LIVRE Xt, CHAP. VII
Je t'en félicite, Ini repartis-je, mon cher Nunex; tu as fort ‘Hien fait, mon ami, mais gare la rechute! Oh! me repartit-il tin ai résolu, c'est ce que je n'appréhénde point du tout, Fai pris une ferme résolution d'abandonner les muses: quand fu es entré dans cette salle, je composais des vers pour leur dire un éternel adieu. Monsieur Fabrice, lui dis-je en branlant fa tête, je ne sais si nous dévons, le père de Saint-Dominique ct moi, nous fier à votre abjuration : vous me paraisses furleusement épris de ces doctes pucelles. Non, non, me répondit-il, j'ai rompu tous les nœuds qui m’attachaient à elles. Yai plus fait, j'ai pris le public en aversion, et ma haine est Juste. fl ne mérite pas qu'il y ait des auteurs qui veuillent Jui consacrer leurs travaux ; je serais fiché de faire quelque production qui tui plat. Ne crois pas, continua-t-l, que le chagrin me dicte ce langage; je te parle de sang-froid. Je mépris antant les applaudissements du public que ses sifllets. On ne sait qui gagne ot qui perd avec loi : c'est un capricieux qui pense aujourd’hui d'une façon, et qui demain pensera d’une autre. Que les poëtes dramatiques sont fous de tirer vanité de leurs pièces quand elles réussissent! Quelque bruit qu'elles fassent dans leur nouveauté sur La scène, elles se soutiennent rare ment après l'impression; et si on les remet au théâtre vingt ans après, elles sont pour la plupart assez mal rèçues, La génération présente accuse de mauvais goût celle qui l'a précédée, et sex jugements sont contredits à leur tour par ceux de Ja génération suivante. C'est ce que j'ai toujours remarqué, et de là je conclus que les auteurs qui sont applandis présentement doivent s'attendre à être sifilés dans la suite. I] en est de même des romans et des autres livres amusants qu'on met au jour; quoiqu'ils aient d'abord unc approbation générale, ils tombent insensiblement dans le mépris, L'honveur qui nous revient de Vheureax suceés d'un ouvrage n'est donc qu'une pure chimère, qu'une illusion de l'esprit, qu'un feu de paille dont la fumée se dissipe bientôt dans les airs.
Quoique je jugeasse bien Je poëte des Asturies ne parfait ainsi que par mauvaise , de ne fis pas semblant de m'en apercevoir. Je suis ravi, lui dis-je, que tu sois dégoûté du bel esprit, ct radicalement guéri de la rage d'écrire, Tu peux compter que je te ferai donner incessamment
LIVE Xt, CHAP. Vin. xt
‘fontiance avec le seigneur Carnero', son premier secrétaire, Carnero s'était servi du mime moyen que moi pour plaire
D Son Excellence; et fl y avait si bien réussi, qu'elle lui faimit part des mystères du cabinet, Nous étions donc, ce seenttaire et moi, Les deux confidents du premier ministre et les dépositaires de ses secrets; avec cette différence, qu'il ne parlait à Carnero que d'aflaires d'État, et qu'il ne m’entrete-
nait que de ses intéréts particuliers; ce qui faisait, pour ainsi
dire, nis séparés dont nous étions également
satisfaits l'an et l'autre. Nous vivions ensemble sans jalousie
‘comme sans amitié. J'avais sujet d'étre content de ma place,
qui, me donnant sins cease occasion d'être avec le comte-duc,
me wneltait à portée de voir le fond de son âme, que, tout dis-
simulé qu'il était naturellement, iL cessa de me cacher lorsqu'il
ne douta plus de la sincérité de mon attachement pour lui.
Santillane, me dit-il un jour, tu as vu le duc de Lerme jouir d'une autorité qui ressemblait moins à celle d'un ministre fiyori qu'à la puissance d'un monarque absolu ; cepen- Want je suis encore plus’ heureux qu'il n'était au plus haut polut de sa fortune. fl avait deux ennemis redoutables dans le duc d'Usède, son propre fils, et dans le confesseur de Philippe 111, au lieu que je ne vois personne auprès du roi qui ait asses de crédit pour me nuire, ni mème que je soupçonne de mauvaise volonté pour moi.
