‹ Histoire de JouvenetChapitre 89 sur 141 · RÉSURRECTION DE LAZARE · texte numérisé non relu

RÉSURRECTION DE LAZARE

Les peintres ont coutume de représenter ce miracle comme s’il avait été fait en présence d’un

petit nombre de témoins : les deux sœurs de Lazare avec trois ou quatre apôtres. L’Évangile atteste qu’il se trouvait beaucoup de personnes présentes : Ego autem sciebam quia semper me audis , sed propter popuium qui circumstal , dixi , etc. Une autre erreur est de représenter une pierre tumulaire. On doit savoir que les sépultures des Hébreux étaient ordinairement des cavernes creusées dans le roc , dont la porte était perpendiculairement disposée. On représente Lazare sortant du tombeau , les bras étendus et les jambes agissant avec liberté. C’est une erreur : Lazare sortit du tombeau, mais non par le libre usage de ses pieds et de ses mains ; et les pieds étaient liés encore avec des bandes de suaire : Et statim prodiit qui fuerat mortuus , ligatus pedes et manus instilis.

C’est donc une force surnaturelle qui arracha Lazare de son tombeau.

Les Juifs et les Égyptiens avaient l’usage découvrir le corps d’un linceul, la face d’un suaire , et d’envelopper tout le corps dans des bandes ou liens qui le serraient de toute part. C’est ce qu’on voit encore aujourd’hui dans les momies d’Égypte. Enfin , les peintres représentent Lazare avec la face découverte , lorsque l’Évangile dit expressément le contraire : Et faciès illius sudario erat ligata.

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