LIVRE III, CHAP. II
Je veux te découvrir ici le fond de mon âme. La profession que j’ai embrassée n’est guère de mon goût; elle demande une conduite trop délicate et trop mystérieuse : on n’y saurait faire que des tromperies secrètes et subtiles. Oh ! je regrette mon premier métier. J’avoue qu’il y a plus de sûreté dans le nouveau; mais il y a plus d’agrément dans l’autre, et J’aime la liberté. J'ai bien la mine de me déiaire de ma charge, et de partir un beau matin pour aller gagner les montagnes qui sont aux sources du Tage. Je sais qu’il y a dans cet endroit une retraite habitée par une troupe nombreuse, et remplie de sujets catalans ‘ : c’est faire son éloge en un mot.^i tu veux m’accompagner, nous irons grossir le nombre de ces grands hommes. Je serai , dans leur compagnie, capitaine eu second; et, pour t’y faire recevoir avec agrément, j’assurerai que je t’ai vu dix fois combattre à mes côtés. J’élèverai ta valeur jusqu’aux nues; je dirai plus de bien de toi qu’un général n’ou dit d’un officier qu’il veut avancer. Je me garderai bien de dire la supercherie que lu as faite : cela te rendrait suspect; je tairai l’aventure. Eh bien! ajuula-t-il, es-tu prêt à me suivre? J’attends ta réponse.
Chacun a ses inclinations, dis-je alors à Rolando : vous ôtes né pour les entreprises hardies, et moi pour une vie douce et tranquille. Je vous entends, interrompit-il; la dame que l'amour vous a fait enlever vous lient encore au cœur, et sans doute vous menez avec elle à Madrid celte vie douce que vous aimez. Avouez, monsieur Gil lilas, que vous l’avez mise dans scs meubles, et que vous mangez ensemble les pistoles que vous avez emportées du souterrain. Je lui dis ({u’il était dans l’erreur, et que, pour le désabuser, je voulais, en dînant, lui conter l’histoire de la dame; ce que je lis efl'eclivement, et Je lui appris aussi tout ce qui m’était arrivé dc- ])uis que j'avais quitté la tioupc. Sur la ûn du repas, il me remit encore sur les sujets catalans. 11 m’avoua même qu’il avait résolu de les aller joindre, et fit une nouvelle tentative pour m’engager à prendre le même parti. Mais, voyant qu’il ne pouvait me persuader, il cliangea tout à coup de conte-
il l'appelle plus loin. En espagnol Valÿ^uatilat est en elTel la chaige, l'état de l'a|giiaril. Cela sert A expliquer la derniero phrase du chapilro |>réeëdeiit.
' La Catalogne a\ait Imutamp.. eomkaUn poar ses liberU'i,