SAINT-TIMOTHÉE DE DIZY
A la présentation de l'abbé d'Hautviliiers.
(120 communiants.)
Visite à Hautvilliers le 21 juin 1675.
M* Jean Dorigny, prestre du Diocèse, âgé de 38 ans.
Point de reproche contre luy, est de bonnes mœurs, mais d'un médiocre génie; est d'une des bonnes familles de Reims.
A résigné à M. Jean Le Grand, diacre de mon diocèse, en mars 1682. L'église menace ruine prochaine : à la charge de l'abbé d'Hautvilliers et des paroissiens.
M. l'abbé a réparé
Les habitans m'ont promis de réparer un pilier de la nef, devant les moissons.
Les livres en méchant ordre, doibvent estre fournys par l'abbé. M. l'abbé m'a promis de donner un graduel et un antîphonaire. N'a pas encore satisfait en juin 1676.
AnPENDiCE 383
J'ai donné une ordonnance en forme pour la dénoolition des ruines de l'ancien chœur ; elle est dans mon registre. N'est pas exécutée. J'ai ordonné au doyen de la faire exécuter. Mettre un couvercle aux fonts.
Le cimetière est tout ouvert.
J'ai esté sur le lieu et j'ay monstre aux habitans ce qu'il faut faire pour le fermer; ils m'ont promis d'y satisfaire (Est fermé). J'ai donné une chasuble.
Le curé m'a promis de faire faire un confessonnal.
{Est fait en juin 1616.)
Cette église a pour secours Saint-Barnabe de Champilion. Un vicaire y réside, c'est M* Pierre Berthaud, prestre du diocèse. . i M' Ncolas Chartreux, prestre du diocèse de Toul. § < J'ai donné une aube, deux nappes.
^ ( Ce vicaire est un bon sujet et un très-honneste homme. Les religieux d'Hautvilliers ne donnent que cent livres pour l'entre^ tenir, quoyque l'office d'aumosnier de leur abbaye en vertu duquel ils. prennent toutes les dixmes, dans ce lieu, leur valle plus de douze cents livres.
Un religieux d'Hautvilliers fait cette fonction et s'acquitte fort bien de son debvoir.
10 communians.
Le calice est d'estain.
Le missel romain.
DOYENNÉ d'ÉPERNAY.
31 paroisses, — 9 secours,
J'ay establi M* Pierre Aubert, curé de Mareuil, pour doyen. J'ay fait venir tous les curez de ce doyenné à Avenay, le 2 juin 1676, et j'y ay administré la confirmation.
SAINT-HÉLAIN DE BISSEUIL.
A la présentation de Va bbé de Saint'Nicaiae.
(400 communiants.)
M* Thomas Mansuet, prestre du diocèse, âgé de 35 ans. Son oncle qui lui a résigné la cure demeure avec luy.
C'est un jeune homme doux et docile. Il paraît avoir peu d'esprit, mais il a bonne intention et a un oncle auprès de luy qui est très-honnête homme. Cet oncle conduit très-bien la paroisse et est chanoine d' Avenay.
Quelque chose à la toiture de la nef à la charge de Saint-Nicaise. (Cela est fait,)
Le cimetière n*est point fermé.
Cela est comme fait, ne tient qu'à deux portes de deux habitans qui entrent dans ce cimetière ; ne peut estre réglé que sur le lieu.
La chapelle du prieuré de Saint-Gibrien, située hors du bourg, de là la Marne, est tout à fait en désordre. Le prieuré appartient au religieux de Saint-Remy.
Rien de fait sur cela en juin 1676. Je parleray au prieur de S. Remy.
J'en ay parlé au prieur de Saint-Remy, et s*il ne profite pas de Tadvertissement que je lui ay donné, j'ay ordonné à mon promoteur, la Pentecoste qui vient passée, de les assigner à mon ofûcialité.
Des 500 livres qui sont entre les mains des marguilliers et deubs à la fabrique, j'ay ordonné qu'on en mette cent escus en fonds au profit de l'église qui n'a que 15 livres de revenus ; et que du reste on achepte un ornement blanc et des vaisseaux des saintes huiles d'argent, qoi soient séparez. J'ay laissé le reste de cet argent à la disposition dv curé et de son oncle qui l'employera comme il le jugera à propos pour le bien de son église dont il a grand soin.
Ces vaisseaux sont achetés. On a achepté un bel ornement blanc,
SAINT-BRICE B'aY.
A la présentation de l'abbaye d^HautvilUrs» (2,500 communiants.)
Visité le 20 oct. 1685. — Visité le 12 oct. 1686.
H. Henry Josseteau, prestre de mon diocèse, âgé de 39 ans, de bonne famille de Reims, a de la suffisance, mais il n'est pas anssy appliqué que je le désirerois à ses fonctions.
M* Claude Bruière, prestre du diocèse de Châlons, est vicaire. Il est aagé de 35 ans, est honnête homme et fort zélé : c'est un vicariat important qu'il faut avoir soin de bien remplir.
Ayant découvert que ce curé avoit des mœurs corrompues, je Tay obligé à s'en défaire et il l'a résigné en décembre 1684 par mon ordre à M* Jean Hardy (de Reims), prestre de mon diocèse, aagé de 30 ans. Je l'ay tiré de la cure de Breuil (ou Braux). Il est docteur en théologie, d'une grande piété et très-capable ; c'est un homme d'une bonne physionomie et je le crois un des plus forts curez de mon diocèse.
