IV. - LES JOURNAUX DE BABEUF
Le Correspondant Picard, et le rédacteur des cahiers delà seconde législature. Journal dédié aux habitants
(1) Courrier de ta S^if^, J799i ^ f9'
des cantons, villes, bourgs, villages, hameaux et mum" oipalités des départements de la Somme, de l* Aisne et de PAin^par^F.'N.Babeuf. Noyon^imprimerie de Devin, 1790, ia-8.
Quarante numéros parurent de 1790 à 1791.
Nous avons mentionné ce journal dans notre premier volume.
M. le comte de Marsy parle en ces termes du Correspondant Picard dans sa Bibliographie Nojronnaise (Paris, 1877, in-8, n* 329) :
€ M. Dufour, qui signale le prospectus de ce journal dans sa Bibliographie Picarde, se demandait s*il avait jamais paru. Une note que me communique M. le docteur Warmont, en indique une collection de quarante numéros^ de 1790 et I791'. »
M. le docteur Warmont a, en effet, possédé le seul exemplaire connu du Correspondant Picard. Le 7 octobre dernier, il daignait nous écrire à ce sujet : c J'ai I^ity pour retrouver cette publication, des recherches infructueuses. J*imagine qu'elle a disparu de chez moi à l'époque oti, quittant Chauny, j'ai sacrifié les livres et les brochures d'intérêt local. »
Le Patriote Brabançon. Journal libre, critique et moral, par un français citoyen. 1790.
Ce Journal, dont nous ne connaissons que le manuscritj €8t de Babeuf. «
11 commence ainsi : € Il est dans le cœur de l'homme. »
. VÉclaireur du Peuple, ou le Défenseur de 24 millions £ opprimés, par S. Lalande, soldat de la Patrie. la ventôse-8 floréal, an IV, 12 numéros in-8«
Attribué par les uns à Babeuf, par d'autres A Simon Duplay.
Ce journal, dont nous avons vu les manuscritS| était rédigé entièrement par Babeuf.
Journal de la Confédération. De t Imprimerie de Laillet et Garnery^ %, me Serpente, In-8.
Hatin (pages 1 68 et 248) attribue à Babeuf, ce journal dont il n'a rencontré que les deux premiers numéros. C'est aussi le nombre possédé par la Bibliothèque Nationale.
Le n^ i^ sans date^ se compose de 8 pages. Il commence par un article: Ce n'est point ici^ citoyens, e/c, dont nous avons retrouvé le manuscrit dans les papiers de Ba* beuf.
Le n^* 2^ daté du 3 juillet 1790, se compose de huit pages» et débute pfir cet article : Le cri d'éveil^ etc.^ dont nous avons vu^également le manuscrit qui a servi A U composition.
On lit à la fin de ce n* 2 :
< A un très prochain numéro^ modèle d'une motion à faire par tous les conférés le jour de la fête patriotique, pour atteindre au but de tirer d'une grande occasion un grand avantage général. »
Ce très prochain numéro, ou n^ 3^ a-t-U paru ? Nous tie le trouvons cité nulle part ; mais nous avons vu dans les papiers de Babeuf, l'article de fond dont il devait se composer, et qui commence par ces mots : Perfides manmU" yres.
Journal de la Liberté de la Presse^ par Gracchui- Babeuf. Numéros t à 22^ 17 fructidor an I ^vendémiaire an III. -^ Le TVibun du Peuple, ou le Défenseur de^
droits de rhomme, continuation du journal de la Liberté delà presse^ numéros 23 à ^3, du 14 vendémiaire an III au 5 floréal an IV. Ensemble 43 numéros.
A partir du n® 23, le Journal de la Liberté de ^ Presse, cessa de paraître, fiabeuf ayant été transféré dans la prison d'Arras. A sa sortie de prison, il en reprit la publication sous ce titre : Le Tribun du Peuple.
Les pages 5 et 6 du n* 1 5 ont été réimprimées en forme de carton. Ce fait n'a pas été signalé.
