LIVRE YII, CHAPITRE IV
ddscendoit trop bas. G'étoit un discours diffus, une rhétorique de régent use, une capucinade.
Je ne fus pas le seul qui y prit garde. La plupart des auditeurs, comme s'ils eussent été aussi gagés pour l'examiner, se disoient tout bas les uns aux autres: Voilà un sermon qui sent l'apoplexie. Allons, monsieur raii)itre des homélies, me dis-je alors à moimôme, préparez-vous à faire votre oflBce. Vous voyez que monseigneur tombe ; vous devez l'en avertir, non-seulement comme dépositaire de ses pensées, mais encore de peur que quelqu'un de ses amis ne soit assez franc pour vous prévenir. En ce cas-là ?OQs savez ce qu'il en arriveroit ; vous seriez biffé de son testament, où il y aura sans doute pour vous un meilleur legs que la bibliothèque du licencié Sedillo.
Après ces réflexions j'en faisois d'autres toutes contraires : l'arertissement dont il s'agissoit me paroissoit délicat à donner. Je JQgeois qu'un auteur entêté de ses ouvrages pourroit le recevoir mal ; mais, rejetant cette pensée, je me représentois qu'i} étoit impossible qu'il le prit en mauvaise part, après l'avoir exigé de moi d'une manière si pressante. Ajoutons à cela que je comp» tois bien de lui parler avec adresse, et de lui faire avaler la pilule tout doucement. EnGn, trouvant que je risquois davantage à garder le silence qu'à l^rompre, je me déterminai à parler.
Je n'étois plus embarrassé que d'une chose ; je ne sa vois de quelle façon entamer la parole. Heureusement l'orateur luimême me tira de cet embarras, en me demandant ce qu'on disoit de lui dans le monde, et si l'on étoit satisfait de son dernier discours. Je répondis qu'on admiroit toujours ses homélies, mais qu'il me sembloit que la dernière n'avoit pas si bien que les wires affecté l'auditoire. Comment donc, mon ami, répliqua-t-il *vec étonnement, auroit-elle trouvé quelque Aristarque? Non, Qionseigneur, lui repartis-je, non. Ce ne sont pas des ouvrages •risque les vôtres que l'on ose critiquer: il n'y a personne qui ^ en soit charmé. Néanmoins, puisque vous m'avez recommandé "être franc et sincère, je prendrai la liberté de vous dire que ^otre dernier discours ne me paroît pas toute fait de la force des ^l'écédents. Ne pensez- vous pas cela comme moi? Ces paroles flrent pâlir mon maître, qui médit avec un souris ircé : Monsieur Gil Bias, cette pièce n'est donc pas do votre Dût? Je ne dis pas cela, monseigneur, interrompis-je tout dé- ^ncerté. Je la trouve excellente, quoiqu'un peu au-dessous de
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TOB «ntres onyrages. Se vous entcnchi» r^liqiia-i4l. Jb parois baisser, n'e3t-ce pas? Tranches le moi. V(Mi^cniify« •St temps que je songe à la retraite? le n'aurois pas été bardi, lui dis-je, pour vous parler si librement, si Votre i desr ne me l'eût ordoimé. Je ne lus 'donc que lui obéir, • supplie très-humblement de ne ine point savoir mauvais | ma hardiesse. A Dieu ne plaise, interrompit-il avec précipit à Dieu ne plaise que je vous la reproche I II faudroitqo&ji bien injuste. Je ne trouve point du tout mauvais que ^m disiez votre sentiment. C'est votre sentiment seul que ja I mauvais. J*sd été furieusement la dupe de votre inteii bornée.
Quoique démonté, je voulus chercher une nodificatîoa rajuster les choses; mais le moyen d'apaiser un auteur inj de plus un auteur accoutumé à s'entendre louer ! N'en fi plus, dit-il, mon enfant. Vous êtes encore trop jeune pai mêler le vrai du faux. Apprenez que je n'ai jamais eompo meilleure bemélie que celle qui a le malheur de n'avoir pas approbation. Mon esprit, grâce au del, n'a rien encore pei sa vigueur. Désormais je choisirai mieux mes confidenta; veux de plus capables que vous de décider. Allez, poorsp en me poussant par les épaules hors de son cabinet, aUea • mon trésorier qu'il vous compte cent ducats, et que le dd conduise avec cette somme! Adieu,. monsieur Gil Bias; je souhaite toutes sortes de prospérités, avec un peu plus* dag