En 1685, j'en suis si content que je le fais doyen rural.
En 1686 fait mieux que jamais. — Il a un vicaire de mon sémi* naire. — En 1689, îb.
Je luy ay donné la curé de Saint-Estienne de Reims, et le 3 do mois d'octobre 1695, j'ay donné celle-cy à :
M« Loujs Tan ton, prestre de mon diocèse, âgé de 35 ans, et l'ay en mesme temps fait doyen d'Espernay.
C'est UQ excellent sujet (V. 356 du D. de Mézières où il estoit curé (de Poix.)
Le 6 may 1699 je luy ay donné la cure de Rethel, et le 17 du ipême aiMs j'ai donné ceÛe^ à :
II* Nicolas Stevenin, prestre de mon dtooèse, aagé de 40 ans, il a esté élevé dans mon séminaipe, curé de Very, puis d'Alend'huy, d'où je l'ay tiré pour luy donner celle-i^y ; c'est un trèsrbon sujet. Je Tay fait en même temps doyen rural.
I) est mprt le 6 du mois de septemlNpe 1700.
J^aYois d'abord pourveu Bourgain, mon aumosniep de cette cure, et le 6 janvier 1701, sur sa démission, M* Nicolas Joi^vaiit, prestre de me« diocèse, aagé de 47 ans •— d'abord esté euré de la Romagne, prés de Chamnont, ensuite à Saint^Lo^p-auX'-Bois et h Chemery, d'où je l*ey tiré pour Ivy donner cette cure ou il fait très^bien. O'eBt «a bomme d'une physionomie peu avenante, mais up très^bon sujet. J^ Tay fait en même. temps doyen rural.
Sa nov. 1704, j'en suis très-content. --? Le 29 oct. 1706, id. *^ Le 9 tm, 1707, id.
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ENÛUESTRP SUR l'hOpiTAL gAIIîTE-MAGpELE|NE D'AYPÎîAy, 4 PftOPpS DBB B^YENPÏC4T|ON3 DU MOUT-QARMEL.
80 Décembre iôlB,
^nqueste faicte par nous, Jean André, licencié es loix, advocat en parlement et au présidial de Reims, y demeurant, juge subdelegué de DOS seigneurs de la Chambre royailp, commissaire en cette partie, siiivaDt r^rrest de nosdits seigneurs, en date du treizième juillet dernier, à la requeste de maistre NicQlas Charlet, prestre chanjoyne d'A- Yen^y, piaistre Hilairç Gosmé, mayeuf, et maistre Nicolas Dessert, receveur et administrateur 014 possesseur de Thospital Sain^-Magdelaine d'Avenay, parpi^se dudict lieu, diocçze de Reipas, deÇTendeurs.
Contre les sieurs Grand-vicaire général^ Cqmmandeqrs et Cheval liejrs de l'ordre de Nostre-Dame-du-Mont-Çarmel et de Saint-Lazare de Hierusalem, demandeurs : assisté de maistre Nicolas Fenouil, procureur au IPrésidiai et en l'élection de Reims, greffier à ce par nous commis, et après auoir receu le serment en tel cas, re(|uis et accoustumé, a esté procédé à ladicte enqueste ainsy qu'il en suit :
30 déoembre 1615. -r- Du lundy trentiesme jour du moiê de dé' e9mbP9 mil six cent soixante et quinze, Jrois heures de relevée,
Jacque Laoniër, marchand demeurant à Avenay, aagé de cinquante huict ans, lequel après serment laict de dire veriité, et après avoir représenté l'exploict d'assignation a luy donné, en datte du vingt huiç* tiesme décembre présent mois et an, signé Trenault,
A dict neâtre parent ny allyé, serviteur ny domestique des parties: et déposant sur les faicts contenus audict arrest, qu'il y a vingt cinq ans qu'il est proche voisin de Thospital d'Avenay, dont le bastiment consiste en un seul corps de logis composé d'une salle basse, une chambre haulte, une petitte chambre attenante, un grenier au dessus, une petitte cour qui conduit à un jardin, de la contenance d'environ huict à dix verges, avec une chappelle attenant de la salle, le tout fermé de murailles, à l'exception du costé de midy, qui est d'une baye morte ; et qu'il a veu depuis ledict temps de vingt cinq ans, trois ou quatre licts en forme de couchette, servant, à ladicte salle, qui est le lieu destiné pour l'hospitalité, où il a veu recevoir les pauvres du lieu et les malades mandians touttes fois et quantes qu'il s'en est présenté ; ce qu'il a veu arriver fréquetnent et de temps en temps, depuis ledict temps, mesmes l'es autres passants, lorsque le lieu n'est pas occupé par les pauvres du pais ; auxquels malades et nécessiteux il a veii administrer les choses nécessaires pour la subsistance et guérison, et inhumer ceux qui y sont deceddez par le curé de la' paroisse, avec les suffrages et prières ordinaires : Et a cognoissance que depuis quarante cinq ans 11 y a eu continuellement un hospitallier ou bospitallière dont la plus ancienne se nommoil Marie Lholier, et après elle Jacques Jacquarl , et ensuite un nommé Cambron, et à présent Jeanne Sarot, lesquels ont continué l'hospitalité, en sorte que le déposant a cognoissance de plus de vingt personnes d'Avenay qui y sont deceddez ; et pour les estrangers plus de quatre vingts ; et y a veu mesme recevoir des femmes enceintes, qui y ont esté receues pour y faire leurs couches ; et que l'hospitallier qui est à présent, prend soing de guérir les enfans qui ont la mauvaise taîgne, depuis plus de vingt ans : et qu'il a veu recevoir les enfans trouvez ; et a cognoissance que depuis quarante ans la dame abbesse d'Avenay a falct beaucoup de charités continuellement et règlement, tant pour les chauffages que pour les aliments, qui est tout ce qu'il a dict savoir ; lecture à luy faicte de «a déposition a dict icelle contenir vérité, y a persisté et a signé, et ainsy signé : Lagnler et André; taxé audict tesmoing pour avoir donné la présente depposition, trois livres.
