LIVRE VII, CHAP. Vin
trices qui s'offrirent à ses yeux. Il en trouva une à son gré. 11 fit connaissance avec elle dès le lendemain ; et il était près de passer bail, lorsque je parus sur le théâtre. Ma vue et mes minauderies firent tout à coup tourner la girouette; mon Portugais ne s’attacha plus qu’à moi. U faut dire la vérité, comme je n'ignorais pas que ma camarade eût plu à ce seigneur, je n’éparpnai rien pour le lui souffler, et j’eus le bonheur d’en venir à bout. Je sais bien qu’elle m’en veut du mal; mais je n’y saurais que faire. Elle devrait songer 'que c’est une chose si naturelle au.\ femmes, que les meilleures amies ne s’en font pas le moindre scrupule.
C8AP. VIII. — De l'acetiell que les combien* de Grenade Srent à Gil Blat, et d'nne oonrelle reconnaiiaanoe qui ae St dans lea fojrera de la comddie.
'Dans le moment que Laure achevait de raconter son histoire, il arriva unè vieille comédienne de ses voisines , qui venait la prendre en passant pour aller à la comédie. Cette vénérable héroïne de théâtre eût été propre à jouer le personnage de la déesse Cotys L Ma sœur ne manqua pas de présenter son frère à cette figure surannée , et là-dessus grands compliments de part et d’autre.
Je les laissai toutes deux, en disant à la veuve de l’économe que je la rejoindrais au théâtre, aussitôt que j'aurais fait porter mes hardes chez le marquis de Marialva , dont elle m’enseigna la demeure. J’allai d’abord à la chambre que j’avais louée, d'où, après avoir satisfait mon hôtesse , je me rendis avec un homme chargé de ma valise à un grand hôtel garni où mon nouveau maître était logé. Je rencontrai à la porte son intendant, qui me demanda si je n’étais point le frère de la dame Elstelle. Je répondis qu’oui. Soyez donc le bienvenu, reprit-il, seigneur cavalier. Le marquis de Marialva, dont j’ai l’honneur d’être intendant, m’a ordonné de vous bien recevoir. On vous a préparé une chambre; je vais, s’il vous plaît, vous y conduire pour vous en apprendre le chemin. 11 me fit monter tout au haut de la maison, et entrer dans une chambre si petite, qu’un lit assez étroit, une ar-
■ Cotji on ColyUo fui, chei Ici iDcieni, U déçue de h débewlM. Sec ajilire* , niAuei ec eélétraient la nnil. Lu baptu, qui éuieat lU piélrea, Dqpèmt Bupoiii, . m t*Ma ooaiqM, pour le punir d’aroir oeë lu déoMiquer m plein ifcijètn
Gît BLAS. '
moire et deux chaises la remplissaient. C'était là mon appartement Vorne serez pas ici fort au large, me dit mon con- ^ ducteur, mais en récompense je vous promets qu a vnus serez superbement logé J’enfennai moire dont j’emportai la clef, et je demandai a quelle heure
on soupait. 11 me fut répondu à cela que ne faisait pas d’ordinaire chez lui, et qu il donnait a chaqu . domestique une certaine somme par mois pour se JeTs enœre d'autres questions, et j’appris que les gens du dVu,L faWanU.
court ie quittai l’intendant pour aller trouver Laure, n m'occ’upanragréablement du présage que je concevais de i la
T^rrlSai à la parta de la comédie , el que je me difSmTlîiel, tou. me lu. cuver.. Vous «a vu » gardes s'empresser à me faire un passage , comrne si j eu ^ été un des plus considérables seigneurs de Grenade. Tousl • famsL receveurs de maïques et de contre-marques que je SSaTTur mon cl.em2,, me d= P™"*
rences Mais ce (lue je voudrais pouvoir bien peindre au lec c'est !I?éeU" sérieuse que l'on me f eom,,uemen dans les fosors, où je trouvai la troupe tout hrtilli P à commencer. Les comédiens el les “mçdiennes a qm ^ me présenta, vinrent fondre sur moi. Les ho blèrLt d’embrassades; et les femmes à leur leurs visages enluminés sur le mien, le couvnient ^ et ïe blaL. Aucun ne voulant être le compliment, ils se mirent tous ensenible a paile • ^Je ^ne pouvais suffire à leur répondre; mais sœ Lours, et sa langue exercee ne me laissa en reste
^Te'^Xn fus pas quitte pour les accolades des acteurs et des actives 11 me'Sllt essujer les civilités du décorateur, des violons du souffleur, du moucheur et du sous-mouctiem di Znd"il^ Zu de t’ous lea valets de théâtre qu, sur Mrm de mon arrivée accoururent pour me considérer. U quêta" c^sgéus-là tussent des entants trouve, qu. n avaient
‘Tpelnt ™enç. la ,déce. Alo« „mm.e,gen.,i.-