RONDEAU
Mai 1637.
Pour un autre, l'œil de Mélite Paroissoit avoir du mérite; Mais, auprès de votre beauté, La douceur de la nouveauté Ne peut avoir lien qui m'excite.
Aimez-moi donc, ma Crisolite; Mon extrême amour vous invite A garder votre cruauté Pour un autre.
Car, si mon amitié s'irrite , Vous vous venez bientôt réduite A rechercher ma loyauté.
Mais conservez votre bouté , Et n'ayez peur que je vous quitte Pour une autre.
âLTRE RONDEAU.
Mai 1637.
Pour VOUS j'abandonnai mon cœur; Mais vous avez tant de rigueur Que si vous n'étiez pas si belle Je serais sans doute infidèle.
Ce nous serait un grand malheur.
Ayez un peu plus de douceur, Vous verrez ma fidèle ardeur Qui ne sera jamais rebelle Pour vous.
Souffrez que votre œil, mon vainqueur, Appaise un moment ma douleur, Et ne soyez plus si cnielle.
Autrement nous amions querelle.
Y trouveriez-vous de Thonneur Pour vous?
CHANSON SCR l'air D'cNE SARABAXDE.
Décembre 1638.
Glimène était la reine de mon àme.
Cette ingrate dame
Méprisait mes vœux.
Mais quand je vis les yeux de Dorimène
Je quittai Climène,
Je brûlai pour eux.
Lors mon bonheur, à soi seul comparable,
D"amant misérable
Me rendit heureux, Me faisant voir les yeux de Dorimène.
Lors, quittant Climène, Je brûlai pour eux.
Bénis, mon cœur, cette heureuse journéG,
L'heure fortunée
Qui changea mes feux, Où je pus voir les yeux de Dorimène,
Où, quittant Climène,
Je brûlai pour eux.