2* Estienne Forboteau, vigneron, demeurant à Avenay, aagé de soixante trois ans, ou environ, lequel, après le serment par luy faiet de dire vérité, après avoir falct apparoir de l'exploict à luy donné en datte du vingt huictiesme, signé Trénault,
A dict n'estre parent ny allié, serviteur ny domestique des parties et après avoir esté enquis sur les faicts contenus audict arrest dont lecture luy a esté faicte, dépose qu'il a cognoissance qu'il y a un hospital à Avenay consistant en corps de logis, chapelle, cour, jardin, chambre et grenier, ou il a veu depuis cinquante ans exercer l'hospitalité et ouy dire aux anciens du lieU; qu'il y a plus de quatre-vingts
ans qu'elle y est observée ; a veû trois ou quatre couchettes garnyes dans la salle qui sert d'hébergement aux pauvres et aux malades, qu'on y a receu toutes fois et qunntes qu'ils sont présentez, tant ceux
. du lieu, que les passans, lorsqu'il y avoit place pour eux, et qu'il y a vea apportez quelques enfans trouvez, lesquels on y a élevez ; des femmes enceintes y faire leurs couches, inhumer ceux qui y sont déceddés, tant du lieu que d'autres jusque a un grand nombre qu'il ne scait au vray : a mémoire que pendant la guerre on y portoit des soldats et des passans blessez, à tous lesquels pauvres et malades et passans il a veu fournir la subsistance et les remèdes nécessaires depuis ledîct temps de cinquante ans, et que la dame abbesse d'Avenay y a faict règlement des charitez tant pour le chauffage que aliment,
' mesme a faict restab!ir il y a environ dix ans la cloche qui estoit à la ditte chapelle, et en laquelle de tout temps il a veii et ouy dire à ses anciens que la sainte messe a esté célébrée, ce qui se faict encore journellement par les chanoynes d'Avenay ; et y a tousiours veii l'hospitallier ou hospitallière, et qu'il y a encore a présent de sa cognoissance trois pauvres malades gisans dans les licts, et que c'est la nommée Jeanne Sarot qui est hospitallière depuis vingt ans et qui a soing d'administrer la nourriture, soigner les pauvres malades, mesme quelle guérit les enfans qui sont affligez de la mauvaise taigne : qui est tout ce qu'il a dict scavoir. Lecture a luy faicte de sa déposition a dict icelle contenir vérité, y a persisté et signé : et ainsy signé en la minutte : Eatienne Forboteau et André.
Taxé audit tesmoing pour la présente sa depposition, trois livres.
3* Jacques Draveny, serurier, demeurant à Avenay, aagé de cinquante-huit ans ou environ, lequel après serment par lui faict de dire vérité et avoir représenté l'exploit d'assignation a luy donné par Trenault, en datte du vingt huictiesme décembre présent mois et an,
A dict n'estre parent ny allié, serviteur ny domestique des partyes ; et enquis des faicts contenus en l'arrest dont lecture luy a esté faicte, a déposé qu'il a cognoissance qu'il y a un hospital à Avenay et qu'il « y a près de trois ans ou environ qu'il en est voisin, a veu depuis trente ans et plus, célébrer la messe en la chapelle dudit hospital, laquelle est titrée du nom de Sainte -Marie-Magdelaine, en laquelle il y a ornement et ce quy est nécessaire pour le saint sacrifice ; a veû jusque a six couchettes garnies de lits ou matelas, avec linceuls et couvertures qui esloient occupez tant par les malades que les ' pauvres du lieu et par les passans, quand il y a eu place, et qu'il s'en est présenté, et qu'il y a veii continuellement pendant lesdicts trentetrois ans ou environ et a veu administrer les aliments et remèdes nécessaires par les hospitalier et hospitalière qui y ont esté continuellement, et ont receu touttes sortes de malades, femmes enceintes, enfans trouvez; a tous lesquels la dame abbesse d'Avenay a faict des
3Ô8 ABBAtB Df'AVENAY
ôharités de temps en temps, le chauffage, les alimènsy et entfttlea de b&sfitâtetit de couverture : et a faict faire une cloison a la ehapelle, depuis douze ans ou entiron; qui est tout Ce qvl'it d tfi(5t seavoîr. Léoture a lay fàtete de sa déposition a dict icelie eontebii' vérité» y a persisté et a signé ; et ainsy signé en la miitutte : JneqtteB Daaybmt et André.
