Saint Louis lavant les pieds aux Pauvres
« Le Sueur, par le calme de sa peinture , par le sentiment que respirent ses compositions, parla pureté de son dessin , par sa modeste exécution, se rapproche évidemment du Poussin ; il dut connaître la plupart de ses tableaux et put étudier sa manière. Leur génie avait beaucoup de points communs; mais nous devons croire que la nature, plus que l’imitation volontaire , donna à leurs tableaux une sorte de parenté. Le Sueur, né en 1617, ne visita point Rome, et ne put voir Le Poussin que pendant les deux ans qu’il passa à Paris. Eurent-ils des relations à cette époque et quelles furent-elles? . C’est ce qu’il est impossible d’éta¬
blir sur des documents précis (1). »
Nous ajouterons que Jouvenet avait avec ces deux maîtres beaucoup de points sympathiques.
Le Sueur, ce génie simple , grave et plein d’une sensibilité profonde, s’élevait sans effort à la hauteur des souvenirs les plus augustes et des sentiments les plus touchants.
Nul peintre n’a su , mieux que Le Sueur, faire tendre vers un but unique toutes ses figures, et remplir en quelque sorte tout son tableau de la pensée qu’il voulait peindre (2).
Ce sont précisément ces qualités capitales que l’on remarque dans ces deux ouvrages de Jouvenet.
(1) Bouchitté : Le Poussin, in-12, p. 358.
(2) Guizot : Études sur les Beaux-Arts , 1855, p. 359-360.