Recueil de Marguerite Périer, p. G
SONNET
A MADAME LA DUCHESSE d' A IGUILLO^^ Janvier 1640 K
Toi, divin Apollon, de qui l'art admirable Passe l'esprit humain, donne-moi ton savoir Pour louer des vertus qu'on ne peut concevoir. Cette duchesse enfin qu'on voit incomparable; Mais j'ai beau t'invoquer, tu m'es inexorable, Et m'ôtes l'espérance ainsi que le pouvoir De jamais satisfaire à ce juste devoir. Qui feroit que mon heur n'auroit pas de semblable. Mais non, sage Apollon, je ne te blâme plus De rendre mon travail et mes vœux superflus, En ne m'accordant pas cette faveur extrême; Je reconnois ma faute, et je vois à présent Que tu n'es pas injuste en me le refusant, Puisque c'est un pouvoir que tu n'as pas toi-même.
Il était impossible que l'auteur de V Amour tyrannique, qui devait tant au jeu de l'aimable actrice , ne lui fit pas quelque remercîment. Aussi le Recueil de Marguerite Périer contient des vers de Scudéry à Jacqueline, vers semblables à tous ceux de l'auteur, à la lois vulgaires et prétentieux. Nous nous bornons à mettre au jour la réponse de notre héroïne :