‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 361 sur 429 · LIVRE XI, CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

LIVRE XI, CHAPITRE VU

des pensions dessus, des titres avec des magistratures; et enfin toutes sortes de bénéfices pour les personnes consacrées au culte des autels.

Ce mémoire, qui étoit beaucoup plus long que le premier, m'occupa près de trois jours ; mais heureusement je le fis à la fantaisie de mon maître, qui, le trouvant écrit avec emphase et farci de métaphores, m*accabla de louanges. Je suis bien content de cela, me dit-il en montrant les endroits les plus enflés; voilà des expressions marquées au bon coin. Courage, mon ami, je prévois que tu me seras d'une grande utilité. Cependant, malgré les applaudissements qu'il me prodigua, il ne laissa pas de retoucher le mémoire. Il y mit beaucoup du sien, et fit une pièce d'éloquence qui charma le roi et toute la cour. La ville y joignit son approbation, augura bien pour l'avenir, et se flatta que la monarchie reprendroit son ancien lustre sous le ministère d'un si grand personnage. Son Excellence, voyant que cet écrit lui faisoit beaucoup d'honneur, voulut, pour la part que j'y avois, que j'en recueillisse quelque fruit; elle me fit donner une pension de cinq cents ecus sur la commanderie de Castillo : ce qui me ; parut une récompense honnête de mon travail, et me fut d'autant plus agréable , que ce n'étoit pas un bien mal acquis, quoique je l'eusse gagné bien aisément.

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