‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 2)Chapitre 9 sur 103 · LIVRE 3, CHAP. HI · texte numérisé non relu

LIVRE 3, CHAP. HI

demandait pas mieux, se mit à l'apprèter, et ne tarda guère à nous la servir. A la vue de ce nouveau plat, je vis briller une grande joie dans les yeux du parasite qui fit paraître une nouvelle complaisance, c'est-à-dire qu’il donna sur le puisson comme il avait donné sur les œufs. Il fut pourtant obligé de se rendre, de peur d'accident; car il en avait jusqu'à la gorge. Enfin, après avoir bu et mangé tout son soûl, il voulut finir la comédie. Seigneur Gil Blas, me dit-il en se levant de table, je suis trop content de la bonne chère que vous m'avez faite pour vous quitter sans vous donner un avis important dout vous me paraissez avoir besoin. Soyez désurmais en garde contre les louanges, défiez-vous des gens que vous ne conuaitrez point. Vous en pourrez rencontrer d’autres qui voudront, comme moi, se divertir de votre crédulité, et peut-être pousser les choses encore plus loin : n’en soyez point la dupe, et ne vous croyez point, sur leur parole, la huitième merveille du monde. En achevant ces mots, il me rit au nez, et s'en alla.

de fus aussi sensible à cette baie que je Vai été dans la suite aux plus grandes disgraces qui me sunt arrivées. Je ne pouvais me consoler de m'ètre laissé tromper si grossièremeut, ou, pour mieux dire, de sentir mon orgueil bumilié. Eh quoi! dis-je, le traitre s’est donc joué de moi? Il n'a tantôt abordé mon Lote que pour lui tirer les vers du nez, ou plulôt, ils étaient d'intelligence wus deux. Ab! pauvre Gil Blas, meurs de bonte d'avoir donné à ces fripons un juste sujet de te tourner en ridicule. Us vont composer de tout ceci une belle histoire qui pourra bien aller jusqu'à Oviédo, et qui l'y fera beaucoup d'honneur. Tes parents se repentiront sans doute d'avoir tant ha angué un sot : lin de m'exhorter à ne tromper personue, ils devaient me recommander de ne me pas laisser duper. Agité de ces pensées mortitiantes, enflammé de dépit, je m'enfermai dans ma chambre et me mis au lit; mais je ne pus dorinir, et je n'avais pas encore fermé l'œil, lorsque le Muletier me vint avertir qu'il n'attendait plus que moi pour partir, Je me levai aussitôt; et, pendant que je m'habillais, Corcuelo arriva avec un mémoire de la dépense, dans lequel La truite u'était pas oubliée; et uon-seulement il m'en fallut passer par vil il voulut, mais j’eus encure le chagrin, eu lui

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