‹ Histoire de JouvenetChapitre 54 sur 141 · MORT DE SAINT FRANÇOIS · texte numérisé non relu

MORT DE SAINT FRANÇOIS

Hauteur: 2n>. 15. — Largeur : lm. 35. — N°. 73 du Catalogue du Musé# de Rouen , de 1855,

« La scène se passe dans une cellule, où le Saint, revêtu des habits de son ordre, est étendu sur une misérable couche , serrant avec ferveur un

crucifix tenu par un religieux, qui semble lui adresser des exhortations auxquelles le mourant prête une oreille attentive. Les autres moines qui l’entourent s’empressent de lui rendre les derniers soins: l’un d’eux lui jette de l’eau bénite sur le corps ; un autre lit les prières des agonisants , tandis qu’un ange, supporté par un nuage, lui apporte la couronne de la béatitude céleste. »

Ce tableau provient du couvent des Capucins , à Rouen. Il est inscrit dans le Catalogue de Le Carpentier sous le n°. 51.

« La Chronique de la Peinture donne ce tableau à Restout, et l’on assure qu’il a été repeint en entier par Jouvenet , son oncle. 11 avait beaucoup souffert par le temps , et il a été rentoilé et remis dans le meilleur état. »

On raconte qu’un jour Restout, neveu et disciple favori de Jouvenet, peignait une tête dans un grand tableau : Jouvenet lui enleva la brosse pour donner plus d’expression à cette tête. Mais il venait de tomber paralysé du côté droit, et la main malade n’obéissait plus au génie de l’artiste. Alors il passa son pinceau dans la main gauche et fut tout surpris de retrouver sou adresse et sa vigueur. Ce tableau qu’il acheva ainsi est la Mort de saint François, du Musée de Rouen.

Cette magnifique toile a excité l’admiration de tous les écrivains et de tous les artistes, qui sont

unanimes pour en exalter le mérite et les beautés.

« Ce tableau, dit M. Court, l’habile peintre auquel est confiée la direction du Musée de Rouen, ce tableau, qui ne se rattache en rien à la manière d’aucun autre peintre et qui est le plus haut type du talent particulier de son auteur, comme le plus beau qu’il ait jamais exécuté , réunit à notre avis toutes les qualités que nous avons déjà reconnues à Jouvenet. »

« Ce travail, dit à son tour le judicieux J. Houel, est digne en tout point de la réflexion des artistes et des hommes de goût : d’abord, toutes les figures sont de profil , peut-être à cause de la difficulté de faire des tètes de trois quarts ou de face pour une main peu agile ; ensuite, la couleur et le ton sont beaucoup plus chauds que dans ses autres ouvrages: comme si l’artiste eût pesé davantage, étudié avec plus de circonspection , repassé avec plus de patience; les parties anguleuses sont plus {Profondes; enfin, à l’exemple de Le Sueur, voulant vaincre la difficulté de peindre six robes de Religieux de la même couleur l’une près de l’autre, mais sur des plans différents, il s’en est tiré avec un rare bonheur. »

Enfin, Noël, dans ses Essais, nous parle de ce tableau comme du plus précieux de tous ceux de Jouvenet. « Le sujet, dit-il, paraissait difficile à traiter; il l’eût été en effet pour tout autre que

Jouvenet, à cause de l’uniformité du costume. Cette difficulté a fait enfanter à ce peintre un des plus beaux tableaux qui soient sortis de sa main et tel qu’on peut, ajuste titre, le regarder comme un de ses chefs-d’œuvre. Il est rare de trouver un morceau qui réunisse autant de beautés , soit dans l’entente du clair-obscur, soit dans la touche ferme et spirituelle, soit enfin dans l’expression naturelle et vraie et dans la couleur vigoureuse , qui président à chaque partie du tableau. »

VISïON DE SAINTE THÉRÈSE.

Hauteur : 0"*. 62. — Largeur : 0m. 33. — N°. 72 du Catalogue de 1855 du Musée de Rouen.

Dans cette extase mystique, la Sainte, soutenue par des anges , aperçoit Jésus-Christ qui, entouré de chérubins, l’appelle au séjour céleste.

Ce tableau provient de la collection Lemonnier. Il fut un de ceux qui, lors de la nouvelle classification de 1836, portant le n°. 38, devaient être enlevés au Musée de Rouen.

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