‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 188 sur 429 · LIVRE VU, CHAPITRE IH · texte numérisé non relu

LIVRE VU, CHAPITRE IH

Cnbles ecclésiastiques, il les punit avec trop de rigueur. D persécute surtout sans miséricorde ceux qui, comptant sur leur innocence, entreprennent de se justifier juridiquement, au mépris de son autorité. Je lui trouve encore un autre défaut qui lui est commun avec bien des personnes de qualité ; quoiqu'il aime ses domestiques, il ne fait aucune attention à leurs services, et il les laissera vieillir dans sa maison sans songer à leur procurer quelque établissement. Si quelquefois il leur fait des gratifications, ils neles doivent qu'à la bonté de quelqu'un qui aura parlé pour eux : il ne s'aviseroit jamais de lui-môme de leur faire le moindre bien. Yoilà ce que le vieux valet de chambre me dit de son maître. Orne dit après cela ce qu'il pensoit de^ ecclésiastiques avec qui nous avions dîné. 11 m'en fit des portraits qui ne s'accordoient guère avec leur maintien. U ne me les donna pas à la vérité pour de malhonnêtes gens, mais seulement pour d'assez mauvais prêtres. U en excepta pourtant quelques-uns dont il me vanta fort la vertu. Je ne fus plus embarrassé de ma contenance avec ces messieurs. Dès le soir même, en soupant, je me parai comme eax d'un dehors sage ; cela ne coûte rien. 11 ne faut pas s'étonner s'il y a tant d'hypocrites.

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