‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 366 sur 429 · LIVRE XI, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE XI, CHAPITRE IX

Changeons de matière, lui dis-je ; parlons d'Oviedo. Tu as été aux Asturies. Dans quel état y as-tu laissé ma mère? Ah! Monsieur, me repartiMl en prenant tout à coup un air triste , je n'ai que des nouvelles affligeantes à vous annoncer de ce côté -là. 0 ciel ! m'écriai'je , ma mère est morte assurément ! Il y a six mois, dit mon secrétaire, que la bonne dame a payé le tribut à la nature, aussi bien que le seigneur Gil Perez, votre oncle.

La mort de ma mère me causa une vive affliction, quoique dans mon enfance je n'eusse pas reçu d'elle les caresses dont les enfants ont grand besoin pour devenir reconnoissants dans la suite. Je donnai aussi au bon chanoine les larmes que je lui devois pour le soin qu'il avoit eu de mon éducation. Ma douleur, à la vérité, ne fut pas longue, et dégénéra bientôt en un souvenir tendre que j'ai toujours conservé de mes parents.

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