TL est vrai, poursuivit-il, qu'à mon avénement au ministère, Jal eu grand soin de ne souffrir auprès du prince que des mjets à qui le sang ou l'amitié me lient. Je me suis défait, par des vice-royautés ou par des ambassedes, de tous les seigneurs qui, par leur mérite personnel, auraient pu m'enlever quelque portion des bonnes grâces du souverain, que je veux posséder entièrement; de sorte que je puis dire, à l'heure qu'il et, quaueun grand ne fait ombne à mon enédit. Tu vois, Gil Blas, ajouta-t-fl, que je te découvre mon cœur, Comme j'ai View de penser que tu n'es tout dévoué, je l'ai choisi pour mon confident. Tu as de l'esprit; je te crois sage, prudent, discret: en ut ot, Lu me parais propre à te bien acquitter de vingt sortes de commissions qui demandent un garçon pleis d'in-
! Carern, ewonica:
LAVRE XM, CHAP. 1. 709
lui repartis-je, et c'est de quoi je me charge; vous le recevrez avant huit jours. Je me fais un plaisir d'enlever Lucrèce aux Tolédans : une actrice si jolie est faite pour les gens de cour; elle nous appartient de droit.
Lucrèce entra dans la chambre au moment que j'achev ces paroles. Je crus voir la déesse Hébé, tant elle était mignonne et gracieuse. Elle venait de se lever; et sa beauté naturelle, brillant sans le secours de l'art, présentait à la vue un objet ravissant. Venez, ma nièce, lui dit sa mère, vencz remercier monsieur de la bonne volonté qu'il a pour nous : c'est un de mes anciens amis qui a beaucoup de crédit à la cour, et qui se fait furt de nous mettre toutes deux dans la troupe du prince. Ce discours parut faire plaisir à la petite fille, qui me fit une profonde révérence, et me dit avec un souris enchanteur : Je vous rends de très-humbles actions de grâces de votre obligeante attention; mais, seigneur, je ne sais si elle ne tournera pas contre moi. En voulant m'ôter à un public qui m'aime. êtes-vous sûr que je ne déplairai point à celui de Madrid? Je perdrai peut-être au change. Je me souviens d’avoir oui dire à ma tante qu'elle a vu des acteurs briller dans une ville, et révolter dans une autre; cela me fait peur. Craignez de m'exposer aux mépris de la cour, et vous à ses reproches. Belle Lucrèce, lui répondis-je, c’est ce que nous ne devons appréhender ni l'un ni l’autre; je crains plutôt qu’enflammant tous les cœurs, vous ne causiez de la division parmi nos grands. La frayeur de ma nièce, me dit Laure, est mieux fondée que la vôtre; mais j'espère qu'elles seront vaines toutes deux. Si Lucrèce ne peut faire de bruit par ses charmes, en récompense elle n’est pas assez mauvaise actrice pour devoir être méprisée.
Nous continuèmes encore quelque temps cette conversation, et j’eus lieu de juger, par tout ce que Lucrèce y mit du sien, que c'était une fille d’un esprit supérieur; ensuite je pris congé de cs deux dames, en leur protestant qu'elles auraient incessamment un ordre de la cour pour se rendre à Madrid.
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Amon retour à Madrid, je trouvai le comte-duc fort patient d'apprendre ie outs & me venir fl Mes
qu'un La fasse venir à la % Mi la resemumde, qui loue a ont plus qu'il ne faut les belles personnes, me dit pa | de bien do la jeune Lucrève ; é'est am sujet admir à pour sa beauté que pour ses talents.
Estil possible, s‘éeria le m e avec une satisfaction intéricure que je lus dans ses ,., ef qui me Bt penser que C'était pour son propre comple qu il m'avait envoyé à Tolède, ea possible qu'elle soit aussi ain able que tu le dis? Quand vous be verrez, tai repartis-je, vous avoueres qu'on ne paul Lire si dloge qu'au rabais de ses charmes. Santillane, repris Sen Evcellence. falsanot une lidele relation de ton voyage; je serai bien aise de l'entendre. Alors, prenant la parole pour cva@tcuter mon maitre, je lui cuntai jusqu'à l'histoire de Laure inchesivement, Je lui appris que cette actrice avait eu Lucrèce de marquis de Marialva. seizneur portugais, qui, s'étant arrèté à Gresade en voyageant. clail devenu amoureux d'elle. Entin, quand j'eus fait à monseizneur un détail de ce qui s'était passé entre ces comediennes et moi, il me dit : Je suis ravi que La ere soit fille d'un homme de qualité; cela m'intéresse pour elle envure davantage: il faut Vattirer ici. Mais, mon ami, je te revommande une chose : continue, ajouta-t-il, comme tu 4s commencé; ne me mêle point là dedans : que tout roule sur Gil Blas de Santillane.
