I. Les GUERRES DU DIRECTOIRE
Le Directoire. — La Convention avait gouverné la France avec un pouvoir absolu. Ce régime ne pouvait durer. L’absolutisme d’une assemblée est aussi insupportable que celui d’un roi. La Convention l’avait com-
5 pris; avant de se séparer, elle avait voté une constitution nouvelle.
Par cette constitution, le pouvoir exécutif fut donné à cinq personnes, appelées Directeurs, et le pouvoir législatif partagé entre deux assemblées: le Conseil des Cinq-
10 Cents, qui préparait des projets de loi, et le Conseil des Anciens, qui les discutait et les votait.
Au moment où le nouveau gouvernement, qu’on appela le Directoire, s'installa, la France était encore en guerre avec l'Angleterre et l’Autriche.
15 Carnot continua d'organiser la victoire.
Deux armées envahirent l'Allemagne en 1796 et marchèrent sur Vienne, capitale de l'Autriche; elles n’arrivèrent pas Jusqu'à cette ville.
Une autre armée entra en Italie. Elle était commandée
20 par le général Napoléon Bonaparte.
Bonaparte. — Bonaparte est né à Ajaccio, en Corse,
en 1769. Son père l’envoya en France faire ses études et
se préparer à devenir officier. À seize ans, il fut nommé lieutenant d'artillerie; il était capitaine en 1793, quand son régiment fut envoyé devant Toulon à l’armée qui assiégeait cette ville alors occupée par les Anglais. Il contribua beaucoup à la reprise de Toulon. En 1796, il fut nommé général en chef de l’armée d'Italie. Il avait vingt-six ans.
Dans la campagne de 1796, Bonaparte livra douze batailles; les plus célèbres sont celles de Lodi, d’Arcole et de Rivoli. Les douze fois, il fut vainqueur. Les Français, qui n'étaient que cinquante et quelques mille hommes, battirent deux cent mille Autrichiens, en mirent vingt mille hors de combat et firent quarante mille prisonniers. Et pourtant nos soldats étaient mal équipés, mal nourris, et manquaient souvent des choses nécessaires.
Bonaparte les remercia en leur disant: «Vous avez gagné des batailles sans canons, passé des rivières sans ponts, bivaqué souvent sans pain. Les soldats de la liberté étaient seuls capables de souffrir ce que vous avez souffert. Quand vous rentrerez dans vos foyers, vos concitoyens en vous montrant diront: «Il était de l’armée
d'Italie. »
La France agrandie. — L’Autriche vaincue fit la paix en 1797. Ce fut le traité de Campo-Formio. Par ce traité, l'Autriche reconnut à la France la possession de la rive gauche du Rhin et de la Belgique, que les armées de la Convention avaient conquises.
La guerre d'Égypte. — L'Angleterre seule n'avait pas fait la paix avec nous. Comme nous n'avions qu’une faible marine, il était impossible d'aller l’attaquer dans son île.
Bonaparte proposa de faire la conquête de l Égypte, parce que ce pays est sur le chemin de l'Inde, où les Anglais possédaient un grand empire. Bonaparte rêvait
ox
d'aller conquérir l’Inde. Il voulait gagner une grande gloire par des victoires en des pays lointains. En 1798, il débarqua en Égypte.
L'Égypte était gouvernée par une nation guerrière, les Mameluks. Bonaparte les battit auprès des pyramides, monuments gigantesques, tombeaux des anciens rois du pays. Mais les Anglais détruisirent à Aboukir les vaisseaux qui avaient amené nos soldats; alors notre armée fut comme prisonnière en Égypte.
Victoires de Brune et de Masséna. — L’Angleterre avait décidé l'Autriche à recommencer la guerre contre nous (1799). La Russie nous déclara aussi la guerre. Encore une fois toutes nos frontières furent menacées; nos armées reculèrent d’abord devant les ennemis. Mais le général Brune battit les Anglais en Hollande, et le général Masséna battit à Zurich les Russes, qui s'étaient avancés Jusqu'en Suisse. Encore une fois, la France était sauvée.
La mort de Hoche et de Marceau. — Ce fut pendant ces guerres du Directoire que moururent les généraux Marceau et Hoche.
Marceau fut tué en 1796, près de Coblentz, en combattant contre les Autrichiens; il avait vingt-sept ans. Hoche mourut en 1797; il avait vingt-neuf ans.
La gloire de ces deux hommes est grande et pure. Ils n'ont pas essayé de tirer profit pour eux-mêmes de leurs victoires. Ils ont été de fidèles serviteurs de la patrie et de la République