‹ Histoire de Gil Blas de Santillane (volume 3)Chapitre 385 sur 429 · LIVRE XII, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE XII, CHAPITRE II

oui dire à ma tante qu'elle a tu des acteurs briller dans uneviUs, et révolter dans une autre ; cela me fait peur : craignez de m'^E:poser au mépris de la cour, et vous à ses reproches. Belle Lucrèce, lui répondis- je, c'est ce que nous ne devons appréhender ni l'im ni l'autre : je crains plutôt qu'enflammant tous les cœurs, vous ne causiez de la division parmi nos grands. La frayeur de ma nièce, me dit Laure, est mieux fondée que la vôtre ; mais j'espère qu'elles seront vaines toutes deux : si Lucrèce ne peut faire de bruit par ses charmes^ en récompense elle n'est pas assez mau- Taise actrice pour devoir être méprisée.

Nous continuâmes encore quelque temps cette conversation, et j'eus lieu de juger, partout ce que Lucrèce y mit du sien, que c'étoit une fille d'un esprit supérieur; ensuite je pris congé de ces deux dames, en leur protestant qu'elles auroient iocessammeot un ordre de la cour pour se rendre à Madrid'.

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