‹ Histoire de FranceChapitre 11 sur 47 · CLOTAIRE I DU NOM , ROI VII · texte numérisé non relu

CLOTAIRE I DU NOM , ROI VII

Clotaire seul , ayant rassemblé toutes les pièces de la monarchie , continue de poursuivre a«t«i r e pour.

suit Chramne.

Chramne , qui , chassé d'Aquitaine nonobstant le secours de son beau-père Villequier, grand seigneur de ce pays-là, se retire en Bretagne, gouvernée alors par plusieurs comtes tributaires des François depuis le grand Clovis. L'un d'eux, nommé Conebaut, le plus proche de l'Aquitaine, le reçut et l'assista de ses forces. Clotaire , qui le talonnoit sans cesse , l'atteint bientôt, essayant de le remettre dans son devoir plutôt par la force de l'affection que par celle de l'épée ; jusque-là même que, voyant les deux armées prêtes de répandre tant de sang, il envoya offrir à son fils d'honnêtes conditions , qu'il re- „ lui offre fusa. Alors le bon homme levant les yeux au rrfô« maU u u ciel , le prit à témoin de l'endurcissement de cet ingrat , et le pria de favoriser sa cause. U gagna donc la bataille avec une horrible boucherie de Bretons, et même de leur comte Conebaut, qui fut tué comme il se vouloit sauver. Chramne, sa femme et ses enfans, étant attrapés, furent aramnc défait

et brûlé avec sa

liés sur un banc, fouettés, et puis brûlés tout £™< rt "* en vifs dans une cabane de paysan. La postérité,

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lisant ce rigoureux supplice, doit-elle nommer le père qui l'exerce sur son fils ou juste ou cruel ? Certes , quelque impiété qu'il ait vengée , il en a commis une plus grande , violant les droits de la nature pour punir celui qui les a voit oubliés. La perte de ce maudit enfant et ce combat avoient été présagés par quelques signes. Un peu auparavant, une troupe de saute^ relies passant par le Limousin et par l'Auvergne* après avoir consumé les feuilles et les fruits, s'assembla à Romagnac, près de Clermont, où, t.nlT'dî 6 s '® lant divisée en deux, ces armées se choqué* rent comme en bataille , avec un telle amroosité que la terre fut toute couverte de celles qui tombèrent. On a remarqué déplus, que ce jeune prince recherchant la prédiction de son destin cu^r^t^. dans les livres de l'Écriture saintes trouva à rouit B,b!e. vOTture du Livre des prophètes, Je désolerai

cette vigne s pour ce qu'au lieu de vrais raisins , elle n'en a produit que de sauvages; et dans les Épi très de saint Paul il \i\t 9 Ils se sentiront soudainement accablés de mort ; lù n'en échapperont non plus qu'une femme enceinte des dou.

leurs de Vacœuchement. Les Évangiles ne lui promirent rien de meilleur par ce passage : Qui n'écoute point ma parole est semblable à un fou qui bâtit sur le sable ; la pluie *st venue ; ies rivières ont débordé ; les vents ont soufflé et se

sont jetés sur cette maison , si bien qu'elle est tombée par terre , et sa ruine a été grande. Vous voyez par cette remarque la coutume qu'avoient les anciens François de chercher leur sort dans la Bible : ainsi Mérovée, ci-après, en une semblable rébellion contre son père Chilpéric, consultera ce même oracle, qui ne lui sera pas plus favorable ni son aventure plus heureuse.

Un peu après, selon quelques uns, devant le voyage de Bretagne, il marcha en Turinge contre le peuple qui s'étoit révolté et qui avoit appelé à son secours les Saxons. Les mutins le a*™ «>«'•

letStxou*.

voyant si promptement arrivé , lui demandèrent pardon; et par plusieurs fois lin offrirent de grands dédomina gemens et d'extrêmes soumis* sions. Clotaire les voyant plus domptés que s'il les eût vaincus , étoit résolu de leur pardonner; mais les François, mortellement irrités contre eux, entrèrent en telle furie contre la bonté du roi, par eux prise pour bassesse de courage, qu'ils lui déchirèrent son pavillon, et l'obligèrent avec une extrême violence à les mener au combat. Ils en furent bien châtiés depuis : car cet injuste refus ayant rendu la cause des Saxons meilleure et leur désespoir plus fort, ils se défendirent si bien, qu'ils abattirent nos plus belles troupes , et réduisirent le roi à leur demander la paix, qu'eux-mêmes lui avoient naguère

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demandée. A son retour il s'en alla visiter le tombeau de saint Martin , sur lequel il fit une confession publique de ses foutes, et y posa quantité de magnifiques présens. Le temple représenté sur la médaille, construit à la tudesque, avec deux tours aux côtés, embellies par le haut de plusieurs pyramides , indique celui même qu'il fit bâtir à l'honneur de saint Mêdard,

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