II
les veuves des victimes et quatre petits enfants, pendant que les brigands qui raccompagnaient mettaient la maison au pillage.
Ce premier exploit porta haut la réputation de Szela» et il se vit bientôt à la tête d'une petite armée de 10 à 12 mille hommes , avec lesquels il promena partout le meurtre et la dévastation; se donnant les airs d'un conquérant en pays ennemi, et traitant de puissance à puissance avec les autorités autrichiennes. Son orgueil s'exaltait dans le crime, et il disait à ses compagnons qu'il ne connaissait que trois puissances: Dieuaucid^ ï empereur à Vienne^ et Szelasur la terre.
Les paysans s'étaient flattés que les terres des seigneurs leur seraient livrées en partage ; mais les starostes leur firent savoir que tant que les veuves et les enfants des nobles vivraient, les biens immeubles resteraient leur propriété. c< Je comprends, répondit Szela ; alors il faut tuer les chiennes «( et les petits chiens. )»
Voilà rhomme que les autorités autrichietanes , nonseulement acceptèrent comme complice, mais honorèrent comme un libérateur. Le comte Lezanski, envoyé pour pacifier le pays, se montrait avec Szela dans les rues de Tarnow, échangeant avec lui des cigares. Il contraignit même l'évêque d'inviter Szela à dîner , et de lui envoyer à table un verre de vin pour boire à la santé de l'empereur.
Et afin que la monstrueuse connivence du gouvernement ne fût douteuse pour personne, l'empereur lui-même donna une éclatante marque de satisfaction au forçat libéré.
Le 8 août 1847 , parut à Vienne le décret impérial suivant :