CHAPITRE IV
fonctions publiques bien ou mal distribuées- Si parmi les minorités qu’on accuse, à tort ou A raison, d’être contraires au fond du coeur A la constitution, il y a des hommes qui, sur Taïti, sur la Syrie, sur les finances, pensent comme mes amis et votent comme eux, je n’ai pas le moindre scrupule de me rencontrer avec eux, et pas davantage dans les colleges électoraux.
«Eté cet égard, je ne puis pas être plus ombrageux que le gourer' nement lui-même. Il y a tel de mes collègues A la dernière chambra, notoirement rangé parmi les légitimistes, et dont le ministère appuie la réélection de tous ses moyens. Pourquoi? Parce que, sur l’indemnité , Pritchard, par exemple, ce candidat a volé comme lui. Le ministère le soutient; je trouve cela tout simple. Pourquoi donc nos omis ne feraient-ils pas de même pour le légitimiste qui a voté contre cette indemuité?
« En principe, il est bon que tous les partis, même ceux qui sont * contraires A la constitution, soient représentés dans la chambre, ils ne conspirent plus dans l’ombre quand ils sont représentés et qu'ils ont la parole. Ils s’engagent envers la constitution, dans laquelle ils jouent un rôle : ils prennent goût A elle. D’ailleurs, quoi qu’on fasse pour empêcher leurs représentants d’arriver A la chambre, ils y arriveront en proportion égale A leur importance dans le pays, et ils n’y seront jamais • assez nombreux pour ébranler le gouvernement existant. Une fois A la chambre, il faut qu’ils votent avec les uns ou avec les autres. Ils voteraient toujours avec l’opposition que rien ne serait plus naturel, carc’est la loi du gouvernement représentatif que toutes les minorités s’unissent pour se défendre en commun contre la majorité. Témoin l'Angleterre, chez laquelle les ultrà-tories viennent de voler avec les whigs. Mais du reste cela ne se passe pas exactement ainsi chez nous. Les légitimistes, par exemple, votent, les uns avec le gouvernement, les autres avec Top. position. f ,
« Le gouvernement se réjouit quand ils votent avec lui ; l’opposition agit de même. En faire un grief, c’est le comble du ridicule. Lemin is- „ tère fraye avec ceux qui, pour des avantages personnels, lui abandonnent leur foi. L’opposition fraye avec ceux qui entendent comme elle la dignité de la France, les principes du gouvernement représentatif, l’administration des finances. Chacun est IA dans son rôle. J’ai doue la mêmeconviction qu’anjourd’hui, comme en 1839, en me rencontrant avec tel on tel parti dans le même vote, je n’ébranle ni la monarchie, ni la dynastie d’Orléans. J’ai la conviction au contraire de leur rendre par
mon opposition plus de services qae ceux qui ont mission spéciale de les défendre.
« Voilé, Messieurs les Électeurs, le compte que je voulais vous rendre de mes actes et de mes opinions. J'aurais pu vous aller dire cela moimême dans une réunion électorale. J’aime mieux vous l'adresser parla voie de la presse. Bientôt, quand ma présence au milien de vous ne sera point une flatterie pour obtenir votre vote, mais un remerctment, je m'empresserai d'aller visiter le lieu où j'ai passé ma jeunesse, et où je serai toujours heureux d'aller me reposer des agitations de la vie publique. D