‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 273 sur 429 · LIVRE rS, CHAPITRE VI. 49i · texte numérisé non relu

LIVRE rS, CHAPITRE VI. 49i

ioè&nt, êM(tS9 mm(fwr& anne, et qu'elles ne se voyment fini ivent. Ravi de cette découverte, j'allai moi-même trouver, eodora, que f engageai par des présents à me servir. Elle prit ti pour moi, promit de me ménager chez elle un entrelron mt avec son amie, et tint sa promesse dès le lendemain. h cesse d'être malheureux, dis-je à Felicia, puisque mes me» ont excité votre pftié. Que ne dois-je point à votre amie vens avoir disposée à m'accorder la satisfaction de vous enjteirir! Seigneur, me répondit-elle, Theodora peut tout sur )i. Elle m'a mise dans vos intérêts; et, si je pouvois faire votre nheur, vous seriez bientôt au comble de vos vœux : mais avec ite ma bonne volonté, je ne sais si je vous serai d'un grand coure. R ne feut pas vous flatter : vous n'avez jamais formé mtreprise plus difficile. Vous aimez une dame prévenue pour autre cavalier, et quelle dame encore ! Une dame si fière et si isimulée, que si, par votre constance et par vos soins, vous rvenez à lui arracher des soupirs, ne pensez pas que sa fierlé is (fomne lé phiisir de les entendre. Ahl ma chère Felicia, fcriaî-je avec douleur, pourquoi me faites-vous connoître tous obstacles que j'ai à surmonter? Ce détail m'assassine. Tromwnoi plutôt que de me désespérer. A ces mots, je pris une de mains, je la pressai entre les miennes, et je lui mis au doigt diamant de trois cents pistoles, en lui disant des choses si chantes, que je ta fis pleurer.

Slle étoit trop émue d^ mon discours et trop contente de mes niêres;, pour me laisser sans consolation. Elle aplanit un peu dBlctiîtés. Se^nenr, me dît- elle, ce que je viens de vous r&senter ne doit pas vous ôter toute espérance. Votre rival, il ▼raî, n"est pas haï. lï vient au logis voir Rbrement sa co»- 9, 1 M parle quand il lui phît, et c'est ce qui vous est favole. L'habitude où ils sont tous deux d^être ensemble tous les ■s rwicf leur commerce un peu fenguîssant. Us me paroisseni cpftter sans peine et se revoir sans plaisir. On diroit qu'ils t déjà mariés. En un mot, je ne vois poriït que ma maîtresse une passion violente pour don Augustin. lyailleurs, iî y a re vous et kiî, pour les qualités perseunelles, une dîffâ'ence ne doit pas être înutifëraent remarquée par une fille aussf icate que dona Heîena. Ne perdez donc pas courage. Contîi; ycfs galanteries. Je ne laisserai pas échapper une occasion Mre ïTwMr à ma maîtresse tout ce que vous ferez ^ur lui

plaire. Elle aura beau se déguiser, à travers sa dissimulation, je démêlerai bien ses sentiments.

Nous nous séparâmes, Felicia et moi, fort satisfaits Tun de l'autre après cette conversation. Je m'apprêtai sur nouveaux frais à lorgner la fille de don George ; je la régalai d*une sérénade, dans laquelle je Os chanter par une belle voix les vers que vous venez d*entendre. Après le concert, la suivante, pour sonder sa maîtresse, lui demanda si elle s'étoit divertie. La voix, dit dona Helena, m'a fait plaisir. Et les paroles qu'elle a chantées répliqua la soubrette, ne sont-elles pas fort touchantes? C'est i quoi, repartit la dame, je n'ai fait aucune attention. Je n'ai nullement pris garde aux vers, ni ne me soucie guère de savoir qd m'a donné cette sérénade. Sur ce pied-là, s'écria la suivante, le pauvre don Gaston de Cogollos est très-éloigné de son compte, et bien fou de passer son temps à regarder nos jalousies. Ce n'est peut-être pas lui, dit la maîtresse d'un air froid; c'est qnelque autre cavalier qui vient par ce concert me déclarer sa passion : vous êtes dans l'erreur. Pardonnez-moi, répondit Felicia, c'est don Gaston lui-môme, à telles enseignes qu'il m'a ce matia abordée dans la rue ; il m'a même priée de vous dire de sa part qu'il vous adore, malgré les rigueurs dont vous payez son amour; et qu'enfin il s'estimeroit le plus heureux de tous les hommes, si vous lui permettiez de vous marquer sa tendresse par ses soins et par des fêtes galantes. Ces discours, poursuivit-elle, vous prouvent assez que je ne me trompe pas.

La fille de don George changea tout à coup de visage, et regardant sa suivante d'un air sévère : Vous auriez bien pu, lai dit-elle, vous passer de me rapporter cet impertinent entretien. Qu'il ne vous arrive plus, s'il vous plaît, de me venir faire de pareils rapports; et si ce jeune téméraire ose encore vous parler, je vous ordonne de lui dire qu'il s'adresse à une personne qui fasse plus de cas de ses galanteries, et qu'il choisisse un plus honnête passe-temps que celui d'être toute la journée à ses fenêtres à observer ce que je fais dans mon appartement.

Tout cela me fut fidèlement détaillé, dans une seconde entrevue, par Felicia, qui, prétendant qu'il ne falloit pas prendre an pied de la lettre les paroles de sa maîtresse, vouloit me persuader que mes affaires alloient le mieux du monde. Pour moi, qui n'y entendois pas finesse, et qui ne croyois pas qu'on put expliquer le texte en ma faveur, je me défiois des commentaires quelle

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