‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 2)Chapitre 77 sur 103 · LIVRE (Y, CHAP · texte numérisé non relu

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pédagogue. Au contraire, je commencai à dorer la pilule, et j'entrepris de prouver que ce projet fou n’était qu'un jeu d'esprit agréable et sans conséquence. Je ne me souviens plus de ce que fe tui dis pour lui prouver cela; mais elle se rendit à mes raisons, les amants étant bien aises qu'on flatte leurs plus folles imaginations. Nous ne regardâmes donc plus cette entreprise téméraire que comme une comédie dont il ne fallut songer qu’à bien concerter la représentation. Nous choisimes nos acteurs dans le domestique, puis nous distribuâmes les rôles; ce qui se passa sans clameurs et sans querelles, parce que nous n'étions pas des comédiens de profession. 1] fut résolu que la dame Ortiz ferait la tante d’Aurore, sous le nom de dona Ximena de Guzman; qu'on lui donnerait un valet et une suivante; et qu’Aurore, travestie en cavalier, m'aurait pour valet de chambre, avec une de ses femmes, déguisée en page, pour la servir en particulier. Les personnages ainsi réglés, nous retournâmes à Madrid, où nous apprimes que don Luis était encore, mais qu’il ne tarderait guère à partir pour Salamanque. Nous fimes faire en diligence les habits dont nous avions besoin. Lorsqu'ils furent achevés, ma maîtresse les fil emballer promptement, attendu que nous ne devions les mettre qu’en temps et lieu. Puis, laissant le soin de sa maison à son homme d’aflaires, elle partit dans un carrosse à quatre mules, et prit le chemin du royaume de Léon, avec tous ceux de ses domestiques qui avaient quelque rôle à jouer dans cette pièce.

Nous avions déjà traversé la Castille vicille , quand l’essieu du carrosse se rompit. C'était entre Avila et Villaflor, à trois ou quatre cents pas d'un château qu’on apercevait au pied d’une montagne. La nuit approchait, et nous étions fort embarrassés. Mais il passa par hasard auprès de nous un paysan qui nous tira d’embarras , sans qu'il y mit beaucoup du sien. Il nous apprit que le château qui s’offrait à notre vue appartenait à dona Elvira, veuve de don Pedro de Pinarès: ct il nous dit tant de bien de cette dame, que ma maitresse m’envoya au château demander de sa part un logement pour nuit. Elvire ne démentit point le rapport du paysan vrai que je in’acquittai de ma commission d’une manière qui l'aurait déterminée à nous recevoir dans son château quand

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w'en fat point ébranlée. Blanche reprit enfin ses esprits, plas

le vif ressentiment de sa douleur que par l'eau que Sil- Feat ll jeta sar le visage; et lorsqu'en ouvrant ses yeux languissants elle l'aperçut qui s‘empressait à la sccourir : Seigneur, Jui dit-elle d'une voix presque éteinte, j'ai honte de vous laisser voir ma faiblesse; mais La mort, qui ne peut tarder à finir mes tourments, va bientôt vous délivrer d'une malheureuse fille 28 FE ra ro ar

Blanche ; mais, seigneur, le roi m'avait fait espérer. Ma fille, interrompit à son tour Siffredi, je sais tout ce que vous pouvez dire là-dessus. Je n'ignore pas votre tendresse pour ce prince, et je ne ls désapprouverais pas dans d'autres conjonctures, Vous me verriez même ardent à vous assurer la main d'Enrique, si l'intérèt de sa gloire et celui de l'État ne l'obligeaient pask la donner’ Constance. C'est à la condition seule d’épouser cuite princesse que le feu roi l'a désigné son successeur. Voulezvous qu'il vous préfère à la couronne de Sicile? Croyez que

premio iépouse Constance. Le connétable ere dégagez-la, je vous en prie; et, s'il est nécessaire, pour vous PR nie me menée: mue ri Je vous V'or-

