LIVRE IX, CHAPITRE VII. oOo
)ux mots ce qui s*est passe chez vous. Vos effets ont été pillés nt par des archers que par vos propres domestiques, qui, vous tgardant déjà comme un homme entièrement perdu, ont pris à )mpte sur leurs gages tout ce qu'ils ont pu emporter. Par )nheur pour vous, j*ai eu Tadresse de sauver de leurs griffes 3UX grands sacs de doubles pistoles que j*ai tirés de votre coffre- ^rt, et qui sont en sûreté. Salero, que j*en ai fait dépositaire, ous les remettra quand vous serez sorti de cette tour, où je ne ous crois pas pour longtemps pensionnaire de Sa Majesté, aîsque vous avez été arrêté sans la participation du duc de •erme.
Je demandai à Scipion comment il savoit que Son Excellence l'avoit point part à ma disgrâce. Ohl vraiment, me répondit-il, i*eât une chose dont je suis bien instruit. Un de mes amis qui a a confiance du duc d'Uzède m*a conté toutes les circonstances le votre emprisonnement. Calderone, m*a-t-il dit, ayant découvert par le ministère d*un valet, que la senora Sirena recevoit tous un autre nom le prince d'Espagne pendant la nuit, et que s'était le comte de Lemos qui conduisoit cette intrigue par l'enremise du seigneur de Santillane, résolut de se venger d'eux et le sa maîtresse. Pour y réussir, il va trouver secrètement le duc fUzède, et lui découvre tout. Ce duc, ravi d'avoir en main une 1 belle occasion de perdre son ennemi, ne manque pas d'en rofiter. H informe le roi de ce qu'on vient de lui apprendre, et li représente vivement les périls auxquels le prince a été ex- 38é. Cette nouvelle excite la colère de Sa Majesté^ qui fait ifermer sur-le-champ Sirena dans la maison des Repenties, He le comte de Lemos, et condamne Gil Bias à une prison irpétuelle.
Voilà, poursuivit Scipion, ce que m'a dit mon ami. Vous voyez irlà que votre malheur est l'ouvrage du duc d'Uzède, ou pour [eux dire de Calderone.
Je jugeai par ce discours que mes affaires pourroient se réblir avec le temps ; que le duc de Lerme, piqué de Texil de Q neveu, mettroit tout en œuvre pour faire revenir ce seigneur la cour; et je me flattai que Son Excellence ne m'oublieroit int. La belle chose que l'espérance I Elle me consola tout à up de la perte de mes effets volés, et me rendit aussi gai que j'eusse eu sujet de l'être. Loin de regarder ma prison comme e demeure malheureuse où je finirois peut-être mes \ours, ^Vka
ma parut plutôt un moyen dont la fortune vouloit se m*élever à quelque grand poste ; car void de quelU raisonnois en moi-même. Le premier ministre a po don Femand de Borgia, le père Jérôme de Florenci le frère Louis d'Àlliaga, qui lui est redevable de k occupe auprès du roi. Avec le secours de ces ami Son Excellence coulera tous ses ennemis à fond, oi pourra bientôt changer de face. Sa Majesté est fc naire. Dès qu'elle ne sera plus, le prince son fils < par rappeler le comte de Lemos, qui me tirera « pour me présenter au nouveau monarque, qui m'; bienfaits, pour compenser les peines que j'aura Ainsi, déjà plein des plaisirs de l'avenir, je ne sen plus les maux présents. Je crois bien que les deux e blons que mon secrétaire disoit avoir mis en dépôt c contribuèrent, autant que Tespérance, au changemc se fit en moi.
J'étois trop content du zèle et de Fîntégritë de 2 ne le lui pas témoigner. Je lui offris la moitié de 1 avoit préservé du pillage, ce qu'il refusa. J'attends < dit-il, une autre marque de reconnoissance. Aussi é discours que de ses refus, je lui demandai ce que faire pour lui. Ne nous séparons point, me répondit que j'attache ma fortune à la vôtre. Je me sens pc amitié que je n'ai jamais eue pour aucun maître, dis-je, mon enfant, je puis t'assurer que tu n'aime grat. Du premier moment que tu vins t'offrir à moi me plus. Il faut que nous soyons nés l'un et l'autre lance ou sous les Gémeaux, qui sont, à ce qu'on ( constellations qui unissent les hommes. J'accepte * société que tu me proposes, et, pour la commen prier le seigneur châtelain de t'enfermer avec mo tour. Cela me fera plaisir, s'écria-t-il : vous me prév vous conjurer de lui demander cette grâce. Votre m'est plus chère que la liberté. Je sortirai seulement pour aller prendre à Madrid l'air du bureau , et voir point arrivé à la cour quelque changement qui puis favorable; de sorte que vous aurez en moi tout e confident, un courrier et un espion.
Ces avantages étoient tron considérables pour m'c: