. — Succès brillants en Flandre : prise de Dunkerque par le dnc d'Knghien.— Le comte d‘Harcourt échoue en Catalogne devant Lérida. — L’amiral de Brezé est lué devantOrbitello. — Mondu prince de Condè. — Ouverture des conférences de Munsler: efforts des plénipotentiaires espagnols pour séparer la Suède et les Provinces- U nies de la France; ils léussissent auprès des Hollandais. — Mazarin, décidé & traiter avec l'empereur; se refuse à un arrangement final avec l’Espagne. — La guerre recommence en 1641 avec de moindres succès pour 1a France. — Le duc d’Enahien, devenu prince de Condé, échoue au siège de Lé-
rida. — Révolte des Weymariens contre Turenne. — La
•rise de Lens
est trop chèrement payée par la mort de Gassion. — Em
jarras causés
i Philippe IV par l’insurrection successive de la Sicile et de Naples. — l.e pécheur Masaniello chef momentané de la révolution napolitaine; sa mort. — Le duc de Guise est appelé avec le titre de défenseur et ensuite de duc de Naples: après de courts succès, il est fait prisonnier et la domination du roi catholique rétablie dans les Deux-Siciles. — Faute de Mazarin de n’avoir point soutenu le duc de Guise : la détresse des finances est peut-être son excuse. — Les embarras où elle le jette raniment les espérances de Philippe IV et celles mêmes de l'empereur, qui entraîne le duc de Bavière dans les hasards d'une nouvelle campagne. — Campagne de 1 648 : prise de Toriose par le maréchal de Schomberg — Turenne et Wrangel réunis tombent de nouveau sur la Bavière. Cumbai île Zumarshausen ; l’empereur et le duc de Bavière aux abois. — En Flandre la prise d’Ypres est malheureusement balancée par la prise de Courtray, mais la campagne se termineavec éclat par la victoire de Lens. L'Empereur est plus atteint par ce coup que le roi dF.spagne : tandis que les plénipotentiaires espagnols refusent de rien conclure, la paix est signée à Munster entre la France et l'Empire. — Stipulations principales du traité île Westphalie: le pape refuse d'y accéder 257
UHAUllREJm,
DEPUIS LE COMMKNCEMKST JDSQU’a LA FIN 08 PS FRONDE
Caractère véritable de la Fronde, et ses tristes résultats. — Opposition violente du Parlement à l'édit du tarif, la meilleure des conceptions financières d’Ëmery. L'édit du rachat trouve les esprits encore plus irrités: arrêt d’union entre les quatre cours souveraines. — Le conseil du roi casse cet arrêt : le Parlement n'en ordonne pas moins la réunion des députés des quatre cours dans la chambre de Saint-Louis. Articles votés dans ccttc chambre. — Lit de justice dans lequel la régente ac-
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corde une partie des garanties réclamées par les artioles et refuse le reste. — Le Parlement amende 1a déclaration royale. Irritation d’Anne d’Autriche: la victoire de Lens lui inspire la pensée et lni fournit l’cccasion de frapper un coup d’État contre les quatre compagnies. — L'arrestation du conseiller Broussel devient & Paris le signal d’une émeute formidable. — Projets de vengeance du coadjuteur de Retz contre la régente qui a méconnu ses services: nouvelle journée des barricades.
La régente est forcée de capituler avec la sédition et de rendre la liberté à Broussel. — Arrivée du prince de Condè à Paris; il ne prête pas A la cour l’appui qu’elle attendait de lui, et s’unit au duc d’Orléans, pour ( faire accepter d'Anne d’Autriche et de Mazarin toutes les décisions de la chambre de Saint-Louis. — Joie causée dans Paris par ce triompha : le traité de Westphaiie qui .vient dètre signé pass inaperçu au milieu , de l'enivrement de la victoire populaire. — Progrès de la haine et du mépris public contre Mazarin. Longue hésitation de M. le Prince entre le ministre et le coadjuteur. Il finit par se ranger du côté de la cour, en se faisant payer son dévouement. — Anne d'Autriche quitte Paris pour aller s’établir au château de Saint-Germain, et appelle les troupes de l’armée de Flandre que l'hiver rend inactives. — Le parlement met Paris en état de défense et ne recule point devant la guerre civile. — Princes et grands seigneurs chefs de l’armée parisienne: la duchesse de Longueville et la duchesse de Bouillon à l’hôtel de ville. — Escarmouches sous les murs de Paris : guerre de plume-, les mazarinades.
