LOUIS X
Philippe lY laissa deux frères , trois fils et une fille. Avéae- Louis X, Taîné, surnommé le Hutin à cause de ses goûts loui»x. pour le désordre , avait vingt-cinq ans à la mort de son père et portait déjà depuis quinze années la couronne de Navarre, dont il avait hérité de sa mère ,' ainsi que de la Champagne et de la Brie. Ses deux frères , Philippe et Charles , étaient adonnés i^omme lui à des habitudes vicieuses; et sa sœur Isabelle, mariée à Edouard II, ne se signala que par le crime et Tinfamie.
Philippe le Bel avait confié , par politique , les grandes charges deTÉtat à des hommes obscurs, qui devaient tout à la faveur : sa famille blâmait ce système , et Tun des premiers actes du règne de Louis X fut d'arrêter et de traduire en jugement le chancelier Pierre Latellî, qui fut absous, et Ënguerrand de Marigny, premier ministre du feu roi. Charles de Valois, oncle du monarque, sollicita, pour venger une injure personnelle , Tarrét de mort de Marigny : procès et ce ministre, rendu responsable des actes tyranniques de son dËngûer. mattre , et accusé de sorcellerie, fat condamné, et pendu Marigny. au gibet de Monfaucon. Marguerite de Bourgogne, femme du roi, était renfermée au Château-Gaillard d*Andely pour cause d'adultère : Louis la fit étrangler, afin d'épouser Clémence de Hongrie. II vivait toujours entouré de jeunes nobles prodigues, dont il faisait les compagnons de ses plaisirs; et la noblesse profita de son ascendant sur lui pour obtenir d'être remise en possession d'anciens privilèges. Il affaiblit ainsi les ressorts de la monarchie, tendus avec tant Affaiblis. de vigueur par son père : le combat judiciaire fut rétabli, ^^^l^ des confédérations nobles se formèrent dans la plupart des '^^^
T. I. Il
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provinces, et chacune obtint une charte; les seigneurs du nord recouvrèrent les droits régaliens. Cependant le roi , pressé par le besoin d'argent, rendit aussi des ordonnances favorables aux libertés nationales, offrant aux paysans de la couronne et aux gens de main-morte de leur vendre la liberté; mais il ne donna aucune sauvegarde des droits qu'il reconnaissait, et telles étaient la misère du peuple et la défiance qu'inspirait le roi, que son ordonnance ne fut accueillie que par un petit nombre, et rapporta peu d'ar^t au trésor. De grands désordres dans les finances , et les horreurs d'une disette accompagnée d'étonnants scandales, marquèrent le cours rapide de ce règne; on vit le clergé lui-même conduire dans les provinces des processioas de pénitents entièrement nus, afin d'obtenir du ciel un temps Mort de favorable aux récoltes. Louis X mourut ^1316, dessuilea ^i"ie.^' d'une imprudence, laissant enceinte Clémence de Hongrie, sa femme* Il n'avait eu de son premier mariage qu'une fllte, nommée Jeanne, alors âgée de six ans*
PHIUPPS V.
ATéne- Philippe y, dit le Long, frère de Louis le Hutin, 8'em>
Fbfupi^ para de la régence au pr^udice de la reine > qui donaa
^16* naissance à un fils nommé Jean. Cet enfant ne vécut que
peu de jours , et Philippe , oncle de la pnneesse Jeaime^
déjà en possession de l'autorité royale, fit décréter par les^
états généraux et par l'université de France que les fem*
mes seraient à jamais exclues du trône de France.
Le nouveau roi sentait le besoin d'être appuyé par les
' légistes, et leur accorda une faveur toute spéciale. 11 dooaa
dei soins à l'administration intérieure , nomma des eapi*
tatnes généraux des provinces et des capitaines des vUlet ^
LIVBB II. GHAPITI» I. M8
tt organisa la s^ioe des commuoesy ordonnant cependant ^ae 4es armes restersûent en dépôt chez les capitaines jus» qu'à ce qo'il y eût nécessité d'en faire usage. Il n'eut, sanf une rapide et inutile expédition en Italie, aucune guerre intérieure ou extérieure à soutenir, et cependant ie sang ruissela en France sous son règne* Une nouvelle fureur rdigfeuse saisit les bergers' et les habitants des campagnes, désignés sous le nom depastmreuux : ils se ras- pastoasemblèrent en foule, dans l'intention de passer en Terre ^^^^' Sainte et de délivrer le saint sépulcre ; de mendiants ils devinrent pillards, et il fallut les punir. Ils offraient en holocauste à Dieu tous les juifs qu'ils rencontraient ; et après avoir commis une multitude de brigandages et de meurtres, ils fiirent presque tous massacrés et détruits par le «énéchal de Carcassonne* Une horrible proseription envekifpa les lépreux sous le même règne ; on les accusa d'à- Pemécav9ir empofeonBé les eaut du royaume. Pàtlippe Y et le ^Hè'F pape Jean XXH croyaient l'un et l'autre à la magie ; ils i"^^^* ajoutèrent foi au crime des lépreux, sans le constater autrement que par d'horribles tortures : dès lors têus ceux qui éteint attehits d'une maladie de la peau furoit arrêtés et accusés de sorcellerie ; comme tels , il leur était interdit de recourir aux tribunaux du royaume : les juifs , soupçonnés de complicité avec eux , périrent dans les mêmes tourments. Au milieu de ces atroces exécutions, le roi tomba malade de langueur; les reliques de la Sakite^hapelle, qu'on lui apporta et qu'il baisa dévotement, ne purent le ranieaer ; il UKNirut à Lon^charop , en 1 322. Mort de Plusieurs des ordonnances de Philippe Y sont remar- pe v.' quables, par la confusion oontinuelie des intérêts de laper- Mone du roi avec osas du royaume, et par te désir de f^ler Fwage de la votonlé stuveraine , sans poortlnt M
reconnottre aacane limite. Par ane ordonnance de 1318 le roi s'ordonne d'entendre la messe tous les matins, et règle la manière de faire son lit ; par une autre, il se défend à lui-même d'aliéner les domaines de la couronne, et révoque tous les dons de son père. Parmi ces nombreux Édits édits , ceux qui organisent les milices , les chambres des ^rlnM ^^P^^s? l'administration des eaux et forêts et l'office des receveurs, indiquent les progrès de Tordre, et la substitution du despotisme appuyé par la loi au despotisme conquis et soutenu par Fépée.