‹ Histoire de huit ans, 1840-1848Chapitre 58 sur 179 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

(lire^ par les eiïorts qa*on fait aujourd'hui^ mais par ceax qu'on a faits alors avec le concours de tons les bons citoyens.

a Quant è la moDarchie^ il n'y a pas longtemps qae je suis venu à son aide^ dans un moment où elle me iemblait en avoir besoin^ et dans la mesure de mes moyens.

« En 1849^ lorsque les élections avaient donné an avantage marqué ù l'opposition, lorsque la loi de régence faisait nattre pour le cabinet nne occasion difficile et périlleuse^ craignant qu'un acte d'opposition n'affaiblit la monarchie, je n'ai pas hésité à venir au secours d'un gouvernement qui^ alors comme aujourd'hui» ne cessaitde m'abreuver d'outrages.

a J*ai donc le droit de me considérer comme un ami utile de l'ordre et de la monarchie. Quant à la paix^ j'ai assez de lumière pour savoir que^ dans l'état présent du monde^ elle est beaucoup plus utile à la France que la guerre ; que le calme dont elle fait jouir l'Europe assure les progrès de la révolution française beaucoup plus que ne le ferait le tumulte des armes ; j'ai assez de lumière pour savoir que chaque jour ajouté à la paix ajoute à la chance de trouver les puissances autrement alliées qu'elles ne le sont aujourd'hui^ de ne plus les rencontrer^ en un mot, coalisées contre la France. Et^sousce rapport encore^ je crois avoir fait mes preuves.

« De 1830 è 1836, lorsque la guerre était populaire et que la paix ne rétait pas^ lorsque le goût des spéculations n'avait pas encore envahi les esprits, j'ai défendu la paix avec la plus grande énergie, ^et j'ai contribué à la faire triompher. Je puis donc me considérer aussi comme un ami utile de la paix, plus utile que ceux qui la défendent lorsqu'elle est devenue la passion dominante.

« A cela on me répond que sans doute je veux l'ordre et la paix, mais que, malhabile et mal associé, dépendant des oppositions dont je suis devenu l'allié, tout en voulant l'ordre et la paix, je les compromets^ dès que je suis ao pouvoir, par mes fautes personnelles et par le mauvais esprit de mes amis. On cite h ce sujet 18&0. Six mois, dit-on, font suffi alors pour mettre la paix et Tordre en péril. Puis, l'ordre et la paix troublés, je me suis retiré précipitamment, laissant à d'antres le soin de réparer les maux dont j'étais l'auteur. J'ai peu de mots à dire sur ce iojet ; mais je me flatte qu'ils seront péremptoires.

« En quoi consistent ces malheurs de 1840, dont on parle sans cesse depuis cinq ans, et tartont depuis an mois? Si je ne me trompe, les voici :

« En 1S39 et en 1840 on 8*est engagé avec une extrême vivacité

{{g HISTOIRE DE BUlT ANS.

dans la question d*Orient. On a épousé eo face de TEarope la cause do pacha d'Egypte contre le snltan^ et on a sooteno qu'il fallait atUibuer a Méhémet-Ali non-seolement TÉgypte^ mais la Syrie, ioates deux héréditairement.

a On a soatena cela près d'une année entière. L'ADgleterre, jusquelà notre alliée, s'opposant è nos désirs, on lui a répondu qo*OD braverait plutôt que de céder, le malheur de la voir se séparer de nous et 8*allier aux Rosses.

a Sur ces entrefaites, an traité a été signé entre quatre poissaneee^è Texclasion de la France, aBn d'enlever au vice-roi la Syrie d'abord, et puis, la lutte s'échauflant, l'Egypte elle-même.

« Sur-le-champ le cabinet français a reculé, s'est départi de tout ce qu'il avait soutenu, et a dit qu'il en serait de l'affaire d*Orient comme voudraient les quatre poissances, et que Méhémet-Ali devrait se contenter de l'Egypte, bienheureux si on la lui laissait.

c On a donc affiché d'abord de grandes prétentions, puis, à la piemiëre apparence du danger, on y a renoncé.

a On a donné h l'Ëarope un spectacle ridicule, on a traversé six mois d'agitations stériles, et ajouté au déplaisir du rôle jonéen E^pagne^ eo Belgique, en Italie, le déplaisir plus amer encore du rôle joué eo Orient.

<( YoilÀ bien, si je ne me trompe, les malheurs de 1840 :

« Une imprudence d'abord ;

« Une faiblesse ensuite*

ce Si j'ai commis l'une et l'antre, si je me suis avancé pour recaler après, je passe condamnation et je m'avoue l'auteur des malheors de

« Voici les faits :

(c La question d'Orient a commencé aa moment où Bnissaieet les questions d'Espagne, de Belgique et d'Italie. Pour détourner notre attention de ces questions si tristement résolues, le gouvernement noos faisait dire et nous disait lui-même : Occupez-vous de la question d'Orient ; celle-U seule est digne de votre attention et de vos efforts.

« En effet, les discours de la couronne et les adresses rédigées par le majorité proclamaient bien haut les droits de Méhémet-Ali sorTEgipte et la Syrie.

« Quant h moi, j'ai déploré cela comme une haute imprudence; je n'étais pas ministre, je n'avais d'autre conduite à tenir que d'exprimer mon avis quand l'occasion s'en présentait. Je pourrais raconter ici où^ à qui, avec quelle chaleur je l'ai dit ; mais j'ai mieux (ait, je l'ai porté è

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