StBur Marguerite-Françoise-Pélagie Fagot
dite de saint Charles^ âgée de 66 ans et 43 de pro<fession.
30. Sœar Marie-Anne Mallet, dite de saint Jean- Baptiste^ âgée de 62 ans, et de profession 34.
31. Sœur Marie-Anne-Loûise Cuillier, dite de ^inte Roze, âgée de 54 ans^ et de profession 27.
32. Sœur Jeanne Yallois, de saint Trézain, âgée de 54 ans, et 23 de profession.
33. Marie Pérard, sœur donnée^ âgée de 42 ans, reçue par acte capitulaire de la maison, passé devant M«* Polin et Duval, notaires royaux à Avenay, le 28 aoust 1786.
Ce fait^ lesdites dames se seroient retirées^ et seroient ensuite comparûes individuellement devant nous, et nous auroient fait les déclarations qui suivent.
Ladite dame d'Espiés, abbesse, quelle préfère la vie commune a celle de sortir de la maison, où elle entend vivre et mourir avec celles de ses religieuses (}ûi voudront suivre son exemple, et a signé : S' Despiés, abbesse.
Ladite dame de Béthencourt, quelle préfère également la vie commune à celle de sortir de la maison, ou elle entend vivre et mourir avec celles de ses compagnes qui voudront bien l'imiter, et a signé : S' d'Hanmer de Béthencourt.
Ladite dame Daguin de Longsart, quelle préfère, quant à présent, la vie commune jusqu'au premier mars prochain, auquel jour elle fournira une nouvelle déclaration de son vœu, et a signé : Daguin DE Longs ART.
Ladite dame d'Arras, quelle préfère la vie commune à celle de sortir de la maison, où elle entend vivre et mourir avec celles de ses compagnes qui voudront rester dans ladite maison, et a signé : P'Arras d'Haudréct.
MADAME MARGUERITE s'eSPIÉS 27
Ladite dame Voille, quelle préfère aussi la vie commune à celle de sortir de la maison, où elle entend vivre et mourir moyennant la grâce de Dieu, et a signé : S' Voille.
Ladite dame Vavasseur, quelle préfère la vie commune à celle de sortir de la maison, où elle entend vivre et mourir moyennant la grâce de Dieu, et a signé : Vavasseur.
Ladite dame Daubigny, quelle préfère la vie commune à celle de sortir de la maison, où elle entend vivre et mourir moyennant la grâce de Dieu, laquelle a signé : S' Daubigny.
Ladite dame Berthelemy, quelle préfère la vie commune^ en tant que les nouveaux arrangemens de la maison lui conviendront, se réservant de fournir une nouvelle déclaration avant le premier mars prochain, dans le cas où elle jugeroit à propos de sortir de ladite maison, laquelle a signé : S' Ber-
THELEMY.
Ladite dame d'Arfeuille, quelle préfère sortir de la maison à la vie commune, et qu'elle entend se rendre incessamment à Vilcresne près Paris, où elle espère demeurer jusqu'à ce qu'elle puisse se rendre dans sa patrie, et a signé : S' d'ARFEUiLLE.
Ladite dame de Berthemont, que sa santé ne lui permettant pas davantage de vivre en commun, elle profite volontiers de la liberté à elle accordée par les décrets de l'Assemblée nationale ; en conséquence, elle entend sortir incessamment de la maison pour se rendre à Vilcresne, près Paris, sa patrie, et a signé : S' de Berthemont.
Ladite dame de Ligny, ^[uelle préfère la vie commune à celle de sortir de la maison, autant que les circonstances le permettront, laquelle a signé : S' Deligny.
Ladite dame Vallée, quelle préfère sortir de la
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maison pour se rendre à Charleville^ lieu de sa patrie, et a signé : S' Valée.
Ladite dame De la Bruyère, quelle préfère la vie commune à celle de sortir de la maison, où elle entend vivre et mourir moyennant la grâce de Dieu, autant qu'il y aura possibilité, laquelle a signé : S' De La Bruyère. ^
Ladite dame Piètrement, qu'elle préfère quant à présent la vie commune, autant que les nouveaux arrangemens de la maison lui conviendront, et. a signé : S' Piètrement.
Ladite dame Poittevin, quelle préfère également la vie commune quant à présent, et autant que les nouveaux arrangemens de la maison lui > conviendront, et a signé : Poittevin.