Le Prospectus du Tribun du Peuple ^ forme 8 pages in-8. lia dû paraître non pas lors de la transformation du journal de la Liberté de la Presse en Tribun du Peuple, c^est-à-dire le 14 vendémiaire an III, mais plus tard, après l'anéantissement des exemplaires du n^ 33^ et au moment de la mise en vente du n* 34^ daté du i3 brumaire an 1 V^ puisqu'il y est parlé de ce numéro, comme ayant € paru le i5 brumaire. »
Il avait été fait un supplément pour le n^ 28, sous ce titre : Supplément au Tribun du Peuple, n** 28 bis. De rimprimerie de Francklin, rue de Cléry, jS.S. l. n. d., placard in-fol.^ sur quatre colonnes.
Ce supplément, saisi par la poljce, ne fut pas distribué; il n'existe qu'à Tétat d'épreuve et les bibliographes ne l*ont pas connu.
Dans son n<>32, Babeuf dit : « Je fais faire une seconde » édition des n^ 27^ 28, 29, 3o, 3i, dont il ne me reste > point un exemplaire », ce qui indique que ces numéros avaient été fort recherchés.
Le n* 33^saisi par la police^n'a pas été publié. Il motiva l'arrestation de Babeuf et son envoi dans la prison d'Arras.
Dans une lettre à Fouché^ datée d'Arras le 19 germinal an III^ etque Hatin (page 247) a rapportée en partie, Babeuf disait :
< Depuis le jour de mon arrestation une fatalité mal- » heureuse semble réellement att^d^e à tout ce que je » veux faire. Mon premier n* fut sjisi p^rlef barbares chfis » mon imprimeur. J'en^^vais^it un sec9i|d ^ la Force
» au ihiomeat de partir^ je le laissai aux patriotes Isoard, » agent national de la commune de Marseille, LojSj » Jacobin^ FauVetti d'Orange, et antres : ils m'avaient » prorois de l'imprimer ; je ne crois pas qu'ils l'aient fait. » j'en avait fait un troisième ici, sous le titre de Lettre
> du Tribun au Faubourg Antoine et à tous les SanS" » Culottes de Paris', la catastrophe du la germinal le
> rend susceptible de grands changements. Cela ne veut » pas dire du tout que ;e renonce et que je quitte la par- » tie. »
Le tirage du Tribun a dû être très variable. 11 est fixé à 2,000 exemplaires pour un des numéros les moins importants^ mais il a été souvent plus considérable.
On lit dans une lettre d*un soldat de l'armée du Rhinet«:KfoseUe, « Lès patriotes^ qui sont en très grand nombre dans cette armée, ne lisent pas ton journal^ ils le dévorent. »
Un autre correspondant écrivait à Babeuf: « Nous avons reçu tes Numéros^ Gracchus, de même que plusieurs Prospectus que nous n'avons pas manqué de publier, d'afficher et de répandre dans tous nos environs. Nous en avons même fait passer dans les États de Gênes^ et à l'aile droite de Tarmée d*Italîe... »
L'abonnement à un trimestre coûtait 125 livres. Et il
.était onéreux sans doute pour Babeuf^ qui, dans son n^
38 (2* volume)^ avertit ses « souscripteurs qu'il n'a
plus d'argent » et les prie de lui en donner^ s'ils veulent
4c qu'ils continue de leur faire imprimer des numéros. >
Le prix d'abonnement fut définitivement fixé (fin dû n* 42)à 5oo livres (i) pour le second volume, qui devait être et qui fut de 480 pages.
Thiers {Révolution, VIII, p. 98), qui, certainement, n'avait pas lu Le Tribun, et qui, fort probablement, n'avait même pas vu un exemplaire complet de ce journal, a dit
(i) Cinq cents.livree, en assignats, bien entendu.
(Si8)
qu'il € n'était pat cynique, mais plat », mots vulgaires^ qui ne signifient rien.
On trouvera une analyse complète du Tribun^ dans notre premier volume.
M. Pochet*-Desroches possédait un exemplaire complet du Tribun {Liberté de la Presse et Tribun) ; il a été adjugé sa vente^ faite en i883, 415 francs. Cet exemplaire vient de reparaître, en janvier i885, à la vente de M. le comte de Nadaillacj oti il s*est vendu 23o francs.
Un autre exemplaire était coté ces temps-ci 35o francs, dans on des catalogues de M« Cbossonnery, libraire à Paris.