‹ Histoire de GignyChapitre 29 sur 356 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Saint HUGUES , i.» prieur.

Réduction de l'abbaye de Gigoj eo prieuré conventuel.

S 1« L'abbaye de Cluny ne se contenta pas d'avoir rangé à son ordre celle de Gigny et de tant d'autres lieux célèbres. Ce nom d'abbaye lui était sans doute odieux ou importun , parce qull indiquait toujours une sorte d'égalité. C'est pourquoi , toutes ces abbayes furent réduites en prieurés conventuels. Cette grande usurpation parait avoir été consommée en l'an 1095 , à la sollicitation de saint Hugues, au concile 1095 de Clermont en Auvergne, auquel il assista. Le pape Urbain c. 4o. II , qui avait été son disciple et moine a Cluny sous lui , y fit cette grande concession à son ancien supérieur

Après la mort de ce pape, arrivée en 1099, l'abbé de Cluny, qui avait l'astuce du serpent, comme disait Grégoire VII en 1075, eut grand soin de faire confirmer cette mesure hardie par Paschal II , son successeur. En conséquence , par une bulle donnée à Anagny le 15 novembre de l'an 1100 , et noo adressée à saint Hugues, il confirma non -seulement tous G. 49.

(i5) Cependant, te monastère de Gigny ne se trouve pas encore recensé arec les autre», dans une balle do pepe Urbain, en 105 5, confirmât ive des biens et dépendance* de l'abbaye de Clony. Bibtioih, Cl un. Col. 5iC.

36 HISTOIRE DE G1GHY.

1100 Ie* avantages accordés a Gluny par les papes Grégoire VII et Urbain II, mais il disposa encore qu'à l'avenir il ne serait nommé aucun abbé dans les monastères soumis à ce chefd'ordre qui s'en trouveraient alors dépourvus , et que tous ces prieurés , toutes ces celles dépendraient entièrement de l'abbé Hugues et de ses successeurs. Il ajouta que leurs églises et chapelles seraient franches et exemptes de tout impôt , sauf le droit disciplinaire de l'évéque sur les prêtres qui compromettraient la dignité de leur ordre, en exceptant toutefois les églises qui n'étaient pas alors sous la juridiction de l'évéque , et qui ne dépendaient que de leur abbé.

Cette bulle donne ensuite la nomenclature de tous les monastères dont il s'agit , et au nombre desquels se trouve non-seulement Gigny , mais encore Nantua , Romain-Moutier, Saint'Marcel , Paray , Marcigny, Charlieu, La Charité, Souvigny, Saint-Martin d'Auxy , Saint-Vivant sous Vergy , Saint-Orient d'Ausch -, etc., etc. D'autres bulles analogues confirmèrent à l'abbaye de Cluny tous ces monastères , y compris celui de Gigny, en 1109, 1125, 1204, 1272, 1278,ctc.

Il est a croire qu'en suite de cette bulle, saint Hugues resta chef du prieuré conventuel de Gigny, comme, depuis 1076, il en était resté abbé. Au moins , on ne trouve aucun indice qu'il y ait eu un autre titulaire avant sa mort.

S 2. Saint Hugues était né en 1024 de parents très nobles, a Semur-en-Brionnais. Il était fils de Dalmace, seigneur de Semur, et d'Arembergede Vergy. Après avoir fait ses premières études à Chalon-sur-Saône , il entra a Cluny à l'âge de quinze ans , y reçut l'habit religieux des mains de saint 4 Odilon , en devint prieur quelques années après , et en fut nommé abbé à l'unanimité , en 1049 , après la mort d'Odilon. C'est lui qui, aidé des libéralités d'Alphonse VI, roi de Castille , fit édifier, de 1089 à 1109, la magnifique basilique de Cluny, démolie après 1793, la plus belle église de la chrétienté après celle d* Saint-Pierre à Rome. Il fit

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