‹ Histoire de FranceChapitre 82 sur 229 · ENGHIEN CHARGEANT A ROCROI · texte numérisé non relu

ENGHIEN CHARGEANT A ROCROI

comte de Fuentès. Malade et incapable de se tenir à cheval, Fuentès se faisait porter de rang en rang, pour soutenir le courage des soldats. Trois fois, Enghien attaqua furieusement. Trois fois, il fut repoussé.

A la fin, les Espagnols firent signe qu'ils voulaient se rendre. Enghien arrêta le combat; mais quelques Espagnols continuèrent à tirer. Les Français crurent à une trahison et se jetèrent sur les ennemis. Enghien, courant à travers le champ de bataille, arrêta le massacre.

Par cette grande victoire, remportée en 1643, la France fut délivrée de l'invasion espagnole.

Le traité de Westphalie (1648). — L'année d'après, Enghien, devenu prince de Condé à la mort de son père.

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et Turenne, qui était aussi un grand général, prirent plusieurs villes allemandes sur le Rhin. Chaque année, ils remportaient des victoires. En 1648, l’Allemagne et la France firent la paix, par le traité de Westphalie, ainsi nommé parce qu'il fut signé dans le pays de Westphalie, qui est une province d'Allemagne. Par ce traité, l’empereur d'Allemagne nous céda l’ Alsace, qui avait été conquise au temps de Richelieu. Mais l'Espagne n'avait pas fait la paix, et la guerre continua contre les Espagnols.

Le cardinal Mazarin. — Le cardinal Mazarin avait préparé avec une grande habileté la paix de Westphalie. Mais il ne sut pas gouverner le royaume comme Richelieu l’avait gouverné. Il ne faisait peur à personne, parce qu'il voulait plaire à tout le monde. On se moquait de lui parce qu'il n’avait pas les manières françaises; il prononçait mal le français. 11 disait, par exemple, ognon au lieu d'union, et cela faisait rire. Il voulait tromper tout le monde, et il mentait à peu près toutes les fois qu'il parlait. Il aimait beaucoup l’argent et il s’en procurait par tous les moyens. Quand il était arrivé en France, il n'avait rien. Il fit une fortune de deux cents millions et devint plus riche que le roi.

La Fronde (1648). — Tout le monde était mécontent, et il y eut une révolte en 1648. On appela cette guerre la Fronde, parce que c’était le nom d’un jeu d’enfants qui se lançaient des pierres avec des frondes dans les fossés des fortifications. On appela ainsi cette guerre parce qu'elle ne fut pas sérieuse. On y vit des choses très étranges.

Une princesse, cousine du roi, Mademoiselle d'Orléans, commanda des armées et fit la guerre contre le roi. Elle avait sous ses ordres des dames, qu'on appelait ses maréchales.

Un ecclésiastique, de Retz, qui devint cardinal, souleva

le peuple de Paris et fit des barricades. Il portait dans sa poche, au lieu d’un bréviaire, un poignard dont 1l laissait passer le manche.

Le vainqueur de Rocroi, Condé, servit d’abord le roi, puis se déclara contre lui. Turenne se mit d’abord du côté des Frondeurs; puis il rentra au service du roi et combattit ses anciens amis. Tout ce monde-là semblait avoir perdu la tête.

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