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{ont possible à l'amour du roi, cette pensée l'aMiçea vivement. Mais, bien loin de Matter Les soupçons jaloux de son gendre, illai représenta d'un air d'assurance que cette voix qu’il s'imaginait avoir entendue, et cette épée qui s'était opposée à la pr Era Prperenaiq r perks ae était impossible que quelqu'un te Sd safes qu'à l'égard de la tristesse qu'il avait remarquée dans son épouse, quelque indisposition l'avait. rh causée; que l'honneur ne devait point être responsable des altérations du tempérament ; que le change. 18ent d'état d'une fille accoutumée à vivre dans un désert, ot qui se voit brusquement livrés à un homme qu'elle n'a pas cu Le temps de connaître et d'aimer, pouvait bien être la cause de ces pleurs, de ces soupirs et de cette vive affliction dont il se plaignait; que l'amour, dans Le cœur des filles d'un sang noble, ne sallamait que par le temps et par les services; qu'il Vexhortait & calmer ses inquiétudes, à redoubler sa tendresse tt ses empressements pour disposer Blanche à devenir plus sensible; ot quilt le priait enfin de retourner vers elle, persualé que ses défiances et son trouble offensaient sa vertu. Le connétable ne répondit rien aux raisons de son beaupère, solt qu’en effet il commencét à croire qu'il pouvait s’être dans le désordre où était son esprit, sait qu'il jugedt plus à propos de dissimuler que d'entreprendre inutilement de convaincre le vieillard d'un événement si dénud de vraisem-

que relâche ps aan la triste Blanche n'était pas plas tranquille; elle n'avait que trop entendu les mémes choses que son époits, of ne pouvait prendre pour illusion une aventure dont elle savait le secret et les motifs. Elle était sur prise qu'Enrique cherchät à s'introduire dans son appartement, après avoir donné si solennellement sa foi à la princesse Con stance. Au lion dos'applaudtir de cette démarche et d'en sentir quelque ote, elle ls regardait comme un nouvel outrage, et son cœur en était Wat enflammeé de colère.

FLAT eh Bi tre sie contre le jeune roby

coapable des hommes, heureux Lai ania es anche, scabaltal de os

à Ja dame Ortiz, et ils eurent tous trois une conversation où don Luis ft voir qu'en peu de temps il s'était laissé fort én- Mammer, L'udroité Kimena feignit d'être touchée de toute là tendresse qu'il faisait paraître, et promit au cavalier de faire fous ses efforts pour engager sa nièce à l’épouser. Pacheco se aux pieds d’une si bonne tante pour la remercier de ses tés. Li-dessus don Félix demanda si sa cousine était levée. Non, répondit la duègne, elle repose encore, et vous né sauriex la voir présentement ; mais revenez cette après-linée, et vous lui parlerez à loisir, Cette réponse de la dame Chimène redoubla, comme vous pouvez croire, la joie de don Luis, qui trouva le reste de la matinée bien long. Il regagna l'hôtel garni avec Mendoce, qui ne prenait pas peu de plaisir à observer et à remarquer en lui toutes les apparences d'un véritable amour.

Ils ne s‘entretinrent que d'Aurore; et, lorsqu'ils eurent ding, don Félix dit à Pacheco : 11 me vient une idée; je s d'avis d'aller chez moa tante quelques moments avant vou: je veux parler en particulier à ma cousine , et découvrir, sil est possible, dans quelle disposition son cœur est À votre égard, Don Luis opprouya cette pensée; il Iaissa sortir son ami, et ne partit qu'une heure après lui. Ma maîtresse profita si bien de ce temps-là, qu'elle était habillée en femme quand son amant arriva. Je croyais, dit ce cavalier après avoir salué Aurore et la duègne, je eroyais trouver ici don Félix. Vous le verrez dans un instant, répondit dona Kimena, il écrit dans mon cabinet. Pacheco parut se payer de cette défaite, ot Tia conversation avec les dames, Cependant, malgré la présence de l'objet aimé , il s‘apergut que les heures s’écoulaient sans que Mendoce se montrit; et, comme il ne put s'empêcher d'en témoigner quelque surprise, Aurore changea tout à coup de contenance, se mit à rire, et dit à don Luis : Est-il pos sible que vous n'ayez pas encore le moindre soupçon de la supervherie qu'on vous fait? Une tausse chevelure blonde et des soureils teints me rendent-ils si différente de moi-même, qu'on puisse jusque-là s'y tromper? Désabusez-vous done,

