LES FUNÉRAILLES DE VICTOR HUGO
part à cette solennelle manifestation. Le jour fixé pour la cérémonie, des milliers de citoyens de tout âge et de toute condition afHuèrent vers l'Arc de Triomphe, voilé
de haut en bas d'immenses draperies funèbres. (C'était là, sous cet Arc de Triomphe colossal qu'il a tant aimé et tant célébré, qu'on avait placé le cercueil du poète. Le cortège funèbre qui s’étendait sur plus d’un kilomètre de longueur prit, en suivant la belle avenue des Champs- Élysées, le chemin du Panthéon. Toutes les villes de France avaient tenu à honneur d'envoyer des délégations qui portaient de superbes couronnes de fleurs. Sur tout le parcours la foule immense qui était accourue manifestait par son attitude recueillie, ses regrets et son attendrissement. Suivant la dernière volonté de Victor Hugo, son corps, au lieu d’être traîné par un char somptueux, attelé de plusieurs chevaux, était porté par l’humble corbillard qui sert au convoi des pauvres. Après plusieurs heures d’une marche lente et solennelle à travers les flots pressés de la population, ceux qui marchaïent en avant aperçurent enfin le Panthéon. Jamais l'inscription qui en décore la facade « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » ne parut plus juste et plus frappante. Le cercueil de Victor Hugo fut descendu dans les caveaux du Panthéon: il y repose aujourd’hui à côté des restes de Voltaire et de Rousseau.