Taxé àudict tesmôing pmt ladicte dépoûtion, %r<A& HvreiB.
4* Jean Forbotéau, vigneron, demeui^àiit â ÀVenây, âdgé de éîfiequénte-six ans ou environ, lequel après àetnient par loy fâfdl de dli'e vérité et après avoir représenté son exploit en datte du vlhgt-httietiesme décembre présent moiâ, sighé Trémault,
A dict n'estre parent ny allié, serviteur ny domestiqué dte baftié^, et enquis éei faits contenus eh Tarrest dont lecture luy à éàti raîôte, a depposé qu'il a cognoissaiice quMl y a un hospital k AvèHây dèVàttt lequel il demeure, il y a plus de Vingt ans, et en estoît Voisin dès auparavant plus dé douze ans ; à cogiioissance que la chapelle a Uilh' siours esté entretenue et que Ton y a célébré ta ^fntè mésâe de temps en temps et particullièrement que dépuis Vingt aâs èfle éit (Sfn meileur estât qu'auparavant ; qu'actuellement on ^ ôèlébré endbfe ta sainte messe tant pour ceux qui habitent Thôspital que ]^t¥ té pttblicq ; que la salle est garnie de cinq a six couchettes, ^éttùt tàttt de iicts que matelats, llAceulx et Couverture, où il a Véu teCBYtAt éOiltinuelletnent de tout temps les pauvres et \ek m&lades du lieti, inéKtfre les passans, quand on y a pu suffire ; â toiià lesquels ont esté doitiié les aliméns et i^etnedes nécessaires par les hosfHtatîêrs et lOMpifalfères quy y ont esté tontinnellement, sans intérval, ce <|ti'i< fi ^^M et ouy dire par ies ancien^ avoir esté dé tout Keriïps ; à laq^cUle ëbsêHUlte d'hospitalité les damés abbesses d'AveUay ont contribué jusque ^ jptfèsent, tant par lesàliinents, ehauffàgêrs et autres éhoses Ééee^sAt^éé jpfeir la subsistance, que par les réparations des lieux .* qui est tt qu'il a dict scavoir. Lecture a luy faictè de sa déposition a dict ieelle eofrtenir vérité, y persiste et a signé, et ainsy signée h lliimitte t ^eÊn FoRÈOTCAU et André.
Taxé âudict tesihoing poui* aVoIr donné la présenle s» dèj^ij^osflliM, trois livres.
5* Jeaii Bouda, marchand, dem^ufieint à AVenay, Mgé tfè liilquante-six ans ou environ, et serment par lujr faict dé d!V« véffté ii après avoir faict apparoir de l'ext^lenct d'assignation a Iliy donné éb datte du vingt huictiesme décembre présent Mois et «é, signé Tflmault,
A dict cognoistre les parties an'xqueltès il n'est paréttt ny «fflé, serviteur ny domestique, et lecture a Itiy fkiote dès faicts (x)M0M8 éta l'arrest, a déposé qu'il a cognéièsance qu'il y a Un hésipM & A^Miy joignant lequel il dêtâeure detitiis trente ans : a t^oifndîssMee que IM
a tousjours dict la messe dans la chapelle, laquelle a tousiours esté entretenue à cet efTect avec les. ornemens nécessaires et une cloche qui a esté refondue par les soins de ladicte dame abbesse d'Avenay, depuis dix ans : qu'il y a une salle pour recevoir les pauvres et les malades du lieu, et héberger les passants, dans laquelle à cet efTect il a tousiours veu cinq à six couchettes garnyes de licts et matelats, depuis dix-huit à vingt ans : et a veu continuellement des hospitaliers et hospitalières qui y ont exercé l'hospitalité, sans reffuser personne, ny soins ny mallades : y a veu recevoir des femmes enceintes et enfanstrouvez auxquels on a fourny les choses nécessaires pour leurs alimens ; sçait que l'on y administre les sacremens à ceux qui sont en extrémité de maladie, y en a veu inhumer un grand nombre par le sieur curé et les chanoines du lieu ; a ouy dire que cela s'estoit observé en tout temps, et que la dame abbesse d'Avenay y faict des eharités tant pour le chauffage des pauvres que pour leurs alimens ; qui est tout ce qu'il a dict. Lecture a luy faicte de sa déposition a àict ieelle contenir vérité et a persisté et signé, et ainsy signé : Jean Bouda.
Taxé au dict tesmoing pour la présente, sa déposition^ trois livres.
6* Nicaise Lorjn, marchand, demeurant à Avenay, aagé de soixante dix ans ou environ, lequel après serment par luy faict de dire vérité et après avoir faict apparoir de son exploict en datte du vingt huic- ' tiesme des présent mois et an, signé Tremault,
A dict n'estre parent ny allié, serviteur ny domestique des parties, et lecture a luy faicte des faicts contenus en k'arrest, déposer qu'il a oogaoissance de l'hospital d'Avenay et qu'il y a une chappelle en laquelle on célèbre la sainte messe, depuis cinquante ans, tant pour la eommodité de l'hospital que du publicq, laquelle chappelle a esté entretenue et est encore par la dame abbesse d'Avenay ; qu'il y a une salle garnie de six licts et deux licts dans une chambre haute, où il a veu en tout temps des pauvres et des malades du lieu, mesme des passans nouris et médicamentés, des femmes en couche et des enfanstrouvez, des incurables dont il y en a encore trois présentement, ce qu'il a veu praticqué actuellement depuis vingt ans, toutes fois et quantes que l'occasion s'en est présenté ; et a ouy dire aux anciens du Jieu qu'il avoit esté ainsy pratiqué de tout temps ; quy est tout ce qu'il a dict scavoir. Lecture a luy faicte de sa déposition a dict ice'le contenir vérité, y a persisté et déclaré ne scavoir escrire ny signer, de ee interpellé et enquis et signé en la minutte : André.
