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trcsprovincos; une insurrection à Grenoble, c J'ai tout prévu, (lisait-il d'un air profond, même la guerre civile. » Il avait sculoment oublié que le trésor était vide. Pour trouver quelques ressources, il s'empara de la caisse des invalides et du produit de plusieurs loteries de bienfaisance. Ces honteux moyens le firent vivre quelques jours; mais le 16 août 1788, il fut obligé de déclarer, par un arrêt du conseil, que les payements de rÉtat auraient lieu partie en argent, partie en billets du trésor. Tout le monde fut saisi d'effroi, croyant voir revenir le papier-monnaie, la banqueroute. Ce fut le coup fatal pour Brienne ; il implora le secours de Necker, qui répondit : « L'année précédente, j'étais prêta partager ses travaux; je ne veux pas partager maintenant son discrédit. ■ D fallut céder la place à l'habile financier qui était en ce moment l'homme le plus populaire (25 août) *.
fiecond ministère de Necker (1988-1780]. — Le retour de Necker provoqua des acclamations de joie, le -départ de Brienne, des scènes de désordre qui malheureusement furent sanglantes ; des attroupements brûlèrent son efOgie et persistèrent avec assez d'opiniâtreté pour que la troupe tirât sur eux. Ce premier sang versé dans Paris fit une grande impression ; le parlement procéda. Cependant la confianee renaquit, grâce à Necker. En un jour les effets publics, gagnèrent 30 pour 100. Mais il n'avait trouvé dans le tnàor que 500 000 livres : les besoins étaient urgents et considérables. <c Que ne m'a-t-on donné, disait Necker,. ces qiifaue mois de l'archevêque de Sens 1 > A présent, en effet, 0 était trop tard pour sauver le pays avec de petits moyens. Lès choses ne pouvaient plus marcher, à moins d'en appeler & la nation. Brienne, dans un moment d'exaspération, avait jeté la promesse de convoquer les États généraux en 1789; Necker reprit cet engagement.
ConTocation des états i^énéranx. — La réunion des états devint l'unique pensée de la France. En quelle forme se réuniraient-ils? Le tiers y occuperait-il le môme rang qu'en
1. Brienne fut comblé de grâces; en sortant du ministère, il ent nombre d'abbayes et le cbapeau de cardinal que le roi obtint pour lui du pape. U prêta serment à la constitution civile du clergé, mais refusa de donner l'institution canonique à deux évoques constitutionnels, ce qui mît contre lui tous les partis. Le pape l'amena à se désister du cardinalat et le suspendit de ses fonctions religieuses. Arrêté une première fois à Sens, le 9 novembre 1792, et emprisonné, il le fut une seconde fois, le 17 féTrier 1794, et dans la nuit, dit-on, mourut d'une attaque d'apoplexie.
jusqu'à la révolution (1774-1789). 463
1614, lorsqu'il fut tant humilié, ou, au contraire, y serait-il rendu dominant? Depuis deux siècles les choses avaient bien marché. Le tiers état était devenu un ordre considérable, par sa richesse, son savoir, son activité et les hautes fonctions que ses chefs remplissaient dans le gouvernement et Padministration du pays. Le respect pour la' noblesse était singulièrement ébranlé, et tout le monde, même les nobles, avait applaudi sur la scène, en 1784, les hardies épigrammes du Figaro de Beaumarchais : c Parce que vous êtes un grand seigneur vous vous croyez un grand génie ! Vous vous êtes donné la peine de naître, rien de plus. » Or, pour que le tiers état occupât la place quUl méritait, il fallait, au moins, doubler le nombre de ses membres et établir le vote par tète au lieu du vote par ordre. Ce parti était soutenu par Necker et par tous les hommes libéraux*. Mais la noblesse résistait; celle de Bretagne surtout se montra si obstinée quUl y eut à Rennes plusieurs combats sanglants entre les jeunes bourgeois et les gentilshommes. Necker voulut faire résoudre la question par une assemblée de notables, qui refusa tout changement à Tancienne forme. U se décida à trancher luimême une partie de la difficulté, et fit rendre un arrêt du conseil qui établissait la double représentation, sans rien dé; cider quant au vote par tête, et qui convoquait les états & Versailles pour le !«' mai 1789.
1. Le doublemêtU da tiert existait d^à dans les états da Languedoc. En général, les rois avaient combatta dans les états provincianx l'influence aristocratique en s'y appuyant sur le tiers. Aux états généraux d'Orléans, de 1560, il y avait 393 députés, dont 98 pour le clergé, 76 pour la noblesse et 219 pour le tiers; en 1576, aux états de Blois, 829 députés, dont 184 pour le clergé, 75 de la noblesse, ISO dn tiers; en 1588, aux seconds états de Blois, 505 députés, dont 18% du clergé, 180 de la noblesse et 191 dn tiers. Aux états de la Ligue, il n'y arait qu'environ 188 députés, la plupart du tiers ; enfln en 1614, aux états de Paris, 464 députés, dont 140 dn clergé, 182 de la noblesse et 192 du tiers. Dans les quatre assemblées proyinciales, projetées ou instituées |Mur Necker, dans le Berry, la haute Guvenne, le Dauphiné et le Bourbonnais, les députés du tiers avaient la moitié des voix. Les deux premières de ces assemblées restèrent debout jusqu'en 1789 ; 22 autres lurent instituées, en 1787, par Galonné, toujours d'après le même principe.
QUINZIÈME PÉRIODB.
U FRANGE CONSTITUnONNETiLK.
(depuis 1789.)