J'allai trouver Carnero, à qui je dis que Son Excellence voulait qu'il expédiät un ordre par lequel le roi recevait dans sa troupe Estelle et Lucrèce, actrices de la comédie de To lède. Oui da, seigneur de Santillane, répondit Carnero avec un souris malin, vous srez bientôt servi, puisque, selon toutes les apjarences, vous vous intéressez pour ces deux dames. Au reste, j'espère qu'en faisant ce que vous souhaktes, le public y trouvera aussi son compte. En même temps,
12 Gr MAS,
Tolède a été heureux. Je sais charwié de tn Lucréee, ef jeu doute pas que le roi ne prenne plaisir & la voir,
CHAP. 111, —Lucrece fait grand bruit à La cout, et jem dant he shy pl an dti amoureux. Suiles de crt ame.
Le début des deux actrices nouvelles fil bientôt du bruit la cour; dès le lendemain, il en fut parlé au lever dir i. Quelques seigneurs vantèrent r—-ut la jeune Luerèce: isen firent un si beau portrait, qu monarque en fut frappé; mais, dissimulant l'impression — leurs discours faisaient sur lui, il gardait le silence, et semi n’y prêter aucune attention.
Cependant, d'abord qu'il se; ra seulavec le comite-due, il lui demanda ce que c'était qi ertainemetrice qu'on louait tant. Le ministre lui répondit + c'était une jeune comédienne de Tolède, qui avait | té le soir précédent avec beaucoup de succès. Cette actrice, ajouta-t-il, se nomme = crèce, nom fort convenable aux personnes de sa elle est de la connaissance de Santillane, qui m'a dit elle tant de bien, que j'ai jugé à propos de la recevoir dans la troupe de Votre Majesté. Le roi sourit en entendant prononcer mon nom: peut-être qu'il se ressouvint dans ce moment que c'était moi qui lui avais fait connaître Catalina, et qu'il eut un pressentiment que je lui rendrais le mème service dans cette « ; dit-il au ministre, je veux voir jouer dès demain cette Lucrèce; je vous charge du soin de Je lui faire savoir.
Le comte-duc m'ayant rapporté cet entretien et appris l'intention du roi, mr'envoya chez nos deux comédiennes pour les en avertir. Je m'y rendis en diligence. Je viens, dis-je à Laure, que je rencontrai la première, vous annoncer une grande nouvelle: vous aurez demain parmi vos spectateurs le souverain de la monarchie ; c’est de quoi le ministre m'a ordonné de vous informer. Je ne doute pas que vous ne fassiez tous vos efforts, votre fille et vous, pour répondre à l’honneur que ce monarque | veut vous faire ; mais je vous conseille de choisir une pièce où il y ait de la danse et de la musique, pour lui faire admirer tous les talents que Lucrèce possède. Nous suivrons votre conseil, me répondit Laure ; nous n'a runs garde d'y manquer, et il ne tiendra pas à nous que le
témoigné qu'il serait bien aise de t'entretenir là-dessus en particulier : va de ce pas te présenter à la porte de sx chan bre, où l'ordre de te faire entrer est déjà donné; course reviens promptement me rendre compte de cette conversation.
Je volai d'abord chez le roi, que je trowvai seul. 1 se pré menait à grands pas en m’attendant, et paraissait avoir la tite embarrassée. 11 me fit pl questions sur Eucrèté, dont il m'obligen de lui cont. toire ; ensuite il me demanda si la petite personne p pas déjà eu quélque calanterie. J'assurai bardiment | 3, malgré Ja témérité de ees sartes d'assurances ; ce qus varat faire au prince un fort grand plaisir. Cela étant,r A, jeté choisis pour mon agent auprès de Lucrèce; je yeas jue ce soil de ta bouche qu’elle apprenne ss victoire. Va la ti annonter de tha yairt, ajouta+t-il en me mettant entre |) mains un éerio ob iy avait pour plus de cinquante mille cus de pierreries, et die lui que je la prie d'accepter ce present, en attendant de plis
marques de ma passion.