Taxé au dict tesmoing pour avoir donné la présente déposition, la somme de trois livres dix sols.
?• Barbe Chaquany, femme de Nicaise Lorin, précédent tesmoing, aagée de soixante et seize ans ou environ, laquelle après serment par elle faiet de dire et déposer vérité et après avoir représenté l'exploit
a elle donné en datte du vingt huictiesme des dicts mois et an, signé : Tremault :
A dit cognoistre les parties, ne leur estre parent ny allié, serviteur ny domestique, et lecture a elle faicte des faicts contenas au dict arrest, a déposé avoir cognoîssance de Thospitai d'Avenay, auquel elle y a veu chappelle pour célébrer la sainte messe, une habitation et particullièremcnt une salle en laquelle il y a cincq ou six licts pour recevoir les pauvres et les mallades du lieu, mesme les passants, et qu'elle a veu de tout temps et a ouy dire à ses ancestres que les religieuses de l'abbaye venoieût tour à tour soigner les mallades ; a pareillement ouy dire qu'il y avoit eu tousiours là hospitalier et hospitalière : sçait qu'il y a vingt à vingt-cinq ans que celle d'aprésent nommé Jeanne Sarot y réside avec sa compagne ; y a veu un enfant-trouvé eslevé jusque à l'aage de huict ans ; sçait que trois fois la sepmaine on y porte de l'abbaye, vin, potage et viande, et du bois pour les chaufTages, et qu'il y a trois incurables présentement audit hospital; qui est tout ce qu'elle a dict scavoir, lecture a elle faicte de sa déposition a dict icelle contenir veritté, y a persisté et déclaré ne «eavoir escrire ny signer de ce requis et interpellée, suivant l'ordonnance, et signé André en la minutte. ^
Taxé a ladicte déposante pour la présente sa depposition, quar^te sols.
8* Louis Brodier, potier de terre, natif d'Avenay, demeurant à présent à Reims, aagé de vingt-huit ans ou environ, lequel après serment p%r luy faict de idire vérité et avoir représenté l'exploict à luy donné en datte du vingt-huictiesme du présent mois et an, signé Legros : a dict cognoistre les parties, ne leur estre parent ny allié, serviteur ny domestique, et enquis sur les faicts contenus en l'arrest dont lecture luy a esté faicte,
A déposé qu'il y a quatorze à quinze ans qu'il est sorti du lieu d'Avenay, et qu'il est demeurant en cette ville : que les dernières années qu'il a esté à Avenay, il demeuroit chez un potier de terre visà-vis l'hospital dudict lieu, et a ouy dire par ses père et mère que en tout temps on avoit receu des malades, des pauvres et des passants audict hospital, et que son père, qui estoit le serviteur de l'abbaye auparavant que de se marier, avoit plusieurs fois voiture des bois de la part de la dame abbesse audict hospital, et que la nommée Nicolle Diot, son ayeulle maternelle, y est morte, il y a dix à douze ans, à laquelle ledict hospital a administré les alimens, médicamens et sacremens et sépulture: et a tousiours veu porter à vivre audict hospital, et notlament trois fois la semaine que Ton va quérir de ladilte abbaye : et a veu dire la messe en la chapelle, à laquelle il a servi plusieurs fois, tant au sieur curé de la paroisse qu'aux chanoines : mesme que quand il y a des malades, il a veu que l'on va joumellemeDl
quérir du bouillon à l'abbaye : qui est ce qu'il a dict: lecture a luy faiele de sa déposition, a dict icelle contenir vérité, y a persisté et signé, et ainsi signé, Louis Brodier et André en la roinutte.
Taxe audict tesmoing pour la présente sa déposition, dix sols.
9* Françoise Daneuil, veuve de Jacques Thiber, vivant chappellief demeurant à Reims, aagé de cinquante ans ou environ, laquelle après le serment par elle faicte de dire vérité et avoir représenté l'exploit à elle donné, en datte du vingt huictiesme des présent mois et an, signé : Legros,
A dict cognoistre les parties, ne leur estre parente ny allié, serviteur ny domestique, et après lecture à elle faicte des laiets contenus audict arrest a déposé qu'il y a cinq ans qu'elle est hors du lieu d'Avenay et qu'elle est venu demeurer en cette ville ; qu'auparavant elle a tousiours demeuré audict lieu à Avenay, et qu'elle demeuroit proche l'hospital d'Avenay, leur jardin joignant celuy du- .dict hospital ; quelle a veu de tout temps la chapelle dudîct hospital, ne scait si on dîsoit la messe; a veu la salle en laquelle il n'y avoit pas de licts du temps de sa jeunesse, mais seullement des châlits et de la paille, et néanmoins y avoit des pauvres et des malades ; et qu'elle a cognoissance que depuis plus de quinze ans, qu'ily a des lits et des matelats, qu'il y a tousiours eu des malades ; et a ouy dire qu'il y en a encore a présent qui sont infirmes de leurs membres, lesquels subsistent par la charitez de la dame abbesse d'Avenay, qui y donne trois, frois la sepmaine du pain et du potage et du bois et de la paille, et faict charité au plat des questes qui se font pour ledict hospital : et a tousiours ouy dire que cestoit ladicte dame d'Avenay qui entretenoit ledict hospital ; qui est tout ce qu'elle a dict scavoir : lecture a elle faicte de sa déposition a dict icelle contenir vérité et a persisté et déclaré ne scavoir escrire ni signer de ce interpellée suivant l'ordonnance. Signé : André en la minutte.
