JÉSUS GUÉRISSANT LES MALADES
Premier exemplaire. — Hauteur : 4m. 17. — Largeur : 7m. 75. — Figures
de grandeur naturelle, — Nu, 296 du Musée du Louvre. Notice de F. Villot.
« Au milieu de la composition, le Christ, suivi de ses disciples , étend la main sur des malades couchés par terre autour de lui. Au premier plan, à gauche, l’un d’eux, sur un brancard ; à droite , un autre se trouvant encore sur le cheval qui l’a amené. Dans le fond , d’autres malades qu’on apporte. A gauche , la mer et un bâtiment à voiles. — On lit au bas de ce tableau, à droite : « Matth., chap. 14. Jouvenet pinxit , 1689. »
« Musée Napoléon. — Ce tableau fut peint pour le chœur de l’église des Chartreux de Paris. »
Au sujet de cet ouvrage, M. Ch. Blanc s’exprime en ces termes :
« Installé au palais des Quatre-Nations , Jouvenet monta une toile de 28 pieds de long sur 13 de haut et entreprit aussitôt son Jésus guérissant les malades , une des plus grandes machines de l’École française. Ce tableau peut être pris pour un résumé de tous les talents de Jouvenet, comme aussi de ses défauts. Les ombres y sont indiquées carrément ; les figures sont vivement jetées , un peu vulgaires de forme , mais remplies de chaleur et de mouvement ; on y voit des malades qui s’agitent, pleins d’espoir à la vue d’un Dieu dont le visage resplendit de sérénité.
« On ne saurait mettre plus de science dans un dessin qui d’ailleurs est maniéré , plus d’animation dans la pantomime, plus de feu dans l’exécution. L’ordonnance enfin est pittoresque au premier chef; elle présente des lignes heureusement contrastées , et de larges effets de lumière et d’ombre. Ses figures, dit Taillasson, ressemblent quelquefois à ces hardies et savantes ébauches du sculpteur, produites par un sentiment brûlant qui n’est refroidi par aucune fatigue et que souvent on préfère à des œuvres beaucoup plus finies. »
Deuxième exemplaire. - Hauteur : 3™. 80. - Largeur : 6™. 78. - Figures de grandeur naturelle. — Musée de Lille.
Le musée de peinture de Lille possède , sous le n°. 184 , une reproduction de ce tableau , qui lui a été donnée par le Gouvernement, en 1849.
Voici la description que nous en lisons dans la Notice de M. Ed. Reynart, le savant conservateur de cette collection :
« Jésus, qui vient de quitter ses disciples dans la barque , occupe le milieu du tableau ; il est entouré de malades qui l’implorent. Une femme se précipite à ses pieds et baise le bas de sa robe , pendant qu’il donne sa bénédiction à une autre femme malade , soutenue par sa mère et sa fdle. A gauche, sur le devant, un possédé, maintenu par deux hommes qui l’ont apporté sur une civière , cherche à s’élancer vers le Sauveur qu’implore à mains jointes un autre malade placé de l’autre côté. Dans le lointain, à gauche, on aperçoit la mer et la barque que quittent les disciples ; à droite une ville d’où sort une longue procession d’estropiés et de malades, portés par des hommes ou des chevaux. »
« Dans les anciens inventaires du Louvre, nous écrit l’obligeant M. Grodic , secrétaire-général de la Municipalité et membre de la Commission administrative du musée de peinture de Lille, le tableau inscrit au catalogue du musée de Lille , sous le
n°. 184, et représentant Jésus qui guérit les malades , était estimé 15 ou 20,000 fr., tandis que le n°. 185 (la Résurrection de Lazare) n’y figure que pour 2,000 fr. seulement; ce qui ferait supposer que ce dernier était considéré comme une copie ; et, en effet, le faire n’en est pas tout-à-fait aussi franc que dans l’autre. Néanmoins, pour l’effet général, la couleur, le dessin, la différence n’en est guère sensible ; et, si c’est une copie, on est fondé à croire qu’elle a été exécutée sous les yeux du maître, et que, probablement même, il y a touché.
« La composition, du reste, diffère quelque peu de celle du tableau qui est encore au Louvre ; on y trouve un épisode en moins d’un côté et quelque chose en plus de l’autre. » ( Voyez la Résurrection de Lazare. )
« Dans l’église St. -Joseph, à Évreux, le tableau du maître-autel , provenant de l’ancien Hôtel- Dieu, et exécuté parle chevalier Six, peintre ordinaire du duc de Bouillon, comte, d’ Évreux , passe pour une copie de Jouvenet. Le tableau est beau et représent e Jésus guérissant tes malades. » (R. B.)