LIVRE V, CHAP
principale , je Seignis tout à coup d'avoir une affaire importante. Messieurs, dis-je à mes camarades, je viens de me souvenir qu'une personne de Tolède m’a chargé de dire de sa part deux mots à un marchand qui demeure auprès de cette église. Attendez-moi, de grâce, ici, je serai de retour dans un moment. A ces mots, je m’éloignai d'eux. Je cours à l'hôtellerie, je vole à l'armoire, j'en forcé la serrure; et, fouillant dans les havre-sacs de mes jeunes bourgeois, j'y Cie leurs pistoles. Les pauvres enfants! je ne leur en laissai pas seulement une pour payer leur gite; je les emportal toutes. Après cela , je sortis promptement de la ville, et pris la route de Mérida, sans m’embarraseer de ce qu'ils ‘deviendraient.
Cette aventure, dont je ne fis que rire, me mit en état de voyager avec agrément. Quoique jeune, je me sentais capable de me conduire prudemment. Je puis dire que j'étais bien avancé pour mon âge. Je résolus d’acheter une mule, ce que’ je fis en effet au premier bourg. Je convertis même mon havre-sac en valise, et je commençai à faire un peu plus l'homme d'importance. La troisième journée, je rencontrai un homme qui chantait vépres à pleine tête sur le grand chemin. Je jugeai à sun air que c’était un chantre, et je lui dis : Courage, selgneur bachelier, cela va le mieux du monde! Vous aves, à ce que je vois, le cœur au métier. Seigneur, me répondit-il, je suis chantre, pour vous rendre-mes très-humbles services, et je suis bien aise de tenir ma voix en haleine.
Nous entrâmes de cette manière en conversation. Je m'aperçus que j'étais avec un personnage des plus spirituels et des plus agréables. 11 avait vingt-quatre ou vingt-cinq ans. Comme il était à pied, je n’allais que le petit pas pour avoir le plaisir de l’entretenir. Nous parlâmes, entre autres choses, de Tolède. Je connais parfaitement cette ville, me dit le chantre, j'y ai fait un assez long séjour, j’y ai même quelques amis. Et dans quel endroit, interrompis-je, demeuriez-vous à Toléde ? Dans la rue Neuve, répondit-il. J'y demeurais avec don Vincent de Buena Garra ', don Mathias de Cordel, et deux ou trois autres honnétes cavaliers. Nous logions, nous mangions
‘ De Bucna Gare, de boane grille. De Cordel, du cordeus, do la corde. Ces nome sont faits expres pour désiguer des aigrafins, comme don Haphaël les appelle modes vement,
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sité, et je ne voulus point quiller don Alphi intendant de sa maison et m'henora de sa ce fut-il marié, qu'ayant sur le cœur Je tour qu Samuel Simon, il m'envoya porter à ce mar gent qui lui avait été volé. J'allai done faire apt commencer le métier dintendant pau