Taxé à ladicte déposante pour la présente sa déposition, sept sols six deniers.
10* Françoise Plomb, femme de Jacques Cornette, maistre menuisier, demeurant à Reims, aagée de trente-huit ans ou environ, laquelle, après le serment par elle faict de dire vérité et avoir représenté son exploict en datte du vingt huictiesme décembre présent moiff et an, signé Legros.
A dict cognoistre les parties, ne leur estre parent ni allié, servante ni domestique, et enquise des faits contenus en l'arrest, dont lecture luy a esté faicte, a déposé qu'il y a environ dix-huict ans qu'elle est venue demeurer en cette ville, et qu'avant ledict temps, elle demeuroit au lieu d'Avenay dont elle est natifve, où elle a veu l'hospital en laquelle il y a une chapelle entretenue, où l'on disoit la messe ; a veu des pauvres dans l'hospital, tant du lieu que des passants et malades,
Wi ABBAYE D*AVENAT
M a ouy dire aux ancieBs du lieu qu'il y avoit tonsitrtrs eu ml ke»pital audit Avenay, et qu'elle a veu quester pour les pauTres dudiet hospital ou elle a tousioura ouy dire que l'hospitalité y a esté observée et gardée ; qui est tout ce quelle a dict scavoir. Lecture a elle faicte de sa déposition ; a dict icelle contenir Térïté) y a penisté et a déclaré ne scavoir escrire ny signer, de ce interpellée et enquis suivant l'ordonnance, et ainsi signé: André en la minute.
Taxé à la déposante poui^ la présente sa déposition, aét)t sol wk deniers. Signé : André, Feneuil.
MtïtlGNV. — Procèà^vérbàl des dégâts causés au terroir de Mutigny pat Vàrhge de 1669,
Ce jourd'htti vingt-troisième octobre 1669, pardevàat aoas, Hilidre Gosmé, mayeur d'Avenay, sont comparut les hàbitaht de Mutigny, par Hetny Tibault, leur premier syndique, assisté de Pibifre 8ibllkft, Nicolas Baillet, habitans dudit lieu, lesquels nous ont dit et remonstré que le samedy, vingtième jour de juillet dernier, sur les tréis eu quatre heures après midy seroit survenu une nuée avec toniiërre et foudre et tem peste qui auroit jette quantité de gresions d'une groseenr extraordinaire et espouvantable qui auroit tellement gasté et ruiné les seepts des vignes et fruicts pendant par les racines, qu'il n'y seroit demeuré que fort peu de chose : mesme a ruiné les terres desdites vignes, de sorte que la récolte a esté fort petite, ainsi qu'il est liolMrê au pays. Et auroient lesdits habitans... jour faict veoir et visiter hsdittt vignes dudit terroir de Mutigny par Pierre Bilcart et Nicolas libres (ou Ligneux), demeurant à Mareuil, et par Pierre Plbmb et Pierre Fayet, demeurant à Avenay, lesquels ils font comparoitre pêor bailler leur rapport de la Visitation qu'ils ont faicte après ladite gresle, orage et tempeste, des dégâts et ruynes qu'ont souffert lesdits habitans, à causé de la perte et dommage des fruicts, des vignes et des ravinures qu'à causé ladite nuée.— Sur quoy nous avons desdits BilearA, Ligneux, Fayet et Plomb, présents en personnes, pris et reçu le serment» et sur icelluy Ont juré et affirmé qu'ils ont cogneissancfs de k nuée et orage arrivé sur le terroir dudit Mutigny, ledit jour tîngt juillet dernier, pour avoir ve^ et Ouy le tonnerre, la gresle et tsnpeste, mesme avoir veu les gresions qui estoient grOs eoDMDonédie&t comme des noix et nobertes, d'une façon toute extraordinaire, ce qui a causé une grande ruine sur le terroir de Mutigny, et qui a raviné les terres dans les vignes, et cassé les fruicts pendant par les racines : et estiment qu'il y a eu perte des fruicts et despouilles desdites vignai d'au moins d'un tiers et qui a esté la qualité au vin ; de quey lesdlto habitans ont souffert un notable préjudice, perte et dommage. Dent et de tout ce que dessus avens baillé aote pour servir ot valloir wodiii
MMUnfti aimi (}ttf de firisoh, *^ e( oitt sfg(i4, tampié ttdit Ligtenx, qui a déclaré ne scavoir escrire ni signer.
Ainsi signé Billegart, Pierre Plomb, P. Fayet.
Taxé àûxdits Billecart, Ligneux, diacun trente sols, et auxdits ¥^à^et et l^lûàib, thûcuh tingt sôlà.
