‹ Histoire de France, Volume 13Chapitre 86 sur 96 · TENSION «XCBSSITB DE LA SITUATION · texte numérisé non relu

TENSION «XCBSSITB DE LA SITUATION

acheter pour rien les biens pris aux proscrits. Dans une lettre souvent citée, elle engage sou frère à s'^abllr grandement en achetant de ces terres;^ elle prévoit, espère « que la désolation des huguenots en fera encore rendre. »

Ainsi baissait le niveau de la conscience publique. On eommença à réfléchir que Ton était bien fou de retenir les huguenots et d^eaipécher Téioigration, qu'il était plus avantageux de lâcher les personnes et de garder les biens» On dit au roi que, s'il les laissait libres de partir, peu en profiteraient, qu'ils resteraient plutôt par esprit de contradiction. En mars 88, on ouvre les prisons^ on ouvre les frontières. Beaucovtp sont embarqués pour T Amérique, la phipart conduits par des gardes aux portes du royaume, où on leur lit leur bannissement, la confiscation de leurs bien».

Xe fut une grande scène et bien touchante, de voir ces pauvres gens, dans leurs habits de prisonniers, maigris et les yeux caves, défiler des prisons, puis menés militairement, et souvent avec des voleurs. Leur douceur, leur patience, firent revenir beaucoup de catholiques. Déjà, dans les prisons, plusieurs avaient attendri les geôlier^, les soldais. \Élie Benoit a religieusement consigné dans sou histoire les faits qui témoignent de la bonté que témoi* gnèreut quelques dragons,, et d'autres gens de condition différente. A Metz^ M. de Boufflers avait d'abord montré quelque indulgence, mais il en fut réprimandé (£. B., 909, 9SI).

Je dois à Tobligeance de M. Gaberel un fait touchant, sui^ le départ des Huber, devenu plus tard une gloire de Genève. Qui ne connaît les trois, de père en fils, illustres? Huber dis oiseaux^ Huber des abeilles ^ Huber des fourmi^. Leur ancêtre, dans son journal,, fait le récit suivant :

(f Nous arrivâmes un soir dans un petit bourg, enchaî-

«ésy ma fcound et mes enftints^ pMé^^méie^ ayQc <|«iat6rze ^sdéinma L«s pBétresirôfeait'iHiiM proposer Isr délifrafide mo^^eoMiii PàbjnraAnv Ofif wmt cdaveim de garder le plœ^gmadbsileiiea Aqirè»]eiiE,^?înrèm' le» feimnM «f tes «ttEant»,. qui bdq» ^oumccni d« beue. Je- fa- mcrltt^d font mçmmondBkgesaoxjM^et nousfRsniiençàniesilA pj^ière^^e tDn» leir fugittfsi f épétaîevt r « Bon IMquv qui vdt9. les « injures où novf smimes expovésrà tonte beur^v devinec nous de ks supporter et de les piréomier c^aritabled finealL^ AffctnoBSHROus^ de bien en mieux* » hs s'étaïent attendasà des* inîme», à^ de» eàf'yVtm parole» les étomnèneat; Nous a^evâmes notre culte' en chanlant le psanme'Cxn.. Ce entendant, les fenunei se mireFnt à pleuper. Sites lavèrent la boue dont: le risage de n<os enfants était eou^evt^ obtinrent qor on noas mit daae une grande séparéfoentdes galériensi.. Ce qui. fini âiit. »

Dur el cruel exiM Laisser tout, partir vuiné I YoilA ee que la démencedu coi acooirie aux protestants. N'importe. Us eu profitent. Tonte^ la beui^oiste feit sans bruit son petit paquet^ se précipite à la fronJâère, Et alors le roi se repent. On fait dans les familles une barbare distineliion. On laisse aller les hommes^ maïs on garde tes femmes, plusidète^à l€ur foi. Eltes^iestentenfermées aux eouvents ou aax.eaehots des dtadelles, poot plenrer toute leur vie, à jamais^ séparées de leurs maris^^ de teursenftusts; -^ S»'ils pavtent^ ees maris^c'est peur parler leur épée au^ prinee d'Ovan^e.. Le roi regrette alovs <f ayoir été si bon ; il referme tes frontières, occupe tes routes et tes passages, refait de la France un cachot. Il emploie son armée à garder ses ^Qte).'

Du pesée, te pfaipart étatent cloués an sd par la misère, n'ayani pas «aérne le petit viatique qui rené te fuîÉe possible. Les trois eeait miHe qui partent, ee sont des gens aisés, pour la plupart. Les sept on huit cent mille qui restent sent les p«Hintes^

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