LIVRE Vm, CHAPITRE IV
!Mt)yautës et des bënéûces. Je règne si j'ose le dire, en pagne. Je ne puis pousser ma fortune plus loin. Mais je vouas la mettre à Tabri des tempêtes qui commencent à la menacer; pour cet effet, je souhaiterois d'avoir, pour successeur au ustère, le comte de Lemos, mon neveu.
j& ministre, en cet endroit de son discours, remarquant que ois extrêmement surpris de ce que j*entendois, me dit : Je s bien, Santillane, je vois bien, ce qui t'étonne. Il te semble t étrange que je préfère mon neveu au duc d'Uzède, mon »pr6 fils. Mais apprends que ce dernier a le génie trop, borné ir occuper ma place, et que d* ailleurs je suis son ennemi. I trouvé le secret de plaire au roi , qui en veut faire son favori ; î'est ee que je ne puis souffrir. La faveur d'un souverain resible à la possession d'une femme qu'on adore ; c'est un bonheur tt on est si jaloux qu'on ne peut se résoudre à le partager avec rival , quelque uni qu'on soit avec lui par le sang ou par
d le montre ici , continua-t-il, le fond de mon cœur. J'ai déjà é de détruire le duc d'Uzède dans l'esprit du roi; et, comme 'ai pu en venir à bout , j'ai dressé une autre batterie. Je veux le comte de Lemos, de son côté, s'insinue dans les bonnes ;e6 du prince d'Espagne. Étant gentilhomme de sa chambre, occasion de lui parler à toute heure ; et , outre qu'il a de )rit , je sais un moyen sûr de le faire réussir dans cette entre- B. Par ce stratagème j'opposerai mon neveu à mon fils. Je i iiaitre entre ces cousins une division qui les obligera tous c à rechercher mon appui ; et le besoin qu'ils auront de moi les rendra soumis l'un et l'autre. Voilà quel est mon projet , ta-t-il ; ton entremise ne m'y sera pas inutile. C'est toi que /errai secrètement au comte de Lemos, et qui me rapporteras a part tout ce qu'il aura à me faire savoir. près celte confidence, que je regardai comme de l'argent ptant, je n'eus plus d'inquiétude. Enfin, disois-je, me voici . ia gouttière; une pluie d'or va tomber sur moi. Il estimpos- I que le confident d'un homme qui gouverne la monarchie ipagne ne soit pas bientôt comblé de richesses. Plein d'une )uce espérance , je voyois d'un œil indifférent ma pauvre ■se tirer à sa fin.
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