Ladite dame Bruyer, qu'elle préfère sortir incessamment de la maison et se rendre à Chaalons chez la dame sa mère, où elle espère fixer sa demeure, et a signé : S' Bruyer.
Ladite dame Henrionnet, quelle préfère la vie commune, rester, vivre et mourir dans la maison, et a signé : S' Henrionnet.
Ladite dame Werel, qu'elle entend rester dans la maison autant qu'il luy sera possible et que les nouveaux arrangemens lui conviendront, et a signé : S' Werel Delannet.
Ladite dame Jacta, quelle entend rester dans la maison autant quelle existera, et a signé : S' Jacta.
Ladite dame Lafauche, qu'elle préfère la vie commune à celle de vivre dans le monde, et quelle entend rester dans la maison autant qu'elle existera, et que les nouveaux arrangement lui conviendront, laquelle a signé : S' Lafauche.
Ladite dame Parisot, quelle préfère aussi la vie
MÀDÀIIE MARGUERITE d'eSPIÉS 29
commune et rester dans la maison autant qu'il lui sera possible^ et a signé : S' Parisot.
Ladite dame Marchai^ quelle entend sortir incessamment de la maison, et se rendre à Cumieres, où elle espère demeurer jusqu'au tems où elle puisse se rendre dans sa patrie, et a signé : S' Suzanne Marchal.
Ladite dame Després^ quelle n'entend rester dans la maison qu'autant que les nouveaux arrangemens lui conviendront. Et a signé : & Desprbs.
Ladite dame de Probste, quelle n'entend rester dans la maison qu'autant que les nouveaux arrangemens lui conviendront^ et a signé : S' De Probstb.
Ladite dame Souiller, quelle entend quitter incessamment la maison, et profiter de la liberté des décrets pour se rendre à Chaalons chez ses père et mère, et a signé : S' Soullier.
Ladite sœur Claude Richard^ quelle préfère la vie commune à celle de vivre dans le monde, et quelle entend rester dans la maison et y mourir moyennant la grâce de Dieu. Laquelle a déclaré ne pouvoir plus signer a cause de son grand âge et ses infirmités.
Ladite sœur Rabajoye, quelle préfère également la vie commune à celle de vivre dans le monde, et quelle entend rester dans la maison et y mourir moyennant la grâce de Dieu, laquelle a déclaré ne pouvoir plus signer à cause de son grand âge et ses infirmités.
Ladite sœur Pélagie Fagot, quelle entend rester dans la maison, y vivre et mourir, moyennant la grâce de Dieu, et a déclaré ne pouvoir signer à cause de ses infirmités.
Ladite sœur Mallet, quelle entend rester dans la maison, y vivre et mourir, en tant néantmoins que
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les nouveaux arrangemens de lad. maison lui con«viendront, eta signé : S' Anne Mallet.
Ladite sœur Cuiilier, quelle entend rester dans la maison, y vivre et mourir, moyennant la grâce de Dieu^ en tant néantmoins que les nouveaux arrangemens de lad. maison lui conviendront, et a signé : Marie-Anne Cuillier.
Ladite sœur Yallois^ qu'elle entend rester dans ladite maison, y vivre et mourir, moyennant la grâce de Dieu, en tant néantmoins que les nouveaux * arrangemens lui conviendront, et a déclaré ne pouvoir plus signer à cause de ses infirmités.
Ladite Perra]*d a déclaré que son intention est de rester dans la maison, y vivre et mourir, autant que les arrangemens de lad. maison lui conviendront, et a signé : Marie Perard.
De ce que dessus nous avons fait et dressé le présent procès-verbal que nous avons signé avec le procureur de la commune et notre secrétaire greffier.
Ainsi signé : Cuillier, Blanchard, Vallet, Bau- DiER, Piquet, officiers municipaux, — Trouil- LART, pr. de la commune. — Chagrot, maire j et Duval.
Et le cinq janvier mille sept cent quatre-vingtonze, après midy, à la réquisition de dame Ëlizabeth-Dorothée Piètrement, l'une des religieuses dénommée au proces-verbal cy-dessus et de l'autre part. Nous, maire et officiers municipaux susnommés, accompagnés du procureur de la .commune et de nôtre secrétaire greffier, sommes transportés au grand parloir de lad. abbaye, où étant, ladite dame Piètrement nous a déclaré qu'ayant réfléchi sur la déclaration à nous par elle faite de vivre en commun et autant que les nouveaux arrangemens de la maison lui conviendroient, elle préfère, au contraire.
