JEANNE AU SIÈGE D'ORLÉANS
10 Jeanne à Orléans. — Les Anglais avaient bâti des forteresses autour de la ville; ils surveillaient les environs, pour empêcher d’entrer dans Orléans ou d’en sortir.
Jeanne pourtant entra dans la ville avec ses soldats. Devant elle marchait un homme qui portait un étendard.
15 Elle attaqua les forteresses des Anglais. Elle en prit deux; elle en attaqua une troisième, mais elle fut blessée par une flèche.
En voyant couler son sang, elle pleura; mais quand on J'eut pansée, elle se remit à cheval. Elle cria aux hommes d'armes: «Entrez! ‘Tout est vôtre», c’est-à-dire: « Tout est à vous. » Les hommes d'armes entrèrent; ils avaient confiance en Jeanne.
Les Anglais avaient peur d'elle. Ils croyaient que
c'était une sorcière
envoyée par le diable. Ils s'en allèrent d'Orléans.
Jeanne à Reims.
— Alors Jeanne alla trouver’ le roi, qui était à Tours, et qui ne demandait qu'à y rester,
car c'était un jeune homme qui n'’aimait qu'à s'amuser. Jeanne le pria d'aller à Reims pour se faire sacrer.
C'était l'habitude que tout nouveau JEANNE D’ARC AU SACRE DE CHARLES VI D roi de France s’en
(Peinture de Lenepveu, au Panthéon allât à Reims. dans la ville où Clovis
avait été baptisé. Là, on faisait une grande cérémonie.
L’archevêque mettait une couronne sur la tête du roi. C'était ce qu'on appelait le sacre.
Le peuple croyait que le roi n’était vraiment roi qu'après avoir été sacré. C'est pour cela que Jeanne voulait qu'il allât à Reims.
Le roi n’osait pas faire ce voyage, car Reims était loin de Tours, et les Anglais gardaient les routes. Mais Jeanne encore une fois parla très bien; elle décida le roi à la
‘suivre.
On rencontra les Anglais près de Patay. Jeanne dit: « Il faut les combattre. Quand même ils seraient pendus aux nuages, nous les aurons!» Et les Anglais furent battus.
Jeanne et le roi arrivèrent à Reims. Pendant la cérémonie du sacre, Jeanne resta debout près de l’autel, son étendard à la main.
Dans l'église de Reims, au milieu de cette cérémonie solennelle, 1l y avait donc une jeune paysanne, qui, l’année d'avant, vivait encore dans sa chaumière. Et c'était elle qu’on regardait, plutôt que le roi et que les grands seigneurs et les grandes dames.
Jeanne prisonnière. — Jeanne s’en alla ensuite devant Paris, qui était occupé par les Anglais. Le roi ne voulut pas la suivre. Elle attaqua la ville, mais ne put la prendre. Encore une fois, elle fut blessée.
Elle alla ensuite à Compiègne, que les ennemis voulaient prendre. Le jour même où elle y arriva, elle sortit à la tête d’une troupe pour attaquer les ennemis. Mais les ennemis repoussèrent cette troupe, qui s'enfuit.
Jeanne, restée en arrière, se battit tant qu’elle put; puis elle voulut rentrer dans la ville; mais ceux qui s'étaient sauvés avaient fermé les portes sans penser à elle. Elle fut prise.
On la conduisit à Rouen qui appartenait alors aux Anglais.
La mort de Jeanne d’Arc. — Elle fut accusée d’être une sorcière et jugée par un tribunal dont le président était l’évêque de Beauvais. Cet évêque, qui s’appelait Cauchon, était très dévoué aux Anglais.
Jeanne fut condamnée à être brûlée.
Quand elle sut qu'elle allait mourir, elle se mit à pleurer, mais bientôt elle reprit courage.
Le 30 mai 1431, on la mena sur une place où avait été élevé un bûcher. Une foule était là, qui regardait. Les juges qui l'avaient condamnée étaient là aussi. Jeanne dit au méchant évêque de Beauvais: « Évéque, je meurs par vous ! »
lle monta sur le tas de bois. Un moine se plaça près d'elle, tenant une croix. Quand on alluma le feu, elle fit descendre le moine, et lui dit:
ÿ). WP “un «TLenez-vousenbas:
JE CR YA levez la croix devant moi pour que je la voie en mourant. »
La flamme monta et la toucha. La fumée l’enveloppa, Jeanne rendit le dernier soupir en criant: «Jésus! »
Elle avait dix-neuf ans.
Dans aucun pays, on ne trouve une aussi belle histoire que celle de Jeanne d'Arc. Tous les Français doivent aimer et vénérer le souvenir de cette jeune fille qui aima tant la France et qui mourut pour nous.
(CL. Lahure) JEANNE D’ARC BRÛÔLÉE A ROUEN
Les: Anglais chassés de France. —Le roi Charles n'avait rien fait pour délivrer Jeanne. C'était un homme sans Cœur.
Les Anglais avaient espéré qu'après la mort de Jeanne
5 ils redeviendraient maîtres de la France.
Mais ils furent battus partout.
En 1453, ils ne conservaient plus en France que la ville de Calais, qu'ils avaient prise après la bataille de Crécy-