LIVRE III, CHAPITRE IX. illy
dépense de la maison. J'ai jeté les yeux sur votre sei^ ; il me semble que vous ne remplirez point mal cet em* sens, lui rëpondis-je, que je m'en acquitterai à merveille. les Économiques d'Aristote; et pour tenir des registres, m fort... Mais, mon enfant, poursuivis- je, une difficulté che d'entrer au service d'Arsénié. Quelle difficulté? me re. J'ai juré, lui répliquai-je, de ne plus servir de bouren ai mô<ne juré par le Styx I Si Jupiter n'osoit violer ce , jugez si un valet doit le respecter! Qu'appelles-tu des »is? repartit ûèrement la soubrette : pour qui prends-tu édiennes? Les prends*tu pour des avocates ou pour des uses? Oh! sache, mon ami, que les comédiennes sont archinobles par les alliances qu'elles contractent avec le» seigneurs.
B pied-là, lui dis-je, mon infante, je puis accepter la place is me destinez ; je ne dérogerai point. Non, sans doute, t-elle : passer de chez un petit-maître au service d'une
de théâtre, c'est être toujours dans le môme monde, lions de pair avec les gens de qualité. Nous avons des es comme eux, nous faisons aussi bonne chère, et dans le
doit nous confondre ensemble dans la vie civile. En effet, t-elle, à considérer uA marquis et un comédien dans le une journée, c'est presque la même chose. Si le marquis, : les trois quarts du jour, est, parson rang, au-dessus du 5n, le comédien, pendant l'autre quart, s'élève encore ge au-dessus du marquis, par un rôle d'empereur ou de 1 représente. Cela fait, ce me semble, une compensation esse et de grandeur qui nous égale aux personnes de la ui vraiment, repris-je, vous êtes de niveau, sans contreuns aux autres. Peste ! les comédiens ne sont pas des es, comme je le croyois, et vous me donnez une forte 3 servir de si honnêtes gens. Eh bien! repartit-elle, tu n'as /enir dans deux jours. Je ne te demande que ce temps-là sposer ma maîtresse à te prendre : je lui parlerai en ta J'ai quelque ascendant sur son esprit ; je suis persuadée je ferai entrer ici.
merciai Laure de sa bonne volonté. Je lui témoignai que is pénétré de reconnoissance, et je l'en assurai avec des rts qui ne lui permirent pas d'en douter. Nous eûmes tous 1 assez long entretien, qui auroit encore duré> svuvi^^VxV.
i7G GIL DLAS.
laquais ne fût venu dire à ma princesse qu'Ârsënit) la demandoiU Nous nous séparâmes. Je sortis de chez la comédienne, dans la douce espérance d'y avoir bientôt bouche à cour, et je ne manquai pas d'y retourner deux jours après. Je t'attendois, me dit la suivante, pour t'assurer que tu es commensal dans cette maison. Viens, suis-moi ; je vais te présenter à ma maîtresse. A ces paroles, elle me mena dans un appartement composé de cinq à six pièces de plain-pied, toutes plus richement fheublëes les unes que les autres.
Quel luxe! quelle magnificence! Je me crus chez une vicereine, ou, pour mieux dire, je m'imaginai voir toutes les richesses du monde amassées dans un' même lieu. Il est vrai qu'il y en avoit de plusieurs nations, et qu'on pouvoit définir cet appartement le temple d'une déesse où chaque voyageur apportoit pour offrande quoique rareté de son pays. J'aperçus la divinité assise sur un gros carreau de satin , je la trouvai charmante et grasse de la fumée des sacrifices. Elle étoit dans un déshabillé galant, et ses belles mains s'occupoient à préparer une coiffure nouvelle pour jouer son rôle ce jour-là. Madame, lui dit la soubrette, voici l'économe en question ; je puis vous assurer que vous ne sauriez avoir un meilleur sujet. Arsénié me regarda très-attentivement, et j'eus le bonheur de ne lui pas déplaire. Comment donc, Laure, s'écria-t-elle , mais voilà un fort joli garçon! je prévois que je m'accommoderai bien de lui. Ensuite m'adressant la parole : Mon enfant, ajouta-t-elle, vous me convenez, et je n'ai qu'un mot à vous dire : vous serez content de moi si je le suis de vous. Je lui répondis que je ferois tous mes efforts pour la servir à son gré. Comme je vis que nous étions d'accord , je sortis sur-le-champ pour aller chercher mes bardes, et je revins m'installer dans cette maison.