CORRESPONDANCE DE RACINE
qui attache. Dans les lettres de M^® de Sévigné à sa fille, il y a plus d'éclat, plus de brillant, plus de légèreté. Chez Racine il y a plus d'abandon, plus de laisser aller. C'est, suivant l'expression de Louis Racine, « un père de famille en déshabillé au milieu de ses enfants : » on sent ici que le cœur parle seul. Mais cet abandon ne descend jamais jusqu'à la familiarité. Dans un volume entier de ses lettres , on ne trouve pas une seule trace de tutoiement. L'amitié alors , ainsi que la tendresse paternelle, étaient graves : elles semblaient un devoir plus encore qu'un plaisir.