Avant que de m’acquitter de cette commission, j'allai re joindre le comte-due, à qui je fis un fidele rapport de ce que le roi m'avait dit. Je m'imaginais que ce ministre en serait plus afflizé que néjoui; car je crosais qu'il avait des vues amoureuses sur Lucréce, et qu'il apprendrait avec chagrin que son maitre était devenu son rival; mais je me trom Bien loin d'en paraitre mortifié, il en eut une si grande joie, que, ne pouvant la contenir, il laissa échapper quelques parules qui ne tumberent point à terre. «Oh! parbleu! Phi- » lippe, s'écria-t-il, je vous tiens; c'est pour le coup que les + atlaires vont vous faire peur! » Cette apostrophe me découvrit toute la manœuvre du comte-duc : je vis par la que ce
nant que le prince ne voulüt s'occuper de cherchait &’amuser par les plaisirs les plus couvenables à son humeur !. Santillane, me dit-il ensuite, ve
* Tos ces details woat historiqees. On à dit de Philippe IV : « C'était un prises > qu avail nature lreut Lav ages grande capacité, et sul ett en une meilleure cde à cativa ef Mt parvrou à Li coaroace moins j ace, il aurait certainement régné avce > ples de chore; mais les artitces d'Olivares, ca nourrisant le penchant de ce prises > pour fe placuir, en lus grossimant ba fatigue des afhires, et en lui pertesdant que ct > misinre mufrau lnhaidme ue eepece de martrre pour soulager le roi du fardest > du pourersement, lavairet eatreteau si leegtemps dans Tindoleace, qu'il fat boo
— pus = cmpécher de ms dire que la chose nf t, pe vous dclae que je me pas on nez oun de se croire bomarée de be tendresse pas w= ta elle cos cet hammeur comme une infamir, 2 gemnd goer me << us mauvais emi de s'y dé- 2 fees doe, — Be, je vous dirai s'il faut
ae. de 0 clé, me pouvant x som ni de et Avr sa mat à ne Files Penileutes,
Las sou à unir. aed oe pant guère sensible A ME à de ASS pus den étre aailié. ce que k eeu Lau jus de jeun à crue.
MLS ve ue me ama mate 1 Soncche.
æ mulbeur de Locréee: et eimbae. que, me recardant dz amant deat j'avais voces bambvemer pear jamais be a ML Taha 22 metre ka répamanee que
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Snes er mange oe Ls Vallee. ts mere ame an cree
n'as qu'à parler; j'en ai nn à te donner. Oh! parbleu, dit le fils de la Coscolina, i! n'y a point à balancer; j'aime mieux remplir un bon emploi auprès de votre seigneurie, que de n'exposet de nouveau aux périls d'une longue navigation, quelques avantages qu'il m'en pit revenir. Expliquez-vous, mon maitre; quelle occupation destinez-vous à votre serviteur ?
Pour mieux le mettre au fait, je lui contai l’histoire du petit seigneur que le comte-dne venait d'introduire dans la maison de Guzman. Après lui... ir fait ce détail curieux, et lui avoir appris que ce minis l'avait nommé gouverneur de don Henri, je lui dis que ji lais le faire valet de chambre de ce fils adopté, Scipion, ne demandait pas mieux, accepta volontiers ce poste, et + smplit si bien, qu'en moins de trois ou quatre jours, il s'attirs la confiance et l'amitié de son nouveau maître.
Je m'étais imaginé que les pédagogues dont j'avais fait choix pour endoctriner le fils de la Génoise y perdraient leur latin, le croyant à son âge un sujet peu disciplinable; néanmoins je me trompai. fl comprenait et retenait aisément tout ce qu'on lui enseignait; ses maitres en étaient très-contents. J'allai avec empressement annoncer cette nouvelle au comte-duc, qui la reçut avec une joie excessive. Santillane, s’écria-t-il avec transport, tu me ravis en m’apprenant que don Henria beaucoup de mémoire et de pénétration : je reconnais en lui mon sang; et, ce qui achève de me persuader qu'il est mon fils, c'est que je me sens autant de tendresse pour lui que si je Veusse eu de madame d'Olivarès. Tu vois par là, mon ami, que la nature se déclare. Je n'eus garde de dire à monseigneur ce que je pensais là-dessus; et, respectant sa faiblesse, je le laissai jouir du plaisir de se croire père de don Henri.
Quoique tous les Guzmans eussent une haine mortelle pour ce jeune scigneur de fraiche date, ils la dissimulérent par poe; il y en eut même qui affectèrent de rechercher son amitié : les ambassadeurs et les grands qui étaient alors à Madrid le visitèrent, et lui firent tous les honneurs qu'ils auraient rendus à un enfant légitime du cmte-duc. Ce ministre, ravi de voir encenser son idole, ne tarda guère à la parer de dignités. IL commença par demander au roi, pour don Henri,
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Je been de l'État, avait jugé à propos de me gratifier de lettres de noblesse. Jose dire, à ma louange, qu'elles ne m’inspi-
mes patentes dans un tiroir, sans me vanter d'en être pourvu.
