‹ Histoire de Jacques-Benigne Bossuet et ses œuvresChapitre 256 sur 260 · D. PETRO MORALES · texte numérisé non relu

D. PETRO MORALES

VALDEPAMEMSX APUD CALATRAVAM 8. J. PR^SPYTSBQ AUT^ORf»

} Tol. M°, à im col., m papier Télin.-* Prii net : IG îx*

La lecture des deux lettres suivaDtes, que deux ecclésiastiques aussi (]istÎDgués par leur savoir qnè par leur talent nous ont adresàées & rpcc^sîpn de la publication dont on vient de lire le litre ^ fera connaître le tpérile de cet ouvrage qui, nous Fespérons, sera bientôt dans les maius de tous les Prédicatenn.

Monsieur,

Vons me dite» que von» êtes disposé à réimprimer Morales : De sancto Josepho sanctaque familia^ je vous en félicite et je m'en réjouis pour tous les prêtres qui travaillent à étendre le culte de saint Joseph ear c'est pour eus plus spécialement que vous travaillez

Les simples fidèles; ne manquent pas d'ouvrages aujourd'hui sur l'illustre patriarche; mais le clergé est assez dépourvu, sauf quel^ ques dissertations de Suarez et quelques passages de Garthagona , de Cornélius a Lapide. L'ouvrage de Morales lui rendra u a vrai service. Avec une doctrine substantielle et des textes nonbreux des saints Pères, on trouve dans cet in-folio de mille colonnes^ des tables et indications, à l'aide desquelles on peut explorer les auteurs que Mopalès lui*mème a consultés. ^

Cette publication vient, ce semble, en son temps ; de toutes parts les réunions en l'honneur de saint Joseph s'organisent, nos arrhiconfréries s'étendent et se consolident; j'ensuis convaincu, partout ce bel ouvrage sera accueilli avec faveur, il ne me reste qu'un vœu à faire, c'est que vous exécutiez au plus tôt ce projet. Puissiez- vous c^rir au saint Patriarche cet bommage pour le mois de mars prochain I Nous n'avons, il est vrai^ que trois mois jusque-là; mais

TOUS savez faire de plus grandes merveilles en moins de temps encore.

Agréez, Monsieur^ avec mes félicitations sincères, l'assurance de mon entier dévouement.

Votre serviteur très-humble ,

N. LOUIS, s. I.

Soissons» le 5 janvier 1869.

Très-cii£h Monsieur^

Je ne puis qu'applaudir au dessein que vous avez d'éditer l'ouvrage du Père Pierre Morales de la Compagnie de Jésos^ sur le chapitre premier de saint Matthieu. C'est à mon avis un des exposés les plus complets des perfections et des vertus de la très-sainte Vierge et de saint Joseph, comme le résumé le plus substantiel de leurs titres à la vénération, à la confiance, à l'amour des enfants de l'Eglise catholique. Cet ouvrage parœaétique divisé en cinq livres, subdivisés en plusieurs traités, est une méditation approfondie et aussi pieuse que docte des rapports étroits qui ont uni ici-bas, et qui unissent maintenant dans les deux, les trois termes de cette Trinité terrestre, comme l'appelle notre savant auteur : Jésus, Marie, Joseph.

J'ai toujours eu, je l'avoue, une prédilection particulière pour les ouvrages de spiritualité des anciens. S'ils ne se présentent à nous qu'avec un appareil de science, avec un luxe de raisonnements, de citations, d'autorités qui effraient et déconcertent l'ignorance ou le demi-savoir de nos jours, ils ont au moins le mérite exceptionnel de savoir ce qu'ils disent, de parler à bon escient, de faire preuve d'une solidité, d'une profondeur, d'une précision trop rares dans la plupart des ouvrages de spiritualité moderne, en un mot de faire toujours reposer les aperçus, les conseils de la théologie mystique sur les bases inébranlables de la théologie dogmatique.

Tel est, à mon avis, le caractère particulier de cet ouvrage. Rien n'y est laissé à l'arbitraire. Les vertus, les titres, les louanges de Marie et de Joseph n'y sont pas appuyés sur des conjectures douteuses, mais sur une doctrine solide, puisée dans les Ecritures divines et dans les Pères leurs fidèles interprètes. Toutes les conséquences que tirent du récit évangélique les saints docteurs, les théologiens, et les écrivains ascétiques, que le Père Morales connaisait à fond, découlent du texte comme le ruisseau de sa source; et nulle part on ne voit plus clairement toute l'étendue, toute la richesse d'une seule parole de TEvangile fécondée par la science théologique et par la méditation.

Ânssi, je le dis, sans crainte d'être démenti, cet ouvrage inconnu d'un grand nombre de prédicateurs des Stations des mois de Marie et de saint Joseph, leur découvrira des horizons nouveaux avec de véritables trésors de doctrine et de piété.

Par un dessein providentiel, dont on ne peut méconnaître la portée, la dévotion à saint Joseph se développe de jour en jour sur un plan parallèle à la dévotion à l'auguste vierge Marie. Un lien trop étroit unit ces deux âmes privilégiées, pour qu'on puisse les séparer. La société de Marie, Tatmosphère de Jésus, la présence continuelle du Dieu incarné, cette longue suite de services rendus à l'enfant Dieu, ont donné à Joseph la vocation la plus sublime parmi les enfants des hommes, et nous croyons sincèrement que Dieu a préparé dans la dévotion toujours croissante à ce grand saint, un remède puissant aux plaies de ce siècle et aux besoins de la société.

Au milieu de cette activité fiévreuse qui cherche dans les ombres fragiles de la matière et dans les éléments grossiers du monde déchu, le rassasiement de l'esprit et la satisfaction des désirs du cœur, sans pouvoir trouver autre chose que déception, agitation et tourment, Dieu inspire, ce semble, à son Eglise, d^offrir à tant d'âmes fatiguées, le culte réparateur de celui qui a été pendant trente années la Providence visible de Jésus et de Marie, et qui se présente à elles, non-seulement comme le protecteur le plus puissant, le père le plus tendre et le plus dévoué, mais aussi, pour me servir des expressions du P. Faber, «comme le modèle le plus parfait du calme au milieu de l'inquiétude, de l'attention paisible au milieu des mystères saisissants, d'un cœur tranquille uni à une sensibilité exquise, de la promptitude, de la docilité jointe à la gravité naturelle du caractère, d'une douceur non interrompue parmi une suite de soins accablants et de situations inattendues, d'une soumission flexible à chacun des mouvements de la grâce, à chacun des contacts des doigts divins; en un mot d'une existence toujours calme, modeste, réservée, simple, sans curiosité, se reposant tout entière sur Dieu. »

Voilà une partie des magnifiques considérations que renferme cet ouvrage dont d'ailleurs les divisions sont claires, la marche méthodique, les citations parfaitement choisies et les conclusions pratiques toujours amenées naturellement. La table alphabétique et raisonnée des matières qui termine le volume, et qui en forme à elle seule presque le quart , donne de plus le moyen de trouver immédiatement la clef des riches développements que renferme cette savante exposition.

Veuillez agréer, etc.

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