H. GOsMÊ.
IfMtlMTI lil I.
i682. — Extraits des titres concernant les biens et revenus de Vabbaye royale de Saint^Pierre d*Avenayy au diocèse de Reims, qui se sont trouvez dans les archives de ladite abbaye, ^-29 juillet
Extrait d*un contrat du 23 juiA.1682, passé pardevant M« Guimbert, notaire royal à Àvenay, présens témoins» expédie en papier, signé dudit ôuinabert, par lequel Madame de Sillery, abbesse d' Avenay, a ▼endu à Charles Drouet, marchand^ demeurant audit Avenay^ la maison et dépendance y mentionnée située audit Heu, devant le portait de l'église paroissiale èaint-Trézain dudit lieu, moyennant cinq sols de cens seigneurial^ portant lods et vente d'une part, et quarante-cinq livres de surceas d'autre part par chacun an.
Signé : S. de Bouffuirs, abbesse ; Claude Morel, prieuse ; Marie-Charlotte Caughon de Lhéry ; S. Anne Closier de Juvigny, afteristine; Anne Brocq; Marie deRouaÉ, dépositaire; S. Hélèae de BousiES.
Nous aurions dû parler ^n son temps d'un grand chagrin qu'éprouva notre pieuse abbesse^ par la mort de sa inëre> Madanae Cbarlolle d'fislampes, so^r de l'archevêque de AeimSf que son esprit^ sa gaieté et son pent^hant aux plaisirs mondains avaient rendue célèbre. Ce ne fut que plusieurs années après la mort du marquis de Sillery son époux (1840), qiVélîe sofigèa à réformer' sa vie; elle se rélirait vers 1657 aux Annonoiades de la rue de Sèvres, msdson diévônne plus tard Y Abbaye^ausc^Bois, C'est là t^ ftliguéfe d'tift môfndiè dofii elle avait goûté les joies et les amertumes, elle devint tout à Coup sévère poûc ellèmême et peut-être aussi pout* ceux de ses amis de ia veille qui avaient continué à la visiter ea sa f^traitie* C'est (Hl
364 ABBAYE d'AVENAY
moins ce que semblent dire ces lignes quelque peu chagrines que nous fournissent les recueils du temps :
« Si vous le trouvez bon », écrit cV abord, à Madame de Sévigné, Bussy-Rabutin, ce je vous ferai faire quelques réflexions sur la mort de la vieille Puisieux. Nous en voilà délivrés ! Ne trouvez-vous pw qu'elle contraignoit un peu tr p ses amis? Il falloit marcher droit a?ec elle ! » — Madame de Sévigné répond : « Cette Puisieux étoit bien épineuse ! Dieu veuille avoir son àme ! Quand elle fut preste à mourir, l'année passée, je disois en voyant sa triste convalescence et sa décrépitude : Mon Dieu elle mourra deux fois bien près l'une de l'autre ! Ne disois-je pas vrai ?» — « Je suis triste, Monsieur, » écrivoit à son tour le 10 septembre, Madame de Scudéry à Bussy-Rabutin, «je viens de l'enterrement de Madamede Puisieux, on n'a jamais veu une personne mourir si vivante, avec tant de feu et de présence d'esprit. U n'y avoit que quinze personnes à l'enterrement de cette femme, si connue et si recherchée » ; — et Bussy répondait le 15 septembre : a La mort de Madame de Puisieux m'a autant surpris que si elle n'avoit eu que trente ans. Dieu veuille que nous allions aussy loin, avec un aussi bon esprit qu'elle en avoit. Ce peu de monde connu à son enterrement, après avoir été si recherchée pendant sa vie, marque nonseulement la lâcheté du cœur humain, mais encore la crainte qu'on avoit d'elle quand elle vivoit. {Lettres de Bussy-Rabutin, citées par M. P. P. dans son commentaire de Tallement des Réaux, 1. 1", p. 479.)
On sait par les propos de Tallement et par divers écrits du temps que Madame de Puisieux ne fut pas plus ménagère de sa fortune que de celle de sa maison. Nous avons dans nos propres papiers un Etat des deniers employés par Madame, depuis le décès de feu Monseigneur, tant en acquit des dettes mobiliaires qui estoient dues du vivant de mondit seigneur qu^en dépenses extraordinaires faites depuis. On y lit entre autres ^choses :
Premièrement. — La somme de 90,000 livres à plusieurs marchands, ouvriers et autres qui avoient fourni et travaillé pour la maison du vivant de Monseigneur, tant à Paris, Présigny, Marines, que Sillery, en ce compris quelque chose pour Monsieur de Sillery...
Plus la somme de 8,000 livres pour les frais généraux de feu Monseigneur, sans y comprendre les habits de deuil.
A M. le Fegneux, 3,800 livres qui lui estoient deus par obligation de feu Mgr, et qu'il avoit emprunté pour payer le reçu des ouvrages de menuiserie de Bergny (Bemi),
APPENDICE â65
Au sieur dé Cazanove la somme de 4,000 liv., restant de 6,000 liv., contenus en une promesse de feu Mgr. pour ses appointements.
Plus ma(lame a envoyé à Malte la somme de 4,200 livres pour Mons' le Chevalier son fils.
