‹ Histoire de J. McN. Whistler et de son œuvreChapitre 8 sur 46 · N +. DER · texte numérisé non relu

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Salon des refusés qui est resté célèbre. On y voyait Bracquemont, Cals, Cazin, Chintreuil, Fantin-Latour, Harpignies, Jongkind, Jean-Paul Laurens, Legros, Manet, Pissarro, Vollon, Whistler. |

La Fille blanche fut au Salon des refusés le tableau le mieux accueilli par les artistes et la critique.

C'était une jeune Îrlandaise que Whistler avait prise pour modèle. T'en 'ioutre gravé à l’eau-forte d’après elle, une tête connue sous le nom de Joe. Courbet l'ayant

trouvée auprès de Whistler en 1866, à La belle irlandaise, par Courbet. Trouville, a eu aussi

l’occasion de la peindre, avec sa magnifique chevelure. Il en a fait deux portraits, l’un qui s’est appelé la Belle Irlandaise, l'autre qui a figuré à l'exposition de ses œuvres à l'École des Beaux-Arts, en 1882, sous le titre de Jo, femme d'Irlande.

La fille blanche en pied de grandeur naturelle, vêtue de blanc, se profilait sur un rideau blanc. Les cheveux dénouës lui tombaient sur les épaules et elle tenait de la main gauche, le long du corps, une fleur blanche. Elle avait une expression

de figure profonde et mystérieuse. Paul Mantz en a dit, dans la Gaxette des Beaux-Aris: « La fille blanche de M. James € Whistler est un morceau plein de saveur. Il se dégage de € l’œuvre un charme étrange. » Et Burger-Thoré dans son salon : « L'image est rare, conçue et peinte comme une € VISION, qui apparaîtrait non pas à tout le monde, mais à « un poète. » Ernest Chesneau, dans son livre l’Art et les Artistes modernes, publié en 1864, a exprimé son attrait € Je me sens un faible tout particulier pour cette œuvre, qui «n'est pas sans défaut, mais qui révéle des qualités pitto- « resques supérieures, une imagination amoureuse de rêve et « de poésie. » Fernand Desnoyers, dans une brochure qu'il publia sur le Salon des refusés, la ainsi décrite : « La peinture € la plus originale, la plus singulière est celle de M. Whistler. € La désignation de son tableau est la Fille blanche. C’est le € portrait d’une spirite, d’un medium. La figure, l'attitude, la € physionomie, la couleur sont étranges. C’est tout à la fois « simple et fantastique. Le visage a une expression tourmentée et charmante, qui fixe l'attention. Il y quelque chose de € vague et de profond dans le regard de cette jeune fille, qui est «€ d’une beauté si particulière, que le public ne sait s’il doit la « trouver laide ou jolie. Ce portrait est vivant. C'est une pein- « ture remarquable. »

Whistler, arrivé à l’année 1863, avait donc, comme graveur et comme peintre, montré son originalité et produit des œuvres hors ligne. Il s'était ainsi senti porté, dés ses débuts,

vers les deux arts de l’eau-forte et de la peinture et il les avait tout de suite cultivés parallèlement. C’est bien là en effet le mot qui convient, car les deux arts chez lui n’empiétent point lun sur l’autre. Soit qu'il peigne, soit qu'il grave, il exécute chaque fois, devant le modéle, ou la scène vue, une œuvre originale, destinée à ne point être répétée par un autre procédé que celui auquel elle doit naissance. Il poursuivra toute sa vie les deux arts de la même manière. Le graveur et le peintre formeront constamment le double aspect de sa personnalité.

Whistler, à partir de 1859, avait fait la navette entre Paris et Londres, partageant son temps entre les deux villes. En 1863, il fixe sa résidence à Londres.

Croquis fait à Guéthary.

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