RAP FIL — Eu Blas encontre à ar Haeant. De fa dernière cooversun qu'ils eurvnt ensemble, et à ME que Names donna à Santillane.
Le pote des Asturies, € a dil le remarquer, me méghgenit assez volontiers . ‘té, mes occupations ne me permettaient guère de oir; de sorte je ne
Faxais point revu depuis le yours à dissertation sur V'Iphigui d'Euripide. Le hasard me le ut encore rencontrer près de La porte da Soleil. [I sortait d'une imprimerie. Je l'abordai en lui disant : Ho! ho! mousieur Nunez, vous venez de cher wa imprimeur : cela semble menacer le public d'un nouvel vuvrase de votre composition.
(est à quoi il doit en effet s'attendre, me répondit-il; je te dirai que je me suis avisé de composer une brochure qui et sus la prose actuellement, et qui doit faire grand bruit dans ta republique des lettres. Je ne doute pas du mérite de ta producoen, lui népliquai-je: mais je m'étonne que tu t'amuses à composer des brochures: il me semble que ce sont des colifichets qui ne font pas grand honneur à l'esprit. Il y en a quelquefoés de bonnes, repartit Fabrice. La mienne, par exemple, est de ce nombre. quoïqu'elle ait été faite à la hâte: car je Uavouerai que c'est un enfant de la névessité. La faim, comme tu sus Cut sortir le loup hers du bois.
Comment! w'écriai-je, la faim! Est-ce l’auteur du Comte de Salheyne qui me tient ce discours? Un homme qui a deux walle ecus de rente peut-il parier ainsi? Doucement, mon ami, daterrnpit Nunez. je ne suis plus ce poste fortuné qui jouissait d'une pension bien payée. Le désordre s'est mis subitemeut dans les affaires du trésorier don Rertran amanié, supe les deniers du roi: tous ses biens sont saisis, et.ma Pensa est alke à tous les diables. Cela est triste, lui disj mais ne te reste-t-il pas encore quelque espérance de ce côlé-
> Pas la mèndre. me régoodit-il; le seimeur Gomez del
de Cenrichit ear ce ruinistre, À ce qu'on m'a ceriy-amsitiiweens Me manche. Je dimandai & Fabrice silenra la de bonne part, et il me répondit; Je tiens cette nouvelle d'un views chevalior de Calatrava qui a un talent tout calier pour découvrir les choses les plus secrètes : on ‘cet lue comme un oracle, et voici ce que je lui entendis dire bier : Le ounfe~duc a un grand d'enneris qui se réunissent us p comple trop sur l'ascendant qu'il a sur l'es Ionarque, à ce qu'an préteal, commence à p- ax plaintes qui déjà vont besqu'h lui. Je pese nd dy Fy Gs pen d'attention ournai au logis, persuadé qe Testes de mea) pébranlable, le regardant comme wn de ces View. unt pris racine dans une
focèt, et que les orages Le — abattre.
SHAE. FUL — Cent SA Bs appt que Davis de Fabrice w'cias point fant, De vorare que le roi M à Sarageane.
Cependant ce que le poste des Asturies m'avait dit n'était pas su udemeut. IL y avait au palais une confédération turuve contre Le cuuute-due, de laqueile on prétendait que la reuw etat le cbet: et toutefois il ne transpirait rien dans le pub des mesures que les confédérés prenaient pour déplaer œuitre. L s'ecoula e depuis ce temps-là plus d’une dunes. Sins que je mM'aperçuss que sa faveur edt reçu la Mowe Atte.
Maus à revuite des Catalans soutenus par la France et les mauvais sut de la guerre cvatre ces rebelles excitérent les murmures du peupie, qui se pluignit du gouvernement. Ces pluntes dounèrent lieu à La tenue d'un conseil en présence du roi, qui voulut que le marquis de Grana, ambassadeur de Uompereur à la cœur d'Espasue, S'y trouvit. Il y fut mis en dviierativn SU était plus à propes que le roi demeurit en Cas- ‘tulle. ou qu'il pussit ea Aragon pour se faire vuir à ses troupes. Le courelue, qui avait envie que ce prince ce partit point your l'armée, para be premier. Il reprise:ta qu'il était plus evovenabla à la majesté royale de De pes sortir du cenire de see Bhais, et dl apperya son sentiment de toutes les raisons que