‹ Histoire de GignyChapitre 233 sur 356 · chapitre lvi. Art · texte numérisé non relu

chapitre lvi. Art

mage, comme un fief, se transforma en emploi de grandchambellan. Certains évêques, quelques grands seigneurs, ont aussi eu des chambriers, des chambellans. De nos jours encore, on appelle en la cour de Rome, camerlingue , ou chambrier dupapt, le cardinal qni préside h la chambre apostolique, administre la justice, fait battre monnaie, régit l'état de l'église et en a le gouvernement temporel pendant la vacance du siège.

S 2. Saint Benoît avait établi dans les monastères un prévôt ou préposé pour les affaires temporelles, pour l'administration des biens. Il était nommé par l'abbé et avait la principale autorité après lui, tint au dedans qu'au dehors du cloître. On voit, par les chartes de notre recueil, qu'il y avait des prévôts dans Pabbaye de Gigny en 981 et 1076, lesquels remplaçaient probablement les Apocr'uiairei des couvents, dont parlent les lois romaines. Mais, en général, dès le milieu du onzième siècle, ces officiers furent supprimés partout, comme ayant trop de puissance, abusant des revenus et faisant souffrir les moines. Or, H parait qu'à cette même époque, on créa en remplacement l'office de chambrier. Nous voulons, disait alors saint Hugues, abbé de Cluny, que chacune de nos provinces ait un ou deux proviseurs auxquels nous donnons le titre de chambriers. En effet, on trouve déjà des chambriers h Cluny en 1070, 1084, 1095, 1109, etc. ; à Lyon en 1073, etc.; à Besançon en 1083, etc.

Dans l'abbaye de Cluny et dans les autres monastères, le chambrier, autrement camérier, chamarier, chambarier, était le procureur des frères, comme disait Pierre-le- Vénérable, le gardien du vestiaire chargé d'acheter ce qui le concernait, le receveur de l'abbaye , l'administrateur gérant du temporel, de la culture, des troupeaux, des comestibles, etc. Il paraît même qu'en 1084, il faisait à Cluny les fonctions de réfecturier. Il y était aussi chargé des aumônes de rentrée du carême ou du carnaval, accompagnées d'une dis-

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tributiou de lard ou autre viande. Mais, dans les derniers siècles , cet office s'était converti en véritable sinécure , du moins à Gigny , car on a vu que le chapitre se nommait dans son sein un procureur ou receveur spécial (voyez note 149.)

§ 3. Cependant cet office était assez richement doté, pour que le titulaire remplit au moins quelques-unes de ses fonctions. Le beau prieuré de Châtel-Chevreau lui avait été annexé dans le milieu du quatorzième siècle, et celui de la Mngdelciue sous Cuiscaux, depuis un temps immémorial , comme disaient les religieux en 1760; c'est pourquoi le C lio, lit. chambricr se qualifiait prieur de Châlel et de la Maydelcme. Un beau pré situé à Grave, produisant 30 h 40 voilures de foin et portant encore le nom de chamballerie, lui appartenait également, ainsi qu'une partie du bois de Collonozay, un vignoble à Gizia et lieux voisins, une grosse rente due par le sei- Pia« v. gneur de Sainte-Croix, etc., etc. Il occupait une maison particulière, sur la porte de laquelle on voit un écusson armorié , portant la date de 1726 , année où elle fut reconstruite ou réparée par M. de Larrians. Dans le mur méridional se trouve aussi la pierre sculptée aux armes du chambrier Marc de Montagu, dont il a été parlé au chap. XXIII ci-devant. Un bel enclos dépendait de cette rua ff. maison.

Les revenus de cet office furent évalués en 1788 (y com- M* pris a la vérité le beau prieuré de Donsurre qui n'en dépendait pas), a 10,425 fr., dont 3,000 fr. en Bresse, 5,400 fr. en Bourgogne, et 2,025 fr. en Franche-Comté. Us se trouvèrent réduits à 3,290 fr. après la suppression des dîmes et des droits féodaux. On les appréciera mieux par le détail qui en fut donné en 1760, parles religieux eux-mêmes, avec la minime valeur de cette époque.

Maison et enclos a Gigny.

Valeur de 216 mesures d'avoine, de 24 mesures de fro-

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