‹ Histoire de Guzman d' AlfaracheChapitre 8 sur 101 · LIVRE I , CHAP. U · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHAP. U

iCait guérir à Malaga de sa gale d'Alger. S'il n'eût pas pris cette précaution , il ne tenait rien ; il u^aurait pas touché iine blanque de s;i dette. Un liorome du caractère de son correspondant aurait hkn pu lui jouer quelque mauvais tour «^ SévîUe: peut-être eût-il donné la moitié de sa* dette aux bons religieux de la sainte inquisition pour lui faire faire son procès. On peut juger de la disposition où il était à son égard par tous les bruits désavantageux qu'il répandit de lui dans cette capitale de l'Andalousie. Quelles sottises ne ditil pas à tous les marchands du change , au sujet de deux misérables banqueroutes que le Génois ayait faîtes , et qui véritablement avaient été un peu frauduleuses ! Mais les négocians en font-ils d'autres 7 et faut-il tant crier contre un malheureux commerçant qui, pour raccommoder ses affaires dérangées , a recours à une petite banqueroute ? Ce n'est rien entre marchands ; il ne font que se le prêter et se le rendre les uns aux autres. Dans le fond , si c'était un si grand mal, la justice ne prendrait-elle pas soin d'y remédier ? Sans doute. Nous la voyons bien quelquefois, tant elle est sévère, faire fouetter et envoyer des pauvres aux galères pour moins de cinq ou six réaux.

Notre enragé de correspondant ne fut pas satisfait d'avoir diffamé mon père en divulguant les deux banqueroutes ; il poussa la malignité

^4 GUZ&IAN D'ALFARAGHE.

jusqu'à vouloir lui donner un ri4îcule dans le monde , en disant qu'il avait plus de soûa de sa periîonne qu'une vieille coquette , et que son visage «tait toujours couvert de rouge et de blanc. Je conviens que mon père se frisait et ae parfumait ; il létait idolâtre de âos denits et de ses mains <: enfin il s^aimait, et, ne haïssant pas les femmes . il ne négligeait rien de :tout oe qu'il croyait devoir leur rendre <sa personne agréalsk. Il donna par ih beau jeu à notre correspondant, qui lui ÛX d'abord quelque tort ; maifi skdt que mon père fut un peu plus teonnu dians Se ville, tl sut effacca* toutes \ea mauvaises impressions ^ne la médisance avait fai^s. Il s^ conduisit d'une manière si honnête^ et afieeta de montrer dans s«s actions tant de droiture ^eit ,de bonne foi , q^'il .gagna l'esitime el; l'amitié des ju^ilkurs wa^rcbiinds lie celte ville.

li pouvait bi^ ayoir en tout la valeur de <fuarante mille lW#es , tanjt de ce^qu'U^vait arraché des griffe» de son correspondant que de ce qu'il avait apporté d'Alger : ce qui n'éUit pas une petite somv^e pour lui , qui savait à merveille trancher du gros négociant. PerfiiOJ|ne<à la boii^râe ne faisait autant de bruit que lui ; si bic^ , qu'après quelques années il fut en état d'acheter une maison à la vaille .et une autre à Ja .campt^e. Il les meaibla toutes deid^ magniGiqu^pient « et surtout j sa m aison de pia isance qu i éitait à .Saint- Jea n 4' Al- !

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