Plus madite dame a desboursé pour Madame sa fille, religieuse^ à sa profession, pour le présent à l'église, dons, festins et voiage en Champagne, la somme de 12,000 livres. Plus au même voyage, la somme de 13,500 livres pour le bastiment d*un grand pavillon au chasteau.de Sillery, que feu Mgr avait fait commencer jusques au cordon hors Teau, et qu'il falloit par nécessité achever, parce que pour ce faire il avoit fait abbattre l'encoignure dudit chasteau, à l'endroit dudit pavillon.
Plus madame a payé aux ha bilans de sa terre cle Fontaine, 1,500 liv. pour acquisition de bois de leur communauté.....
Suivent d'autres dépenses s'élevant ensemble à la somme de 169,000 livres que Madame dit avoir effectivement desboursée, et qu'elle a pris sur son revenu depuis cinq ans, et dont elle peut dire avoir acquitté et deschargé la maison.
Suit encore un autre mémoire des dettes mobilières de Madame, s'élevant à la somme de 68,500 livres.
Dans notre historique, nous avons eu occasion de reproduire quelques passages de Toraison funèbre prononcée dans l'église abbatiale par le P. Floriot, le 13 mars 1687, le jour même de l'inhamation de Madame Brulart de Sillery. Bien que, suivant le constant adage, une oraison funèbre tourne forcément au panégyrique, comme il s'y trouve toujours quelques traits de caractère bons à recueillir, nous achèverons celle partie de notre appendice par une nour velle citation à la louange de Marie-Eléonore Brulart de Sillery. Nous avons dit qu'elle contribua puissamment à la réparation des bâtiments et à Fembellissement du monastère :
• Il lui vint en pensée, dit le P. Floriot, d'orner cette royale maison et de la parer de tout ce qui étoit nécessaire, tellement que Ton trouvoit partout soit dans l'église, au cloistre, au chapitre; soit au réfectoire, à la communauté, aux dortoirs, aux infirmeries, aux jardins ; soit encore aux clôtures qui furent en partie l'objet de ses soins, des
marques de sa magnificence et de son goût
Elle avoit un tour d'esprit si délicat et une manière de parler si éloquente, si aisée, et si facile que c'estoit assez de l'écouter pour se rendre à tout ce qu'elle désiroit, c'estoit assez de l'entendre parler pour
â66 Â&ÊAVE d'avbnav
la connoître. Mali ea gui la difttiogue êi qbî la earsciérisê, non paa seU" lement (Ja aoo mx9 maU mâme dâ tout le monde, c"u\ qii'olk anit un art tout p^nicalier pour pas^ef des doux extréttHés opposé»» je veux dire de Dieu au monde, par un heureax mékipgps qu'alla fiûsoit des choses saintes aux prophanea, et n'en se^yez nullenent surpris, mais c>st qu'elle savoit Tbistoire ssûute» rbistoire de l-figlise, Mlle de Fp9<u^ et même celle des royaumes étrangers : elle avoil appris be^neoiii de ees sortes de ehoaes par sou étude et son appUcatian, mais elle «i . savoit plus par la prière et la eonteniplatioe, mais ee qui &it sa glûut et ee qui la rend une véritable fille forte c'est qu'elle estait au miliei de tsnt de sublimes élévations sans vamté et sans QsteutaUoo. * . . .
^Ue a.y<y.t u» fonds inépuisable de trois eboses, d'esp^ril, d'érudition et de bonté ; par son esprit elU discernoit ce qu'elle devoit estre danp la conversation ; par son éruditiiNi elle y fouraissoit, et par aa bonté elle rasseisonnoit agréablement, da sorte qu'elle n'avait jaipeie de Qoutreteoips et il estoit rare qu'on sortit d'auprès dVtlle mal aetisfail, parce qu'elle avoit par son savoir-faire, l'art de plaire et de ehanter..,.. et si eu milieu de tant d'acclamations que l'on detnaoît à son savoirfaire, à ses aimables manières, elle a eu néaaœoina des enneais, œ n'estoient que des jaloux et des envieux de sa gloire, où ils ne pou-
voient atteindre, ny même approcher ; mois les gens sages et les personnes éclairées Tout honorée et estimée avec justice. Ah ! qu'une fille d'un earactère si distingué mérltoit bien d'estre dans le grand monde pour réelairer de ses lumières et Tédifier de ses exemples ; mais qu'elle
étoit bien éloignée de ees sortes de seutimtnts I fille avait eu de bellee
et légitimes occasions* ayant esté priée de sortir plusieurs fipis po4r la bénédiction de quelques abbesses de ses amies qui l'en splllcitoient ; mais elle répondoit toujours, avec le Prophète : Ecce etongavi fugiens, et préféroit la solitude à toutes les soptlee, même les plus licites.....
L'église Ae Siltery conservait avant la révolution la dernier souvenir de la maison des Brulart. Voici ce que noua lisons dans le vol. 5,0S4-98, f" 6S5, de la Bibliothèque nationale.
L'épitaphe qui suit est en marbre noir dans l'église parolssiele de BlUery en Champagne, en la chapelle de la Vierge du costé de l'B* pistre. Au haut de cette épitaphe sont les armes de Brulart^ avee le eoliier des armes autour. Au-dessus du tableau qui est à l'autel de ladite chapelle de la Vierge, sont les armes de Brulart et d'Elampes avec les ooUiers des ordres autour.
apmndicë 367