CHAPITRE
|iüii(lcrance frauçaise sur le continent. L*amiée de l'Autriche en Allemagne n'eaiste plus. Son armée d'Italie, affaiblie et découragée par une suite d'af- Taircs malheureuses , est hors d'état de rien entreprendre. Ce qui reste de l'armée russe retourne en Moscovie par la grâce de Napoléon. L'Autriche ainsi sera forcée d'acheter la paix par le sacrifice d'une partie de scs possessions; la Prusse, compromise sans avoir combattu, va subir la peine d'une défection qu'elle n'a pas eu le temps de rendre cflicacc ; Naples expiera bientôt son infidélité aux engagements pris avec la France; enfin sur tout le conliiicnt la coalition est anéantie; mais, comme l'a dit l'empereur dans une de ses proclamations, Il qu'importe à l'Angleterre? » Tous scs alliés souffrent pour elle , mais la souveraineté des mers ne lui en reste pas moins. Pour longtemps celte souveraineté a été affermie entre ses mains par la bataille de Trafalgar.
Enivré de ce succès , le gouvernement britannique se console sans beaucoup de peine des échecs que reçoivent les puissances alliées dont la diversion lui a rendu un si important service. Il leur avait promis un concours actif dans le Nord. Ce concours se réduisit à y montrer des troupes qui n'agirent pas. Les premières n'y parurent que le 18 novembre. C'était un corps de dix à douze mille hommes, composé de quelques régiments anglais et de la légion banovrienne, sous les ordres du gé-
' néral Don. Le débarquement se fit à Stade. Un second corps d'armée anglais, également de dix mille hommes et commandé par le comte Catheart, déi barqus ensuite à l’emboucbore de Weser; c'était ; le 27 décembre , c'est-à-dire près d'un mois après que le sort de la guerre était décidé et quelques jours même après que l'Autriche avait signé la paix. Tel était l'appui prêté par l'Angleterre à des alliés qui s'étaient sacrifiés pour elle. L'Angleterre en Allemagne n'eùt défendu que l'Allemagne. Elle est occupée ailleurs à conquérir pour elle-même. Elle sacrifie le continent , elle perd l'Europe, mais elle est maîtresse de la mer et elle conquiert le cap de Bonne-Espérance.
Du reste il faut sans doute attribuer, d'abord à la position quelque temps indécise de la Prusse , ensuite à l'incohérence ordinaire des coalitions, le peu de parti qu'on tira des troupes rassemblées dans le nord de l'Allemagne. Il semble que vingtcinq mille Russes sous les ordres du comte Tolsloy , douze mille Suédois et les dix à douze mille An- I giais du général Don auraient pu , même sans le corps du comte Catheart , former quelque entre- ! prise plus hardie que de se borner à occuper un pays non défendu et à bloquer Hameln, seule place où les Français eussent laissé une garnison. I.e temps n'était pas venu encore où les Anglais devaient jouer avec éclat on rôle militaire sur le continent.
l'OLITHH'E EXTÉRIEURE.