ItADAHE ItARGUERITB D*ESPlés 31
de sortir de lad. maison pour se rendre a Cumière, lieu de sa naissance, et où elle entend demeurer avec sa famille, de laquelle déclaration elle nous a requis acte, qu'elle a signé avec nous : S' Piètrement.
Est à l'instant comparue lad. dame Poitteyin, laquelle a aussi déclaré qu'elle entend également sortir incessamment de la maison pour se rendre à Cumière, lieu de sa naissance, où elle entend demeurer ayec sa famille, de laquelle déclaration elle nous a aussi requis acte^ qu'elle a signé avec nous :
S^ POITTETIN.
Ainsi signé : Cuillibr, off. mpaL — Baudier, o^ mpl. — Piquet, officier municipaL — Blanchard, officié municipal. — Vallet, offisier menisepal. — Trouillart, P"^ de la commwie. — Chagrot, maire. — Duval
On voit, d'après ces deux pièces, que sur 33 personnes dont se composait à cette époque la communauté,
11^ âgées de 60 ans et plus déclarent
persister dans la vie religieuse. . 11
2, âgées de 50 ans persistent, mais avec la réserve que les nouveaux arrangements (ou décrets) leur conviendront 2
9, âgées de 40 à 50 ans, 6 persistent
dont 5 avec réserve 6
3 renoncent 3
Puis sur 7 âgées de 30 à 40 ans, 3 persistent 3
4 renoncent 4
Et sur 4, âgées de 20 à 30 ans, 2 persistent 2.
2 renoncent 2
32 À&BAYE d'àVENàY
Le décret du 7 août 1792 fixait la pension des religieuses à 500 livres pour celles qui seraient âgées de quarante ans et au-dessous ; à 600 livres pour les religieuses de quarante à soixante^ et de 700 livres pour celles au-dessus de soixante. — L'article 3 du même décret stipulait que les religieuses sorties du cloître avec la proclamation du décret du 29 octobre 1789, soit par des ordres arbitrairesy soit par des raisons de santé justifiées, seraient traitées tout comme les religieuses qui auraient préféré la vie commune.
Maintenant et en attendant la fermeture du couvent et l'expulsion définitive des religieuses, nous allons assister à la mise en pratique, au monastère, du système électoral et du suffrage universel, ces deux grandes conquêtes de la Révolution, — mais si grotesquement .appliquées aux modestes et pacifiques filles de Saint-Benoist.
Le procureur syndic du district d*Epemay à MM. les officiers municipaux d'Avenay.
Epernay, le 5 janyier 1791.
Messieurs, l'article 27 du titre II, de la loi du 14 octobre dernier, sur les décrets de l'Assemblée nationale, concernant les religieux et les religieuses, portant que dans une assemblée qui se tiendra dans les premiers huit jours de janvier 1791, et qui sera présidée par un oflSicier municipal, les religieuses qui auront préféré la vie ct)mmune nommeront entre elles une supérieure et une économe ; j'ai l'honneur de vous prier de ne pas différer à commettre un d'entre vous pour se rendre, avant le huit de ce mois, à l'abbaye d'Avenay, à l'effet d'y procurer l'exécution des décrets. 11 est d'autant plus instant que
lIADAltE MARGUERITE D*ESPIES 33
cette formalité soit remplie incessamment que je suis instruit que madame l'Abbesse se regardant sans fonctions depuis le premier janvier, il devient indispensable de procéder à un remplacement qui peut intéresser la tranquillité individuelle de chaque religieuse. Peut-être vous sera-t-il élevé des diflBcultés par quelques-unes de ces dames^ qui prétendroient ne vouloir pas concourir à la nomination d'une supérieure avant d'avoir reçu le premier quartier de leur pension ; mais cette réclamation seroit d'autant moins fondée que ce n*est que sur la quittance de l'économe, nommée légalement, que pourra être payé le traitement des religieuses qui seront en effet dans la maison à l'époque du premier janvier, au terme de l'article 13 du même décret. Je laisse à votre prudence, Messieurs, de donner communication de cette lettre à mesdames les religieuses d'Avenay, si les circonstances vous paroissent l'exiger.