, continua-t-elle en reprenant son sérieux ; apprenez que ion Félix le Mendoce et Aurore de Gueman ne sont qu'une mème personne,

LIVRE IY, CAP. Vial. 209 établissement avec 7 ae de prose de se faire un consi-

Yallais m’éclaircir de la nature d'une fortune faite à si peu ad kesacgete epee yom l'escalier, Bon, licencié Carpanario*. I san

qu'il parai Geetha le robot on roth ravie quiet maison, En effet fout retentissait de la voix du bruyant licencié, qui entra enfin dans l'antichambre avec un bachelier de ses RE gp aly ne ne us visite. Le sei- , dis-je à Molina, est apparemment un beau Fée. Ou, rma mon aera, en homme qu'a brillantes, des expressions détournées; il est réjoan Mut que ce un parleur impitoyable, il ne pas de se répéter; et, pour n’estimer les choses qu'autarit qu'elles valent, je crois que l'air agréable et comique dont il assalsonnece qu'il dit en fait le plus grand mérite. La meilleure Eee pees ne ferait pas grand honneur à un recueil de

mots.

Tl vint encore d'autres personnes, dont Molina me fit de plaisants portraits. 11 n’oublia pas de me peindre aussi la mure DA EE do mon, godt. Je vous donne, me dit-il,

notre patronne pour un esprit assez uni, malgré sa philoso~ hie. Elle test polat d'une humeur difficile, et ona peu de caprices à essuyer en la servant. C'est une femme de qualité des plus raisonnables que je connaisse; elle n'a même aucune passion. Elle est sans godt pour le jeu comme pour la galanterie, et n'aime que la conversation. Sa vie serait bien en rot aoe a pg larga Le gouverueur, par cet loge, me prévint en favour de ma maitresse. Cependant, RE eee ent DPI ta lenisrsel je ya dre quel fondement je conçus ce soupçon.

Un matin, pendant qu'elle était à sa toilette, il se présenta AP ol tn pal onan de quarante ans, désagréable de

"Tous ces peciraltsy 1 ve derier cutee aires, dapgihaquaient A des amecides eu age dee rg 9 Le Sage vial myo roman *Gumpaners’, lacher, enrilin.

Livne 6, cie. ox. el Pal et l'on disait qu'il avait sous dé qualité.

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carseat te OL sm been cha ail

Ty avait six mots que jé derneurais chez la marquise de - Chaves, et j'étais fort content de ma condition. Mais ta destinée que J'avais à remplir në me permit pas de faire uni plus long séjour dans 1 mason de cette den, ni méme à Madrid, Voici -Yaveture qui m'obliges de m'en éloigner,

Purmi les femmes de ma maitresse, il y en avait nne qu'on appelait Porcie, Outre qu'elle était jeune et belle, je la trouvai d'un sf bor earactére, que je m'y attachai sans savoir qu'il Mme fatdrait dispater son cœur. Le socrétaire de la marquise, homme fler et jaloux, était épris de ma belle. 11 ne s'aperçut pas plutôt dé mon amour, que, sans chercher à s'éclaireir eduetæil Pérceime royal, résolut de une faire tirer l'épéés Pour cet effet, il me donna rendez-vous nn matin dans un en> droit Gearté. Comme c'était un petit homme qui marrivait à peine aux épaules, et qui me paraissait très-faible, je ne le crus pas ant rival fort dangereux. Je me rendis avec confiance ay Hew où i m’avalt appelé. Je comptais bien de remporter une victoire aisée, et de m'en faire un mérite auprès dé Pare cio ; mais l'événement pe répondit point à mon attente. Le petit socrétiire, qui avait deux où trois ans de salle, me dés arme comme tn enfant; et, me présentant la pointe de son épée : Préparetüi, me dit-il, à recevoir le coup de la mort ; ou bien ta parole d'honneur que ti sortiras aujourhui de chez la marquise de Chaves , et que tu ne penseras plus à Purée. Je lui fs volontiers tette promesse, et je ta tins sins répugnance. Je me faisais une peine de paraitre devint les domestiques de notre hôtel après avoir été vaincu, et surtout devant la belle Hélène qui avait fait le sujet de notre combat. Je ne retourna su logis que pour y prendre tout oe

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