— Les chefs de la Fronde négocient avec l’Espagne; moine espagnol introduit dans le Parlement. — Le premier président Mathieu Moié et le président de Mesmes sont députés à Saint-Germain: héroïque courage de Molé à son retour devant la multitude furieuse. — Conférences de Ruel : Mathieu Molé et de Mesmes, au risque de leur vie, en brusquent l’issue. Paix de Ruel. — Funeste influence de Mme de Longueville sur l’esprit de son frère: M. le Prince s'agite dans l'intrigue à Paris, au lieu d'aller reprendre le commandement de son armée. — Echec du comte d'Harcourt devant Cambrai. — Rentrée de la régente et du jeune nd à Paris. Condé humilie Mazarin et irrite Anne d'Autriche par les insolentes conditions qu'il met à son alliance. — Mazarin le met aux prises avec les chefs de la Fronde. — Condé, en guerre ouverte avec eux. n’en ménage pas davantage Anne d’Autriche. — F.ntrevue et réconciliation de la régente et du coadjuteur. — Arrestation îles princes de Condé et de Conti et du duc de Longueville. — Les dépouilles de la maison de Condé sont partagées entre les frondeurs. — Seconde époque de la Fronde; rôle qu’y jouent les femmes. — Fuite aventureuse de la duchesse de Longueville: elle entraîne Turenne dans (alliance espagnole.— Prise d’armes des ducs de Bouillon , de la Rochefoucauld et de la Trémoille en Limousin . en Angoumois et en Poitou. — La princesse de Condé s’échappe de Chantilly, avec son jeune fils, et est conduite par Lenet dans la forteresse de Montrond en Beiry. — Lenet négocie pour elle avec le parlement de Bordeaux: elle est reçue dans cette ville, et les seignturs qui ont levé pour elle leur bannière s'y introduisent. malgré le parlement. — Guerre civile sous les murs de Bordeaux : Mazarin y mène la reine-mère elle jeune roi.— Paix conclue par l'entremise du duc d’Orléans, sous l’inlluence du coadjuteur. — Jeu périlleux de Mazarin qui refuse de rendre la liberté aux princes et de se réconcilier avec eux, en même temps qu’il se joue des chefs de la
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Fronde. — Pacte du coadjuteur avec Anne de Gonzague pour unir l’ancienne et la nouvelle Fronde, el amener la liberté de» princes prisonnier». —Requête présentée au Parlement par la princesse de Condé. —La Champagne est sauvée de l'invasion de Turenue par la victoire de Retbel, que remporte Du Plessis- Praslin , assisté de Mazarin. — Retour du cardinal à Paris; il refuse une dernière fois l'alliance des princes.
— Remontrances du parlement pour réclamer leur liberté, suivies d’un arrêt par lequel la régente est suppliée d'éloigner Mazarin de ses conseils. — Anne d’Autriche veut se rendre au Havre où les princes prisonniers ont été transportés : son projet est trahi par le garde des sceaux Châleauneuf, el elle est retenue prisonnière par l'émeute qui envahit le Palais-Royal. — Mazarin va au Havre délivrer les princes; mais les offres qu’il leur fait sont repoussées et il est obligé de quitter le royaume. — Retour triomphal des princes à Paris; toute-puissance momentanée de Condé. — Conditions exorbitantes auxquelles il met sa réconciliation avec la régente et le rappel de Mazarin. — Anne, habilement conseillée par Mazarin, le brouille avec les frondeurs. — M. le Prince, accusé de correspondance avec l’Espagne, en appelle au Parlement: le coadjuteur lui dispute audacieusement le pavé, et la guerre civile semble près de commencer au palais de justice. — Majorité de Louis XIV ; déclaration lue devant le parlement en faveur de l’innocence de Condé. — Dernières propositions qui lui sont faites par la cour; ses hésitations ; il cède au fatal ascendant de la duchesse de Longueville, et part pour Bordeaux, résolu à commencer la guerre civile. — Troisième période de la Fronde : la cour, les princes et Je Parlement forment trois partis séparés. — Misères horribles déchaînées aur le royaume par la guerre ctvile. jointe à la guerre étrangère. — Turenne rallié à la cause royale. — Premiers coups frappés par Condé en Guyenne. Le comte d'Harcourt, A la tête des forces royales, l’arrête devant Cognac. — Mazarin rentre en France avec une armée et va rejoindre à Poitiers le roi et la reine-mère. — Nouvel arrêt du Parlement contre lui plus violent que les précédents. — Le comte d'Harcourt est laissé en face de M. le Prince, tandis que Turenne reprend avec le roi la route de Paris. — Mademoiselle de Monlpensier fait déclarer Orléans en faveur des princes. — Leur armée barre le chemin à celle du roi: arrivée soudaine de Condé, qui tombe sur les quartiers du maréchal d'Hocqincourt. — Combat de Bleneau : le sang-froid et la fermeté de Turenne sauvent l’armée royale. — Faute de M. le Prince en se rendant à Paris, où son réle n’est plus que celui d'un factieux. — Son alliance avec le duc d'Orléans ne lui donne ni le Parlement, ni la bourgeoisie; et le laisse sans autre appui que la populace. — Violente invasion de la grand’chambre : le Parlement suspend ses séances. — Combat du faubourg Saint- Antoine; héroïsme de M. le Prince: Mademoiselle ouvre A son armée, près d'élre uétruite, les portes de Paris.
— M. le Prince veut A tout prix engager plus avant Paris dans sa cause: journée néfaste du è juillet 1 652 : massacre de l’hôtel de ville. — Condé se croit un moment maitre de la capitale; mais la seule annonce de la retraite de Mazarin suffit à ramener Paris sous l'obéissance du roi. — Inutile efTurt de négociation tenté par le cardinal de Retz en faveur du duc d'Orléans: ce prince est exilé à Blois — Condé, plutôt que de se soumettre, se donne aux ennemis de la France.— Rentrée de Louis XIV à Paris. — Perte de Dunkerque et autres revers militaires de l'année
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1652, tristes fruits de la guerre civile. — Cette guerre continue encore à Bordeaux, où domine U faction démocratique de l'Ormée. — Turenne est envoyé contre M. le Prince, qui est entré en Champagne avec la patente de généralissime des armées de Philippe IV.— Arrestation du cardinal de Retz. — Retour de Mazarin. — Pacification de la Guyenne; fin de la Fronde 301