‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 329 sur 429 · LIVRE X, CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE X, CHAPITRE XI

la scène, dans le dessein de venir me surprendre sur le lit de gazon où ils me croyoient endormi ; mais quand ils voulurent se jeter sur le roi de Lëon, ils furent bien étonnés de ne trouver ni roi ni ffoc^. Aussitôt la comédie fut interrompue. Voilà tous les acteurs «n peine: les uns m'appellent, les autres me font chercher : celuici crie, et celui-là me donne à tous les diables. L'archevêque, jrpercevant que le trouble et la confusion régnoient derrière le thëftfcre, en demanda la cause. A la voix du prélat, un page, qui fusoH le Gradoso dans la pièce, accourut, et dit à Sa Grandeur: Monseigneur, ne craignez plus que les Maures fassent prisonnier le roi de Léon; il vient, grâc? à Dieu, de se sauver avec son iHÉbillement royal. Le ciel en soit loué 1 s'écria l'archevêque. Il a parfaitement bien fait de fuir les ennemis de notre religion , et d'écbapper aux fers qu'ils lui préparoient. Il sera sans doute leloumë à Léon, la capitale de son royaume. Puisse-t-il y arriver sans malencontre! Au reste, je défends qu'on suive ses pas; je aerois fâché que Sa Majesté reçût quelque mortification de ma part. Le prélat, ayant parlé de cette sorte, ordonna qu'on lût mon rôle et qu'on achevât la comédie.

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