‹ Histoire de huit ans, 1840-1848Chapitre 71 sur 179 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

positif des agents anglais, dont les intrigues avaient amené cette démarche de la reine Christine, une sévère réprimande fut adressée à M. Bulwer. Celui-ci était sur le point de donner sa démission, lorsque le ministère tory, battu à la chambre des communes sur un bill qui avait pour effet d'augmenter les rigueurs contre Tlrlande, annonça sa retraite le 29 juin.

Dans le ministère nouveau, présidé par lord John Russell, le portefeuille des affaires étrangères était confié à rhomme qui s'était le plus signalé par ses ardentes inimitiés contre la France, lord Palmerston. 11 n'était pas à présumer que la question espagnole dût offrir entre ses mains de plus faciles accommodements. En effet, peu après son installation au foreing-office^ le 19 juillet, lord Palmerston envoyait à M. Bulwer ses instructions sur l'affaire d'Espagne. Cette dépêche, écrite d'ailleurs sur un tout autre ton que celles de lord Aberdeen, ne fut pas, selon l'usage toujours suivi par ce dernier, communiquée avant l'envoi au représentant de la France à Londres. Elle était déjà partie lorsque Palmerston en donna connaissance au comte de Jarnac. On y lisait le passage suivant : a Les candidals à Ta main de la reine d'Espagne sont réduits à trois, savoir : le prince Léopold de Saxe-Cobourg, don François d'Assise, duc de Cadix, et don Enrique, duc de Séville. »

En voyant le nom du prince de Cobourg placé sur cette liste, et placé en tête, en première ligne, le comte de Jarnac fut stupéfait. U dit au ministre que c'était contraire aux assurances constamment données par son prédécesseur. Il avait été formellement convenu que l'Angleterre ne prêterait aucun appui aux Cobourg ; il avait été expressément déclaré par la France qu'elle entendait maintenir le choix

du candidat parmi les princes de la maison de Bourbon, et voilà que l'Angleterre non-seulement reconnaissait officiellement la candidature du prince exclu, mais semblait lui réserver la première place! Le comte de Jarnac n'eut pas de peine à démontrer que tous les engagements antérieurs se trouvaient rompus, et que la question se présentait désormais sous un tout autre aspect. A toutes ses observations, lord Palmerston répondit que la pièce était envoyée, et, tout en protestant de ses désirs de rester en de bons rapports avec la France, il ne voulut en rien se rétracter.

Ce brusque changement dans Tétat des choses avait une portée d'autant plus grande, qu'au moment même, Louis- Philippe venait de se prononcer très-énergiquement contre M. Bresson, notre ambassadeur à Madrid, qui, malgré ses instructions formelles, avait enjoint et obtenu la simultanéité du mariage des deux princesses avec don Francisco et le duc de Montpensier.

La volonté de Louis-Philippe, à cette époque, est si clairement exprimée, qu'il est utile de donner quelques extraits de ses lettres.

Le 20 juillet il écrivait à M. Guizot :

« Mon étonnement est d'autant pins grand qne Bre8SM>ii se soit ainsi « corn promis sur la simultanéité des deux mariages, qa*il les sayaît die* « métralement contraires è ma volonté^ et autant è la résolatioa da « duc de Montpensier et de tonte ma famiUe^ qn*il a dit loi-même n'y « avoir pas été autorisé par vous^ et qn*il a recours, pour justifier nue ffi pareiUe incartade, à faire des commentaires snr les lettres de Besages « et de Glacksberg

« 11 résulte de tout ceci qn*nn désavea formel est indispensable.

€ Gomment le faire est la seule question è examiner Le donner

« promptement et nettement sur la simultanéité et sur la conclusùm

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